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 tally-oh ! [PV Kyoukyou]

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MessageSujet: tally-oh ! [PV Kyoukyou]   Jeu 4 Aoû - 11:27

Cette journée ressembla exactement aux autres depuis son arrivée à Hoshikami. Elle passa une partie de sa matinée à combattre l’envie de rester dans son lit. Après une longue et victorieuse bataille, elle parvint à se lever, s’habiller et effectuer son habituel jogging du matin. Une fois les cinq kilomètres effectués, elle avait pris une rapide douche puis avait planifié le reste de sa journée.  Et honnêtement, ce ne fut ni chargé, ni constructif.
En tant qu’étrangère sans papiers, peu de personne était prêt à l’engager. Et ceux qui l’étaient lui proposaient des boulots à l’aspect douteux. Elle savait que, de toute façon, elle serait incapable de s’embarquer dans le marché du sexe : son corps était sa marchandise, et il n’y aurait sans doute pas foule pour une marchandise abimée. Elle n’était pas intéressée par cette option mais le seul fait de savoir qu’elle ne pouvait pas la considérer lui mettait un coup dans sa fierté.

Elle disposait cependant de quelques outils. Des papiers prouvant qu’elle était un vétéran, qui plus est avec un entraînement équivalent celui des forces spéciales. En soi, c’était le seul poids qu’elle avait si elle décidait de s’embarquer comme mercenaire, garde du corps ou… autre chose de moins reluisant. Ce fut sur cette dernière pensée qu’elle décida d’abandonner ses recherches. C’était le début de soirée et le soleil disparaissait timidement à l’horizon.  
Écouteur dans les oreilles, elle déambula un moment dans la rue, réfléchissant à ce qu’elle pourrait faire le lendemain. Et elle hésita à ne rien faire, cherchant de vagues excuses pour procrastiné. Pour être honnête, elle pensait à faire appel à son mentor et ses nombreux contacts afin d’obtenir une aide quelconque. C’était le plus simple et efficace.  
Elle s’arrêta brusquement. Où est-ce qu’elle était déjà ? Elle savait qu’elle se trouvait dans le district d’Uwabami. Mais où exactement ? En cherchant du regard pour trouver un nom de rue, ses yeux finirent par se poser sur un établissement de l’autre côté de la rue. Un bar ?
Elle fit un pas en avant en direction de celui-ci. Elle s’arrêta de nouveau, se rappelant qu’elle s’était promise d’éviter la bouteille un certain temps. Après tout, c’était à cause de l’alcool si elle se retrouvait dans cette situation. Elle soupira et décida d’agir en adulte responsable.


Adulte qui fuit les responsabilités, tally-oh ! pensa-t-elle alors qu’elle posait son fessier sur le tabouret du comptoir.
Elle jeta un regard vers le client sur sa droite. Un potentiel employé de bureau, visiblement nippon pur souche et allant dans la quarantaine. Sur sa gauche se tenait un ouvrier du chantier… tout du moins, ce fut ce qu’elle pensa au vue de son accoutrement. Elle n’arrivait pas à vérifier son ethnicité. Cependant, elle était persuadée qu'il n'était pas bien plus vieux que elle.
En soi, un endroit qui réunissait des personnalités d’un peu partout. Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour embrasser du regard l’aménagement de l’établissement ainsi que de tenter d’identifier les quelques clients et leur provenance. Elle sourit en coin, l’atmosphère et les gens lui plaisant.
Elle fit face au comptoir et décida de se débarrasser de son keffieh et de son blouson, déposant le tout sur ses genoux. Ce fut à ce moment qu’une serveuse arriva pour prendre sa commande : elle s’apprêta à parler en anglais comme à l’habituel mais se retint. Elle fouilla rapidement dans ses poches et en finit par un sortir un cahier dans lequel elle avait gribouillé des notes sur la langue nipponne afin de l’aider.

« Erhm… bon… soir ? J’aimerais… une… pourquoi c’est en anglais là ?... bière, s’il vous plaît. »

Elle releva la tête, lâcha un grand sourire à l’attention de la femme, qui elle, semblait avoir eu de la peine à comprendre ce qu’elle venait de dire. Forcément, avec une prononciation approximative, alourdie par un accent anglais… mais ça avait eu l’effet d’un déclic. Celui sur sa gauche avait lâché un rire et celui sur la droite l’avait corrigée dans sa prononciation. Elle fit mine d’être vexée, tenta de prononcer la phrase à nouveau sans un franc-succès. Et ce fut ainsi que s’engagea sa soirée. Dès le début, elle avait prévu d’engager de discuter avec les deux, histoire d’avoir des potes de beuverie pour la soirée.
Et très vite, la conversation dévia. Éclats de rire, philosophie de bar et autres s’installèrent en l’espace de quelques minutes. Ce fut une vingtaine de minutes plus tard, lorsqu’elle termina sa première bière, qu’elle remarqua la disparition de la serveuse.
Elle haussa des épaules, décidant de remettre sa deuxième commande pour quand elle reviendrait et reprit sa conversation.


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MessageSujet: Re: tally-oh ! [PV Kyoukyou]   Jeu 4 Aoû - 23:05

tally-oh!

Les yeux encore ensommeillés par le balancement métrique des transports, Kyou esquiva un bâillement alors qu’elle rentrait par la porte arrière réservée aux employés. Les éclats de voix des clients résonnaient en échos aux cliquètements des cuisines, le rire d’une serveuse éperdu: la soirée était plutôt bien entamée et il semblait y avoir du monde ce soir.

Elle se glissa jusqu’aux vestiaires vides, tournant d’un geste mécanique le verrou qu’elle connaissait par cœur pour trinquer son gilet et son sac à main contre son tablier de travail. Elle ajusta quelques secondes dans le reflet du miroir minuscule plaqué contre la paroi intérieur de son casier ses cils maquillés puis, glissa une barrette pour dégager quelques mèches de son visage. A l’instant où elle refermait la porte du compartiment,  Chika rentra dans la pièce accompagnée d’un long soupir de fatigue.

C’était une fille gentille, plutôt jolie avec ses très longs cheveux de jais quoi que pourvue d’une langue un peu trop pendue. Elle s’arrêta un instant, surprise puis, lui adressa un énorme sourire et Kyou en profita pour la saluer d’un petit signe de tête poli, plus réservé.

« Ah Kyou tu es là ! C’est bondé ce soir pff. Une étrangère m’a commandé une bière mais je n’ai rien compris et puis tu sais le manager a encore [...] » s’exaspéra-t-elle mais, son interlocutrice avait déjà arrêté d’écouter et se contentait de vague hochements de tête.

« Au fait Cassiodore n’est pas là ce soir. Et va servir le comptoir en premier ! Merciii ! »

« J-je vois. Merci. » Répondit Kyou nerveusement alors qu’elle referma la porte sur son dos.

Elle prit quelques secondes pour essayer de calmer son cœur qui s’emballait dans sa poitrine et le rose gêné sur ses joues, adossée contre le bois rigide. Chika en faisait toujours beaucoup trop surtout depuis qu’elle avait découvert le petit faible que Kyou entretenait pour le barman – elle se pensait encore discrète bien que tout le personnel était au courant depuis des mois. Elle se passa une main dans les cheveux, tout de même un peu déçue de manquer Cassiodore et ses étoiles dans les yeux, dans ses rires, ce soir. Le ciel d’été était si sombre sans lumières.

Bien, qu’est-ce que Chika avait dit déjà ? Le comptoir. La jeune femme se dirigea jusqu’à salle principale de l’établissement, adressant un rapide geste de la main aux collègues qu’elle croisa. Elle se para de son sourire le plus aimable, celui qu’elle avait exercé devant sa glace pendant des heures, dès qu’elle mit un pied au comptoir. Après tout, il fallait toujours se présenter sous son meilleur jour aux clients.

Ceux accoudés au bar semblaient d’ailleurs boire et discuter avec cette euphorie légère propre à l’alcool. Alors qu’elle longeait du regard la rangée de visages installés, un particulièrement retient son attention. Elle n’aurait su l’expliquer, pourtant elle avait ressenti quelque chose, d’abord des picotements dans son ventre qui s’était transformé en une certaine tension. Sans pour autant se sentir en danger, l’air du bar lui semblait soudain plus pesant et les éclats de rire plus lointains ; ses sens étaient étonnamment en alerte. Ses genoux étaient devenus fébriles.

L’instant d’après, Kyou se dirigeait d’un pas mal troublé vers l’inconnue, le cœur battant dans un sourire quelque peu crispé. Elle se retrouva incapable d’en détacher son regard. C’était une femme aux cheveux sombres, la trentaine peut-être et aux yeux bleus transperçant qui riait de bon cœur avec ses deux voisins. Kyou attrapa un verre qu’elle essuya d’un geste distrait tout la surveillant de ce qu’elle pensait être discrètement du coin de l’œil. C’était comme si de façon inexpliquée, elle se sentait irrémédiablement attirée par l’étrangère – peut-être celle dont Chika lui avait parlé – pourtant les mots se brouillaient en un amas informe dans son esprit et elle avait une boule coincée dans la poitrine.


HRP; Wooh je suis grave inspirée aujourd'hui hésite pas si tu préfères que je fasse bouger les choses un peu plus ma boite mp t'es toujours ouverte ♥️


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MessageSujet: Re: tally-oh ! [PV Kyoukyou]   Ven 5 Aoû - 4:18

Au fil du temps, la conversation dévia rapidement de son horrible accent à des affaires plus personnelles. Rien d’intime mais les deux hommes se mirent à discuter de leur travail et de leur vie. Si le sujet en était arrivé là, c’était sans doute parce qu’elle avait mentionné le fait qu’elle en cherchait un et qu’elle sentait que la barrière linguistique pouvait poser un problème au vue des potentiels employeurs. Bien sûr, elle n’avait pas précisé que c’était sans doute son manque de papiers qui était le gros minus. Elle attrapa son verre pour prendre une gorgée, oubliant que celui-ci était vide. Elle chercha de nouveau la serveuse qui semblait mettre du temps à revenir jusqu’à ce que…
Une étrange sensation la traversa soudainement. Elle avait passé une majorité de sa vie à éviter cet événement particulier. Probablement par rébellion. Probablement parce qu’elle pensait pouvoir en faire plus mais ça n’avait jamais suffi à combler une part d’elle-même. Pourtant, ce sentiment de vide qu’elle avait toujours ressenti venait de disparaître. Et c’était grâce à cette petite qui venait d’apparaître derrière le comptoir. Elle ne dit rien, n’offrant qu’un sourire chaleureux.
Une part d’elle-même était étrangement satisfait. Peut-être était-ce le sentiment d’accomplissement ? Cependant, elle décida de remettre ces pensées à plus tard : l’ouvrier à côté d’elle venait de sortir son smartphone pour montrer une photo de sa gamine. Et elle s’exclama sans retenu, demandant comment avec une sale trogne comme la sienne il avait pu donner naissance à un truc aussi magnifique. Et il répondit qu’il n’en savait rien mais avec ce ton fier et heureux d’un jeune parent.

Honnêtement, elle bouillait intérieurement. Intérieurement, elle n’avait qu’une envie, c’était de sauter sur la pauvre serveuse pour l’emmener avec elle hors de cet endroit histoire d’avoir une longue conversation sur la situation. Cependant, elle s’abstint : à priori, elle bossait. Et en tant qu’adulte responsable, - erhm, presque responsable -, elle ne voulait pas lui poser de problèmes.
Elle déporta de nouveau son regard sur elle, leva son verre vide dans sa direction pour signifier qu’elle voulait bien le voir être rempli. Elle déposa celui-ci en face d’elle jusqu’à ce que l’employé de bureau attire son attention, posant la question fatidique : dans quel domaine espérait-elle travailler. Chose qu’elle ne savait pas vraiment : actuellement, elle était prête à prendre n’importe quel boulot, pour peu qu’elle puisse conserver sa dignité et survivre. Elle précisa qu’avec son bagage militaire, elle préférait bosser dans quelque chose qui puisse mettre à profit ses compétences. Forcément, le « militaire » attira l’attention et les questions. Mais elle n’y répondit pas.

Son œil se leva légèrement vers la petite. Il y avait toujours cette envie irrésistible qui, au fond d’elle, lui disait de faire quelque chose de stupide.
Remercie-la une fois qu’elle a rempli le verre. T’as tout le temps. T’as attendu trente-deux ans pour ce moment, quelques instants de plus, ce n’est rien dans une vie ! C’est le moment de faire bonne impression. Montre que t’es une adulte. Qu’elle pourra compter sur toi ! Allez !

« Salut, je suis Emilia et je suis là pour chambouler ton monde », lâcha-t-elle lorsqu’elle fut à portée.

Les deux types ne comprirent pas ce qui lui prit. Et honnêtement, elle était estomaquée par sa propre connerie. Ça ressemblait plus à une phrase d’accroche pour draguer qu’à une explication sur qui elle était. Elle détourna les yeux, lâcha un rire à mi-chemin entre la nervosité et la gêne et décida de rattraper sa bourde du mieux qu'elle le put.

« Oublie… je crois que je ne tiens pas très bien l’alcool. Oh, et merci. »


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MessageSujet: Re: tally-oh ! [PV Kyoukyou]   Sam 6 Aoû - 10:45

tally-oh!

La trentenaire semblait l’avoir remarqué. Kyou sentit le rose lui monter aux joues, peu gênée, ce n’était pas poli de dévisager ainsi les clients – même si par expérience, les étrangers étaient toujours plus souples sur les règles de bien-séance. L’intéressée avait tendu son verre et Kyou songea avec soulagement que peut-être la femme n’attendait qu’à être resservie. Sans une hésitation, elle se dirigea vers elle en essayant d’afficher son sourire le plus naturel et de cacher ses doigts tout tremblants, de taire son cœur qui s’écrasait furieusement contre sa poitrine ou de défaire tous les nœuds de son estomac.

« Salut, je suis Emilia et je suis là pour chambouler ton monde »

Kyou se figea sur place, cligna plusieurs fois des paupières, sans être sûre de vraiment comprendre avant que son teint clair ne devienne rouge pivoine. C’était…totalement inattendu ? Contraire à tout ce qu’elle avait imaginé ? Les deux hommes qui l’entouraient abordaient eux aussi une expression perplexe, presque penauds comme s’ils ne sentaient soudain plus à leur place.

« Oublie… je crois que je ne tiens pas très bien l’alcool. Oh, et merci. »

Et pourtant, elle ne pût ignorer le rire mal à l’aise de la dénommée Emilia, ni son accent qui trahissait ses origines anglophones, pas même cette boule dans sa gorge qui lui répétait comme une évidence que c’était Elle. Elle, quelque chose, elle ne savait pas trop quoi, pas trop qui ou comment, simplement Elle. C’était différent des papillons dans le ventre quand elle croisait le regard olive de Cassiodore, différent des frissons devant un film d’horreur, différent tout simplement et peut-être que personne n’avait encore inventé de mot pour le décrire.

Kyou se sentait terriblement confuse, cependant, elle éclata de rire –doucement- cela sonnait un peu faux et mécanique comme on le lui avait appris. Ce n’était pas la première fois qu’un client dépassait un peu les limites sous l’effet de l’alcool et qu’il se montrait un peu trop entreprenant.

« V-vous préférez un verre d’eau peut-être ?  Vous devriez peut-être rentrer chez vous. » Articula-t-elle difficilement.

Cependant, elle restait figée devant cette femme, incapable d’en détacher les yeux comme si son corps tout entier refusait de lui obéir après avoir passé plusieurs minutes à la guetter anxieusement de l’autre bout du comptoir.  Elle ne pouvait pas la quitter. Comme si elle savait au fond d’elle-même une vérité qui la dépassait.

Heureusement, le voisin d’Emilia rompit le malaise ambiant en demandant un autre verre de whisky. Soulagée, Kyou lui adressa un petit sourire de gratitude avant de tourner doucement les talons. Le bouchon de la bouteille glissait entre ses doigts moites, la bouteille-elle-même semblait sur le point de se briser entre ses paumes fébriles tandis qu’elle versait maladroitement le liquide ambré dans le verre. Les glaçons tintèrent contre la paroi mais, le rythme cardiaque de Kyou ne s’était pas apaisé, ses pensées continuaient de déferler à vitesse grand v sur les autoroutes de son crâne, si vite qu’elle peinait à les suivre.

Tout aurait dû la porter de façon rationnelle à renvoyer la femme chez elle et s’en éloigner le plus rapidement possible. C’était simplement une histoire de buverie embarrassante, comme elle en avait vu une centaine d’autres depuis qu’elle travaillait ici. Subsistait à ce raisonnement d’une vie trop rangée le doute, un peut-être inexplicable, une variation dans la partition de son existence plus réglée qu’un métronome si grande qu’elle n’en serait ni négligeable, ni collatérale. Et si, si c’était cela vivre ? Si c’était cela après quoi elle courrait en somnolant contre la vitre du métro et le soir au fond de son lit pour combler ce vide qui errait au milieu de ses entrailles ?

La jeune japonaise referma la bouteille d’alcool puis, attrapa un verre propre qu’elle remplit d’eau –vite, vite avant que ses habitudes trop huilées ne reprennent le dessus. Elle retourna auprès de l’inconnue et déposa les commandes avec son parfait sourire de commerçant. Et là, juste le départ, elle lança en anglais sur le ton des secrets :

« Restez jusqu’à la fermeture. »

Juste comme ça, Kyou, tout doucement, en une petite fille sans histoires, espérait avoir enclenché quelque chose d’extraordinaire.


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MessageSujet: Re: tally-oh ! [PV Kyoukyou]   Sam 6 Aoû - 16:37

Lorsqu’elle re
posa son regard sur la serveuse, elle la vit figer dans la perplexité. Naturellement, et avec la force de l’habitude, Emilia tenta de la jauger, savoir quel genre de personne elle pouvait être. Ce n’était pas le genre de chose pour lequel elle était douée. Ce n’était pas faute d’avoir essayé autrefois : son mentor avait même tenté de lui apprendre en vain. Elle semblait être une gamine tout ce qu’il y avait de plus normal. À vrai dire, elle la trouvait presque craquante avec le rouge flambant ses joues. Elle ne put s’empêcher de réprimer un sourire en coin, la gêne s’effaçant lentement pour laisser placer à l’amusement et la satisfaction.

Sa raison d’exister se trouvait à portée de bras. Elle le savait, c’était elle.

Mais ce bref instant s’effaça rapidement lorsqu’elle lui proposa un verre d’eau. Pire encore, elle lui proposa de rentrer chez elle. Elle voulut objecter mais se souvint de ses propres propos qui étaient sans doute le plus gros mensonge qu’elle ait dit. Elle tenait très bien l’alcool. Elle en abusait juste un peu trop par moment… et ça n’avait provoqué que quelques mineurs problèmes.
Bon, pas tout à fait mineurs. Après tout, elle en était venue à faire une liste des amants qu’elle regrettait d’avoir croisé. Et puis, sa raison de se trouver à Hoshikami était aussi l’alcool. Sans parler des autres problèmes que ça lui avaient causé.
Elle se tenait là, sentant les yeux rivés de la serveuse. Elle semblait attendre quelque chose… ou plutôt, elle semblait toujours confuse ? Perdue dans son propre flot de pensées. Et Emilia comprit qu’elle devait en être la raison. Elle s’apprêta finalement à répondre quelque chose, prête à partir : après tout, elle savait où elle travaillait et pourrait aisément la retrouver si elle le désirait.
Si elles se trouvaient dans le même état, lui laisser un peu d’espace était sans doute la meilleure chose à faire. Elle voulait tout de même préciser qu’elle reviendrait mais fut interrompue par l’employé de bureau qui commanda un whisky. La petite lâcha un sourire de rigueur et s’éloigna.

Son œil curieux ne lâcha pas son observation, et elle pencha légèrement la tête sur le côté. Ce faisant, elle capta du regard l’un de ses voisins dans le même processus mais pour d’autres raisons. Elle lui mit un coup de coude dans les côtes pour le ramener sur terre. Et elle se retourna vers eux et ils sursautèrent en synchro, ne voulant pas se faire attraper. Enfin, elle ne reluquait, - pas vraiment -, mais après ce qu’elle avait lâché, elle préférait être prudente.
Cependant, elle fut tiraillée entre deux sentiments lorsqu’elle revint. Le premier était l’incompréhension : en déposant le verre d’eau, la nippone semblait avoir elle-même prise la décision de la laisser rester. Ce qu’elle confirma en lui demandant de rester. Elle hocha simplement de la tête, comprenant qu’elle voulait en savoir plus sur la situation. Et ce n’était pas comme si elle avait quelque chose d’important à faire. Le deuxième ?

De l’eau.

Elle observa le verre, un air déprimé sur le visage. Elle redressa les yeux vers la petite, lâchant d’un air penaud :

« Est-ce que je peux au moins avoir un soda… ? »

Résignée, elle accepta de se passer d’alcool pour la soirée. Elle devait garder la tête sur les épaules. Et puis, elle avait déjà eu le droit à une bière, c’était déjà ça. Elle se rattraperait prochainement, prête à satisfaire sa soif.
Elle attrapa son verre d’eau qu’elle but d’une traite. Son voisin tenta de reprendre la conversation, tentant de dissiper le malaise qui s’était vaguement installé. Ou probablement par curiosité. Des questions sur son passé dans l’armée.
Elle y répondit vaguement, tentant de ne pas laisser trop d’informations s’écouler. Ses deux déploiements en Irak qui lui avaient permis d’atteindre le grade de capitaine. Le fait qu’elle avait rejoint les forces spéciales plus tard et participer activement à diverses missions à travers le globe. Elle jetait de temps à autre quelques regards vers la serveuse, désirant voir si elle prêtait une oreille à leur conversation.
Habilement, elle parvint à dévier la conversation. Peu désireuse de parler d’elle-même, et surtout de son passé militaire, elle convainquit les deux hommes à parler d’eux-mêmes. De ce qu’ils faisaient, de leur famille, et d’autres choses.


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MessageSujet: Re: tally-oh ! [PV Kyoukyou]   Jeu 25 Aoû - 19:31

tally-oh!

« Est-ce que je peux au moins avoir un soda… ?  »

Kyou hocha doucement la tête, un peu peinée par l’air penaud de son interlocutrice – cependant soulagée qu’elle reste. Elle revient rapidement avec un deuxième verre rempli de coca-cola à ras-bord. Elle en profita une nouvelle fois pour détailler discrètement la femme – elle semblait si calme alors que son monde à elle tanguait sous ses pieds, c’était comme si elle savait des choses que Kyou n’était pas encore sûre de vouloir s’avouer ; comme si de ses yeux bleus acier, elle allait lancer une multitude de couleurs sur sa partition terne trop bien écrite, qu’elle allait en secouer les pages pour en ajouter ou une archer des morceaux et faire tomber une neige de papier.

« Hm...Je vous l’offre.  » Glissa-t-elle discrètement avant de tourner les talons d’un pas pressé.

La soirée battait son plein, les clients continuaient de s’enchainer sur les tabourets vides avec leurs sourires jusqu’aux oreilles, leurs rires heureux, leurs euphories légères et toutes leurs multitudes d’histoires. Kyou était occupée ou plutôt, elle veillait à le rester sans pourtant réussir à faire taire les battements de son cœur impatient. Si elle s’accordait un instant de pause, elle sentait ses yeux instinctivement dériver vers la silhouette immuable à la valse des autres clients et son oreille se tendre à la recherche du son de sa voix. Alors, alors les secondes lui semblaient s’étirer en d’insupportables éternités cependant, la petite aiguille de l’horloge courrait beaucoup trop vite. Kyou voulait savoir mais, finalement, après réflexion elle ne savait plus vraiment si c’était la bonne chose à faire. Elle avait perdu le fil de ses notes, les noires devenaient des croches et elles s’inversaient dans tous les sens sur la portée, la tête à l’endroit puis à l’envers comme les pensées dans son crâne.

[…]

Finalement, son service touchait à sa fin et Kyou se risqua un coup d’œil pour vérifier si Emilia était toujours là dans un ultime espoir de fuite. Elle l’avait attendu toute sa vie ce moment, cette explosion qui enverrait tout valser dans les airs, qui balayerait son ciel de bitume et son crâne pleines d’idées bien rangées mais, maintenant, qu’elle était juste devant prête à faire le grand saut, elle sentait ses genoux trembler comme une enfant. Peut-être que c’était une mauvaise idée, peut-être que si elle fermait les yeux de toutes ses forces et récitait l’alphabet à l’envers, la femme, le bar, l’univers disparaitraient.

Mais, Kyou savait que cela n’avait jamais marché, même quand elle avait sept ans et qu’elle croyait encore aux poussières de fée.

Alors, avec tout le courage dont elle disposait et en serrant les dents de toutes ses forces, elle fit quelques pas maladroits vers Emilia pour lui murmurer, parce que c’était comme un secret ce qui lui arrivait, comme une histoire extraordinaire d’histoires pour enfants :

« Je finis dans dix minutes. Attendez-moi devant.  »

[…]

Plus de retour en arrière possible songea Kyou quand elle referma la porte des employés derrière elle. L’air était tiède mais, il lui semblait brûlant ou peut-être que c’était ses joues et puis ses oreilles et puis sa poitrine qui étaient en feu, peut-être qu’elle brûlait de l’intérieur sous toutes ces étincelles. Ses jambes avaient du mal à la porter et elle triturait nerveusement ses doigts bien calés au plus profond de ses poches.

Elle se traina jusqu’à apparaitre dans la lumière des réverbères, d’un pas hésitant, trainant mais, la femme était bien là. La femme n’avait pas disparu. Kyou voulait savoir, mais, la peur lui faisait des pelotes de laine dans l’estomac. Elle lui adressa un petit sourire, un peu timide, un peu crispé – qui faisait si mal aux coins des lèvres alors qu’elle s’était entrainée à en faire des si parfaits. Même si elle aurait voulu revêtir un masque, il lui semblait que la femme lirait à travers les lignes de son visage, qu’elle l’ouvrirait pour la décortiquer malgré ses couches de béton armée. Parce qu’elle savait quelque chose que Kyou ignorait.

« Hm…Qu’est-ce que c’était…c’est ? Je-je vous écoute, je crois. Peut-être qu’on devrait pas en parler…ici ?  Je…sais pas trop. »


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