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 My mind holds the key | Opale & Gabriel

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MessageSujet: My mind holds the key | Opale & Gabriel   Dim 8 Mai - 20:29


「 « Plus d'hommes se sont noyés dans l'alcool que dans la mer. » W.C. Fields

Opale & Gabriel
« My body...is a...Caaage...»

La voix se dérobe et se brise, la bouteille vide glisse des doigts et s'écrase au sol dans un bruit creux. Elle hésite un moment à rester sur le cul, mais les vacillements la font choir pour de bon sur le flanc et rouler, rouler au loin, dévalant à son rythme le trottoir en pente. Puis disparaître, loin.
L'ivrogne l'oublie : il a oublié tout le reste aussi. Même comment marcher. Ses pas ne ressemblent qu'à une laborieuse avancée, un en avant et deux en arrière, un demi sur le côté pour éviter de s'écraser. Parfois le bout de ses semelles envoient valser un caillou, une motte de terre. Il jure contre le vent qui s'écrase sur sa face, vient picoter ses yeux et leur tirer quelques larmes. Mais il continue à chanter.

Si tout son corps est glacé, sa voix reste chaude. Chaude et haute. Vibrante. Elle tangue autant que lui, elle hésite et trébuche tout comme lui, mais elle ne cesse de s'élever. Et parfois, il se permet de chanter juste, la main s'accrochant à sa poitrine comme si le chant venait de là, de tout au fond de son cœur atrophié.
Mais il est plus de minuit et les marcheurs qui le croisent changent de trottoirs. Il ne les regarde même pas, eux préfèrent faire semblant de ne pas le voir. Il est un marcheur fou qui marche dans le mauvais sens sur le mauvais trottoir : un marcheur fantôme, un homme invisible qui fait pourtant beaucoup de bruit. Tant que quelques personnes ouvrent leur fenêtre pour crier, d'autre ferment violemment les volets. Mais ceux-là, tout ceux-là, aucun ne compte pour lui. Rien ne compte plus que les clochards qui partagent un peu de leur temps avec lui. Échangent une cigarette, un éclat de rire, une tape sur l'épaule - lui aussi, maintenant, est de ceux que plus personne ne voit, à part ceux qui ne sont plus vus. Sa condition n'est pourtant qu'un trompe l'oeil.
Demain, ou un peu plus tard, il reprendra sa place parmi les vivants, les vrais, qui se couchent la nuit et se lèvent le matin. Il endossera sa plaque, ses fonctions, ses responsabilités. Fera mine d'être comme tout le monde, en un peu plus différent, à peine. Et personne ne saura jamais rien de ce qu'il fait maintenant. De l'autre bouteille qu'il envoie s'écraser contre le mur d'une ruelle et retomber en pluie de verre vert. Alors qu'il boit déjà au goulot d'une autre, un autre alcool, un autre faiseur de rêves. Dopant sa violence, noyant ses démons et ses pensées étourdies - elles dégringolent au fond d'une oubliette inondée de Whisky, de Saké, de Tequila.
Il n'en a pas fini de faire chanter son malheur, tant, du moins, qu'il aura de quoi boire. Alors il s'imprègne, engloutissant tout son remède d'une traite.

Quand l'aube se présente, ses forces l'ont depuis longtemps abandonné. Il s'est assis tant bien que mal sur les marches d'escaliers d'une sortie de secours de la bibliothèque. Pourquoi ce lieu ? Les premières lueurs du jour l'éclairent. Il est tapis contre la porte, contemplant d'obscures détails, les marbrures sur la pierre qui constitue sa cache. Les passants, encore rares, ne le remarquent plus, pour de bon cette fois. Comme s'il avait réussi à se dissiper de ce monde pour entrer dans un autre. Ne plus en sortir. Les pensées qui tambourinent à l'entrée de sa conscience, elles aussi, sont coincées dehors : encore un peu.
Il profite de cette fin d'ivresse, avant que la nuit ne se lève en lui et que le soleil ne darde ses rayons en dehors, tout autour. Son ombre, pour le moment, se fond encore au reste. Il est un élément du décors qui ne veut pas être dérangé dans son monologue marmonné. Car il ne chante plus, plus maintenant que la coupe est vide. Qu'importe le flacon, disait-on : tant qu'il est plein, du moins. Mais ce n'est plus le cas.

Le plus vide des deux, cependant, n'est pas celui qui termine sa course contre le pied d'une passante.

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