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 phosphene ◮ freyr holm

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MessageSujet: phosphene ◮ freyr holm   Mar 31 Mai - 12:57

phosphene;

Dix-huit heures quarante-sept.

Accroupie face à son mini-frigo entrouvert, Kyou scruta rapidement les étagères peu fournies – calculant mentalement le temps que lui dureraient ses dernières provisions. Elle fronça légèrement les sourcils et parcourut plus minutieusement le contenu de l’appareil. Nerveusement, elle tapotait le rebord du frigo avant de, finalement, lâcher un soupir résigné. Il lui semblait pourtant avoir encore un fond de mayonnaise mais, elle l’avait probablement jeté sans s’en rendre compte.

Dix-huit heures cinquante-deux.

Par la fenêtre se dessinaient les immeubles d’en face, toujours et inévitablement les mêmes qu’elle avait fini par connaitre par cœur – à sa hauteur, il y avait des rideaux pastels, à côté un vieux couple de retraités dont la grand-mère aimait parfois regarder la rue avec son chat, au-dessus, des étudiants. Entre leurs façades grisonnantes perçaient quelques rayons tenus, derrière les nuages, juste après la pluie. Cela avait été une petite pluie, brève, une pluie de printemps un peu mélancolique avec un ciel bleu. Peut-être qu’il y aurait un arc-en-ciel.

Kyou finit par se redresser, les jambes engourdies, et ferma la porte. Elle enfila la veste- qui pendait sur sa chaise de bureau- par-dessus son t-shirt un peu trop grand.

Dix-huit heures cinquante-neuf
.

C’était ennuyeux les après-midis pluvieux, comme un goût morose et une fatigue paresseuse : tout semblait toujours un peu plus long jusqu’à ce que les secondes elles-mêmes en deviennent interminables. Kyou se sentait comme vidée du peu de volonté qu’elle aurait pu amasser pour entreprendre quoi que ce soit. Pour dire vrai, elle n’avait pas vraiment envie de descendre la rue puis, continuer à droite jusqu’à l’épicerie du quartier. Pas même pour voir un arc-en-ciel.

Elle sortit du studio. La couleur jaune décrépit du long couloir la faisait toujours un peu grincer des dents, à chaque fois mais, il était aussi désert qu’à l’accoutumé. Elle entendait des bruits de pas, des portes qui se ferment, parois-même le cliquetis d’une clé dans la serrure mais, elle ne croisait que rarement ses voisins, c’était étrange.

Cependant Kyou n’allait pas très loin, deuxième porte à gauche pour être exact. Elle appuya sur la sonnette en espérant tomber sur quelqu’un, elle n’était pas bien sûre quand Freyr était chez lui. C’était quelqu’un d’un peu étrange, très probablement mais, Kyou appréciait son calme, elle lui trouvait quelque chose de très doux, presque effacé, de pastel malgré son masque ennuyé. Elle se recoiffa mécaniquement du bout des doigts, se rendant alors compte qu’elle aurait peut-être dû essayer de se montrer un peu plus présentable mais, on lui ouvrit avant qu’elle n’ait le temps de se décider à faire demi-tour.

« Hey ! Excuse-moi de te déranger, est-ce que tu aurais de la mayonnaise s‘il te plait ? » Accompagna-t-elle de son plus poli sourire.
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MessageSujet: Re: phosphene ◮ freyr holm   Mer 1 Juin - 1:35

knock knock

Le doux fracas de la pluie qui venait s'éclater contre ta fenêtre. Elle n'avait rien d'un de ces violents orages, ni même d'une averse hivernale. C'était cette petite averse traître à souhait qui vous surprendra toujours au moment où vous vous y attendez le moins. Un ciel bleu qui déverse toutes ses larmes sur les malheureux qui se réjouissaient de la température qui semblait pourtant si clémente. Et toi tu étais là à observer cette scène des minutes durant du haut de ton perchoir de béton sale et vieilli par les ans ainsi que par un flagrant manque d'entretien. De tes yeux morts tu regardais cette scène sans pensée particulière et puis d'un seul coup, pouf ce fameux déclic si souvent présent chez toi. Tu as cerné les teintes que tu voulais et tu as vu cette jeune fille aux cheveux d'ébène avec son trench-coat rouge, tu as sût imaginer son expression en analysant sa démarche légère qui semblait loin d'être agacée par cette averse. La seule personne qui n'exprimait aucun ennui, qui semblait, même vue d'aussi loin, avoir l'esprit trop occupé à autre chose de plus joyeux pour se retrouver à pleurer le soleil.

Bondissant du rebord de la fenêtre sur le quel tu t'étais confortablement installé, tu vins alors réunir ton carnet et tes différents crayons, commençant alors à griffonner des traits qui pourraient presque sembler aléatoires alors que tu rejoignais ton perchoir, ta seule source de lumière naturelle et cette source d'inspiration. Tes traits ne ressemblaient en rien à cette silhouette féminine si élégante au début de tes tracés et pourtant, petit à petit, l'on reconnaissait ses fines jambes ornées de botte, son manteau volant au gré du vent, ses mains si délicates qui tenaient avec précaution sa capuche pour éviter de se retrouver avec des cheveux complètement humides. Mais toi, tu l'avais pourtant imaginer avec ce visage décoré par les gouttes d'eau, cette image d'un doux visage attaqué par la pluie mais sans aucune violence. Comme pour te faire un repère, tu avais mis une touche de rouge sur les tracés du manteau. Tu étais lancé dans ton monde jusqu'à ce qu'il y eut ce knock knock familier à tes oreilles. Tes mains grisées par tes crayons, tes vêtements trop amples pour toi et froissés tu t'étais alors dirigé vers ce fameux bruit.

Tu ouvris la porte avec ta dégaine si peu distinguée, posant les yeux sur la chose qui avait quelque peu perturbé tes plans, tu la fixais de haut en bas, de bas en haut sans aucune gêne apparente alors qu'elle, elle te demandait juste un peu de mayonnaise. Dommage pour elle : les sauces ne font pas partie de ton régime alimentaire. D'ailleurs, en voyant l'épaisseur que tu as, l'on se demande bien ce qui rentre dans tes habitudes. Tu la regardais en réfléchissant, posant ta tête sur la porte, comme si ton propre corps avait été vidé de l'envie de maintenir son propre poids tout seul. « J'ai pas. Mais...Je dois avoir de quoi en faire une...je crois. » Tu ouvris alors la porte en plus grand, brisant ainsi l'agréable soutien qu'elle t'avait procuré un court instant.

« Rentres, je vais voir ça. » Avais-tu lancé en t'enfonçant dans ta petite pièce de vie qui aujourd'hui, était assez mal rangée. Un lit défait dont un morceau de couette se retrouvait à embrasser le sol, tes crayons éparpillés sur ton bureau, des feuilles avec des croquis plus ou moins achevés un peu partout et même sur ton synthétiseur. Si elle se trouvait être maniaque, avec toi, elle aurait de quoi faire une crise cardiaque. Tu la connaissais à peine, tu te rappelais juste vaguement de son nom, du fait qu'elle était discrète, la voisine peu embêtante en résumé. Tu l'aimais bien parce qu'elle n'était pas du genre à grogner constamment dès que tu t'exerçais sur ton instrument, parce qu'elle ne faisait jamais un bruit monstrueux alors qu'elle rentrait chez elle. Elle était le petit oisillon de ce troupeau de buffle qui te sert de voisinage.

Tu ouvrais tes portes de placard, attrapant ta bouteille d'huile toute neuve dont la présence t'étonnais : en quelle occasion avais-tu acheté ça ? Le sel, le poivre et puis, bien au frais dans ton petit réfrigérateur au contenu bien pauvre tu attrapas ta boîte d’œufs posant tout ça sur ton minuscule plan de cuisine. « Avec ça, ça devrait le faire si tu veux. » Et pourtant tu avais déjà oublié un détail important, l'ingrédient relativement central de cette sauce qui t'es complètement inconnue au goût : la moutarde. Mais ça, tu ne pourrais le deviner puisque tu n'en savais strictement rien. Tu savais juste que c'était de l'huile et des œufs, sel et poivre en option et puis voila. Ainsi donc, l'on découvrait que tu n'avais vraiment pas l'âme d'un cuisinier. « Il y aura juste à mélanger et ça devrait le faire. Enfin...j'sais pas en fait. » Tu espérais juste que elle, serait un peu plus au courant de l'histoire.




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MessageSujet: Re: phosphene ◮ freyr holm   Jeu 2 Juin - 18:22

phosphene;

« J'ai pas. Mais...Je dois avoir de quoi en faire une...je crois. »

Kyou garda son sourire parfaitement poli du début à la fin, bien lisse, bien comme il faut, bien comme les mamans les aiment pour les vieilles dames. Elle avait toujours fait les choses comme on les attendait d’elle : elle ne pointait pas les choses du doigt, elle ne mettait pas ses pieds sur les chaises, elle ne dévisageait pas les gens. Pourtant, cela ne semblait pas déranger son voisin, n’était-ce pas pourtant les règles que suivaient les grandes personnes de ce monde? C’était drôle mais, elle songea qu’il n’avait pas vraiment l’air d’un adulte avec ses manières et ses vêtements beaucoup trop grands, à la regarder comme ça, la tête appuyée contre la porte. On aurait dit un petit garçon sauvage, un qui aurait perdu sa maman.

« Rentres, je vais voir ça. »

La jeune femme s’engagea à la suite de son voisin, un peu gênée, hésita quelques instants et finit par fermer la porte derrière eux, jugeant que c’était probablement la chose à faire. Elle essaya de ne pas trop laisser ses yeux balader dans la pièce à vivre - cela ne se faisait pas - sans pouvoir omettre totalement le désordre qui y régnait : des crayons en vadrouille et des feuilles en tous sens mais, cela restait un désordre d’artiste. Cela reflétait même étonnamment bien l’apparence bohème que le propriétaire des lieux arborait, avec toute la douceur pastelle qu’il dégageait dans ses traits d’aquarelles entremêlés.

Kyou traversa la pièce avec précaution presque sur la pointe des pieds comme si elle craignait de briser quelque chose ou qu’elle voulait laisser le moins de traces possibles de son passage, laisser le charme intact ou une histoire de ce goût-là. Elle parcourut du regard les divers ingrédients qu’il avait spécialement disposés pour elle, relevant bien au passage le vide de ses placards. Il ne semblait pas énormément plus fortuné – évidemment, il vivrait probablement dans un quartier un peu plus côté qu’une simple banlieue pour étudiants et retraités.

« Il y aura juste à mélanger et ça devrait le faire. Enfin...j'sais pas en fait. »

Kyou avait toujours acheté des pots de mayonnaise toute faite. A vrai dire, elle achetait la plupart du temps des sauces ou des plats déjà faits dans leurs jolis emballages depuis qu’elle vivait seule, par manque de temps et puis d’envie. Et pour tout dire, elle n’était pas sûre de se rappeler la dernière fois qu’on avait voulu lui donner un cours de cuisine.

« J-J’imagine. Je crois qu’il manque de la vinaigrette mais, je sais pas vraiment... » Avoua-t-elle un peu confuse et elle s’empressa d’ajouter : « Mais, c’est déjà gentil de ta part, j’vais pas te déranger plus que ça. »

Elle avait le sentiment qu’elle devait se sentir coupable d’abuser ainsi du temps et des ingrédients du garçon qui lui offrait en prime sa cuisine. Ce n’était pas quelque chose qui se faisait pourtant Freyr semblait ne répondre à aucun code bien écrit, aucune bienséance de rigueur et aucune routine bien huilée. Il ne se tenait pas très droit comme s’il n’arrivait pas à soutenir son propre poids, il nageait dans ses vêtements, il avait des feuilles volantes partout dans son appartement et il semblait venir d’ailleurs, une autre planète très éloignée pourtant elle avait envie qu’il lui dise que ce n’était pas grave de ne pas toujours faire les choses comme on devrait.

« Ah bien je te rembourserai! A moins que tu veuilles que je le fasse tout de suite ? Ah, je devrais probablement aller chercher ça. Encore désolée du dérangement. Je rev-… »

Elle voulut alors attraper précipitamment la bouteille d’huile qui lui glissa des doigts et vint se déverser sur le plan de travail. Paniquée, Kyou arrêta rapidement le massacre tout en s’excusant frénétiquement à son hôte les doigts dégoulinant d’huile. Aujourd’hui, le quotidien si bien orchestré semblait avoir rajouté des notes inattendues.
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MessageSujet: Re: phosphene ◮ freyr holm   Mar 21 Juin - 13:21

broken.
Cela devait être la première fois que tu la voyais d'aussi près, que tu pouvais voir tous les détails de son petit visage nippon au possible. Et tu l'observais, elle et ses mimique, son sourire fixe, le bon sourire commerçant. Il ne manquerait plus qu'elle t’appelles "Monsieur" et la scène aurait pu être presque parfaite, dans un autre contexte. Elle semblait gênée, tu te demandais bien pourquoi, elle ne t'avait pas interrompu dans quelque chose de crucial, elle ne te gênait pas. Au final, peu de monde ne te gênait. T'arrivais bien à continuer à vivre normalement, sans jamais te plaindre même en ayant Arthur qui débarquait de nulle part, comme ça, d'un seul coup. Tu as pourtant toutes les raisons du monde de le foutre dehors, celui-là, mais tu ne l'as jamais fait. Tu l'aimes bien ce garçon, l'exact opposé de ce que tu es et ce n'est pas pour te déplaire. Alors les petites intrusions polies n'ont aucune raison de te déplaire, de te déranger. Surtout quand elles te donnent l'occasion d'observer quelqu'un plus en détail, d'observer ses traits fins, sa façon d'être, d'avoir l'impression de mieux la comprendre, la connaître. Quitte à la mettre mal à l'aise avec ton regard figé sur elle.

« Tu ne me déranges pas. Je ne faisais pas grand chose de toute façon. »

Véritablement mal à l'aise, gênée, elle s'excusait, tentait de trouver une petite compensation pour un service rendu, pour t'emprunter quelque chose que tu n'utilisais jamais, que tu avais juste pour la forme. Tu haussais des épaules, lui faisant comme un signe que ce n'était pas la peine et pourtant elle semblait déjà bien partie sur sa lancée. Tu n'osais pas l'interrompre, mais la malchance, elle, avait bien eue cette envie. La bouteille d'huile se déversa sur ton plan de travail de fortune, le transformant en patinoire graisseuse et dégoulinante. Ah...quelle veine. Toi qui ne prenait pas souvent bien soin de ton mobilier, tu avais désormais une excuse pour le traiter avec un peu plus d'attention pour t'éviter d'avoir à supporter l'odeur de l'huile trop longtemps. Elle, elle s'en était mis plein les doigts en tentant de rattraper sa bourde, elle avait l'air si gênée mais toi, ça ne t'avais même pas fait sourciller. On pourrait presque mettre le feu à ton studio miteux que toi, tu resterais avec cette même expression. Est-ce que t'es en vie au moins ? Ah...cette bonne question. Alors que tu lui demandais de ne pas bouger, tes pas te menaient vers ta salle d'eau alors que tu passais ta main sur ta nuque, déplaçant tes vertèbres par la même occasion, jouant une belle symphonie de craquements tous aussi désagréables les uns que les autres. Aucune discrétion. Elle devait sûrement les avoir entendus et se douter que t'avais fait un truc bien bizarre qui n'aurait fait de bien à personne...sauf à toi. Parce que t'aimes bien cette sensation de bouger tes os, tes articulations d'une façon anormale, d'une manière douloureuse pour le commun des mortels. Mais toi, ça fait un bout de temps que t'es plus vraiment le commun des mortels.A croire que tu ne te souviens même plus de la dernière fois où t'as souris avec ta mère. Juste avec elle, lui, t'as jamais pu lui adresser un sourire sincère et tu pourras jamais. Foutu enfoiré.

Tes douleurs chassant tes mauvaises pensées, tu empoignais une serviette que tu passais sous l'eau chaude, l'essorant, te voila de retour avec la demoiselle. Bien qu'au vu de la taille de ton studio, tu ne l'as jamais vraiment quittée.

« Tiens, pour tes mains. C'est plus efficace que de les rincer, je crois. »

Tu lui cédais la serviette chaude et humide alors que tu fouinais dans tes placards pour attraper un rouleau d'essuie-tout. Tu commençais à éponger, t'en mettant plein les doigts à ton tour et ayant la forte impression qu'il n'y aurait pas de fin à cette mare huileuse qui en plus, avait bien pris soin de dégouliner sur le sol. Ah...la poisse. Balançant le papier imbibé dans ta poubelle, ton envie de te passer une main sur le visage, ce foutu toc que tu as, ne fut pas la plus brillante des idées. Tes doigts dégoulinaient eux aussi et voila, tu t'en étais foutu partout. Tu devais avoir fière allure. Tu n'étais ni bon pour la cuisine et encore moins pour le ménage. Un vrai gamin qui à quitté le nid douillet trop tôt. Et pourtant tu restais planté là sans réagir, sans montrer un quelconque signe d'agacement. A quoi bon ? Tu l'avais dis, tu ne faisais rien de bien passionnant de ta journée, au moins, te voila occupée et avec de la compagnie. T'as jamais vraiment apprécié d'être dans la solitude la plus complète, t'étais servi.

Tu fixais la bouteille d'huile presque entièrement vide alors que tout dégoulinait encore partout. T'avais l'air complètement perché, la pauvre, elle devait sûrement regretter d'être venue te demander un service.

« Ca va être dur d'en tirer quelque chose de bien...ça risque d'être encore plus compliqué que prévu, l'atelier mayonnaise.»

Dis sur ce ton habituel, ce ton si...neutre qu'il pourrait en être presque blessant si l'on ne te connaissait pas. Et elle, elle ne te connaissait pas bien, tout juste ton nom, peut-être même ton âge, mais rien d'autre. Après ça, si tu te retrouvais invité à cette fameuse fête des voisins, tu serais bien chanceux. Ou elle serait bien étrange, comme jeune femme.

« Enfin c'est pas grave...ça t'aurait été plus utile qu'à moi cela dit. »



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MessageSujet: Re: phosphene ◮ freyr holm   Mer 29 Juin - 23:29

phosphene;

Kyou se retrouva là avec les doigts et puis les paumes toutes huileuses, impuissante, l’air perdue comme une enfant qui aurait fait une bêtise bien bien plus grosse qu’elle. Elle suivit du regard la silhouette filiforme de son hôte, qui lui indiqua de ne pas bouger disparaitre dans l’embrasure d’une porte – probablement la salle d’eau. Il s’en échappa des bruits étranges comme de longs craquements, un cliquetis saugrenu, puis, le bruit de l’eau qui coule, du robinet qui grince sous la pression des doigts, les craquements du parquet et d’un klaxon dans la rue. Dans un soupir résigné, léger et trop discret, la jeune femme relâcha ses bras et rendit les armes d’un combat inutile. Elle réalisa – avec culpabilité- que l’huile s’égouttait le long de meuble et sur le sol ou que ses doigts seuls ne suffisaient pas à arrêter la catastrophe.

Ses joues s’empourprèrent légèrement, alors qu’elle fit place à un sourire aimable et désolée quand le jeune homme revint dans la pièce pour lui tendre une serviette.

« M-Merci. » peina-t-elle à articuler en s’inclinant poliment avant de s’en saisir délicatement.

Kyou essuya frénétiquement ses mains poisseuses dans la serviette chaude alors qu’elle surveillait du coin de l’œil Freyr avec attention, qui s’était à son tour attelé à réparer les dégâts. Elle constata avec regret que l’essuie-main était à présent plus graisseux qu’humide alors que son hôte avait à présent lui aussi les mains dans l’huile. Oh elle aurait voulu disparaitre sous terre, s’enrouler dans une cape d’invisibilité ou faire disparaitre ces dix dernières minutes terriblement gênantes d’un claquement de doigts ! Elle se sentait si inutile et si minuscule face au jeune homme que cela en était ridicule.

Ce fut la première fois que Kyou songea que son voisin semblait immense avec ses interminables jambes – rien d’étonnant puisqu’elle ne dépassait probablement pas son épaule- et pourtant, malgré sa maladresse, il conservait cette douceur discrète cachée dans chaque pli de son visage. C’était une espèce de sérénité constante, une neutralité tranquille que rien ne semblait ébranler comme si Freyr vivait ailleurs, dans un autre monde dont seul lui connaissait les secrets ; comme à demi ici, à moitié là-bas. Freyr c’était un grand gamin décharné qui flottait dans ses vêtements avec de l’huile qui lui dégoulinait sur le front à l’air un peu perdu qui n’avait pas l’air de savoir ce qu’il faisait là, peut-être que personne ne savait vraiment ce qu’il faisait là parce que Kyou, à cet instant, n’en avait plus aucune idée.

« Ca va être dur d'en tirer quelque chose de bien...ça risque d'être encore plus compliqué que prévu, l'atelier mayonnaise. Enfin c'est pas grave...ça t'aurait été plus utile qu'à moi cela dit. »

La japonaise acquiesça d’un sourire en coin, pas un joli sourire bien droit, un sourire un peu vrai, timide et maladroit qui remontent le coin des yeux. Elle se sentait démunie face à lui, elle ne savait pas comment se comporter, quels mots employer, quelle expression aborder parce que Freyr ne suivait pas le mode d’emploi des messieurs tout le monde, il n’était pas vraiment poli ou bavard, simplement là, quelque part dans l’existence. Cependant, aussi dépourvue qu’elle pouvait être, elle était étonnamment calme. Quand il disait que ce n’était pas grave, elle était tentée de le croire plus qu’une vague formule de politesse, c’était vrai, ce n’était pas grave, rien ne semblait grave.

Alors, elle piocha dans sa réserve de courage et se mit sur la pointe des pieds pour essuyer furtivement –de peur de le casser-  le front pâle du garçon avant de se justifier modestement :

« Il y avait un peu d’huile…sur ton front. »

Puis, elle ajouta :

« On peut encore la faire…enfin je crois. Il suffit de tout mélanger de toute façon…non ? Dans un bol probablement ?»

Kyou lui tendit la serviette, ne sachant quoi en faire. Elle posa son regard sur Freyr, ne voulant cependant pas se montrer trop intrusive et se servir comme en sa propre demeure –bien qu’il lui semblait à présent évident que le garçon ne lui en tiendrait pas rigueur.

« S’il manque de l’huile, je peux aller en chercher ? Il y a une supérette en bas de la rue. »


Picture, picture, smile for the picture, Pose with your brother, won't you be a good sister? Everyone thinks that we're perfect, Please, don't let them look through the curtains.
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