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 5 years ft. Uren X. Battle

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MessageSujet: 5 years ft. Uren X. Battle   Jeu 10 Mar - 16:03

5 years

Tadashi Kogane & Uren X. battle

Ce n’était un sentiment de suspicion, d’aventure ou l’envie de de briser les règles qui guidait mes pas dans ce cimetière au beau milieu de la nuit. C’était la nostalgie.

Mais pour comprendre comment j’en étais arrivé là,il faut revenir un peu en arrière.

17h30, au commissariat, l’ambiance était plus festive que d’habitude. La raison ? Kawashima prenait sa retraite. Kawashima, la légende vivante. Ses cheveux gris, son visage dur, son regard charbon et sa stature quasi-militaire faisaient de lui la terreur des criminels ( et aussi des jeunes recrues). Probablement  le plus vieux de toute la brigade, voire même de la préfecture et certainement le plus respecté. On avait tous participé pour lui offrir un cadeau d’adieu d’adieu, en guise de remerciements pour ces années de bons et loyaux services : un petit voyage au soleil pour lui et sa femme. Je le jure,je n’ai jamais vu cet homme aussi ému. Son visage se fendait comme un masque d’argile qu’on aurait trop cuit et dans sa voix on pouvait entendre comme dans coquilles de noix que l’on craquait dans sa voix.

Bref. Tous ceux qui avaient la chance de terminer leur service à ce moment étaient invités à poursuivre les festivités dans le bar le plus proche. Comment refuser ? J’ai arrêté de compter après la 7ème tournée de saké. Des éclats de voix, de rire, la soirée était animée et les conversations allaient bon train. Nous ressassions nos souvenirs, les bons comme les mauvais,les plus drôles comme les plus anodins.

Nous étions comme ça, nous les japonais. Il fallait attendre la fin du service, pour se détendre, s’éclater, partager un saké ou une bière et partager de bons moments dans une euphorie collective et alcoolisée. Malgré la chaleur et la bonne humeur qui se répandait dans la pièce, comme l’alcool dans nos systèmes sanguins mais quelque chose me perturbait.  Au milieu de cette épaisse mixture de souvenirs que l’on mélangeait, d’anciens souvenirs remontaient progressivement à la surface.  Je ne sais pas si c’était ça ou l’alcool, mais je me suis soudainement senti un peu nauséeux.

Après quelques tournées à l’eau et au thé vert pour se donner bonne conscience, nous rejoignions nos véhicules respectifs direction maison. Je ne savais pas quelle heure de la nuit il était mais dès que je tournais les clés dans le contact, je décidais de rendre une petite visite à un vieil ami…

Je passais devant le cimetière et je remarquais alors que le portail qui aurait dû être fermé, était grand ouvert, m’invitant à entrer. Je me garais directement sur le côté. La nuit était fraîche, j’enfilais mes gants et je redressais le col de mon manteau noir. Je ne portais pas grand chose là dessous, juste un de mes costumes de travail. J’utilisais mon téléphone comme une lampe torche pour examiner le portail. Pas de signe d’effraction, il s’agissait probablement d’un oubli de la part du concierge, ce n’était pas la première fois. Je décidais que j’allais rapporter cette information, mais plus tard. J’avais toujours ma visite à faire.

Je poussais donc le portail et je pénétrais dans le cimetière d’Hoshikami. Il y faisait complètement noir, on ne pouvait pas voir plus loin que le bout de son nez. Evidemment, pas besoin d’éclairer un endroit censé être inaccessible la nuit tombée. On pouvait dire que le cimetière d’Hoshikami était unique en son genre :  à côté des stèles shintoïstes s’alignaient les pierres tombales occidentales. Shintoïstes, bouddhiste, chrétiens, juifs, musulmans, athée… tout le monde avait sa place ici. Tout le monde. Je passais d’un pas calme entre les tombes, éclairant brièvement les noms, les dates, les messages laissés aux défunts. Je devais admettre que malgré mon éternel pragmatisme, il y avait quelque chose de légèrement effrayant et d’interdit dans cette balade nocturne. Mais ce n’était qu’une courte visite, et je pense pas que quelques fantômes désapprobateurs viendront m’embêter.

Je continuais de marcher jusqu’à ce que je la trouve. Sa tombe. Je n’étais pas venu depuis un moment. La lumière passa sur la tombe, dévoilant son nom, ses dates et une petite photo. Charles, avec sa moustache de vainqueur. Toujours le même, piégé pour l’éternité sous un pierre en marbre gris. Sur sa tombe des montages de fleurs artificielles défraîchies et délavées par la pluie. J’avais déjà commencé à l’oublier. Mais ce soir m’avait ramené le peu de souvenirs qui ne s’étaient pas encore envolés. Son sourire, son rire, certaines choses qu’il disait, et la dernière fois que je l’avais vu, la tête tournée avec du une traînée de sang qui coulait de son oreille et poursuivait sur son cou mal rasé.

5 ans. Je n’avais pas oublié. Mais les souvenirs s’effaçaient, la douleur aussi. Et bientôt je finirais par l’oublier. Ce n’était pas comme si c’était ma famille. Il avait une femme, des gosses, des gens plus importants que moi. Et pourtant, je me sentais un peu coupable. C’est pour ça que je voulais revenir ici. Soulager ma culpabilité. Le revoir un peu. Même si… on ne pouvait pas échanger de mots. Je restais là, immobiles pendant un certains temps, mes pensées s’emmêlant. Je fixais ce trait, ce trait simple entre les deux dates. Cet espace, c’est celui que l’on passe à vivre. Réduit à un trait sur une pierre tombale. C’était notre destin à tous.


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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Ven 11 Mar - 23:08

Simple
Five years.
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Un chat lambda sauta sur le mur qu’il longea un moment, avant de s’arrêter et de jeter un regard par la fenêtre grande ouverte de la propriété. Un homme était assis, à son bureau, rafraichi par une douce brise qui venait à rythmes hasardeux. Depuis cette maison ne parvenait qu’un bruit infime ; le stylo, manié par ses doigts sur une page autrefois vierge. C’était un frottement continu, venu d’une inspiration soudaine. La naissance de chaque mot, la trace d’une quelconque imagination, d’un personnage lui-même qui détenait une partie de son créateur. Lyse, se nommait-elle. Lyse, héroïne d’une nouvelle ; héroïne que l’on voit grandir et acquérir une conception. Uren avait légué chez elle une capacité proche de la sienne : lire derrière les lueurs – chez elle, du regard – ce qui fit une histoire rapide et lyrique : une histoire racontée à travers les regards qu’elle pût rencontrer. Et dans son contexte, elle vécut guerre et chasse, aise et misère, découverte et merveille, déception et trahison ; soient les sentiments que chaque individu était capable d’interpréter à sa manière - c’est là où devait se trouver la technique. Décrire les sentiments en laissant une brèche de liberté au lecteur.

Cette nouvelle n’avait été écrite que sur un coup de tête, pendant un ennui quelconque où l’on cherche simplement à nous éviter les questions futiles. L’écrivain n’avait que posé son bras sur le meuble en bois, saisi son stylo et tapoté légèrement sa plume contre son brouillon, jusqu’à la venue de l’idée. Puis il se mit à écrire avec, comme uniques pauses, une ou deux gorgées de thé aux fruits rouges. Le temps que le breuvage chaud et sucré dévalât délicieusement sa gorge, il se remettait à sa rédaction, le regard en même temps posé sur son écriture et sur une question qu’il ne pouvait éviter : et s’il racontait sa vie à travers les auras ? Quand Lyse parlait du regard tendre de ses parents, Uren parlait plutôt de la vive fumée rose dragée tachetée de bleu ciel qui enveloppait leurs corps. Du vert lichen et du parme se mêlaient à cette douceur. Il avait lu, en se servant de ressources floues et celées du passé, ce qu’il pouvait comprendre de leur présent. Le bonheur, la convivialité. La peur de se tromper, d’avoir un peu trop accéléré les choses. L’incertitude. Quelques regrets. La quiétude. La rancœur qu’étrangement, ils partageaient. Mais le plus dominant demeurait l’amour ; la passion et l’indispensabilité, le manque malgré la présence, l’envie malgré le doute.

Ainsi, il avait débuté et achevé une très courte nouvelle. Elle n’avait pas forcément le mérite d’être publiée, sans doute écrite maladroitement, mais elle l’avait au moins diverti pendant cinq bonnes heures. En relevant le nez, Uren constata qu’il avait inconsciemment allumé sa lampe entre-temps : la nuit avait envahi les alentours et plongé une bonne partie de la ville – les enfants en majorité - dans le sommeil. Pendant cinq secondes, il resta immobile, navigant dans un silence si peu fréquent, bientôt brisé par une voiture qui passait par-là.

Cependant, la fatigue ne l’avait point gagné. Sa montre indiquait pourtant vingt-trois heures dix-sept. Ses pensées semblaient encore trop englouties par ses derniers mots pour lui laisser une nuit de répit. Uren opta alors pour une douche. Précautionneusement, il retira et plia son veston, sa chemise, son pantalon ; en bref, tout son accoutrement qui finit rapidement dans son armoire, puis il enroula une serviette à sa taille et se dirigea nonchalamment dans sa salle de bain. Il laissa allègrement l’eau chaude caresser sa peau, le savon parfumer son corps, ses cheveux devenir un rideau naturel et trempé. Il en sortit revigoré, propre et à l’aise, si bien que, pour ne point gâcher cette légèreté, il fit l’exception de se vêtir uniquement d’une chemise noire à manches longues sur un pantalon noir. Premier bouton ouvert, col plié, chemise en l’air, les cheveux tombant en cascade sur ses épaules, chatouillant délicatement la fin de ses omoplates – voire un peu plus loin. Uren se sentait rarement aussi bien. Il s’agissait sans doute du départ de ce chagrin enfoui. Il dormait mieux, il vivait mieux depuis que Deneb avait abandonné sa place dans son cœur afin d’y accueillir du vivant.

Uren voulut profiter de cette soirée. Il se munit de sa montre, plaça sa veste trois-quarts sur ses épaules – sans entièrement l’enfiler – et, adressant un dernier regard à son lieu de vie affectionné, il traversa la porte.

Minuit cinquante-neuf. Une heure. Il passa toutes ces bonnes minutes à gambader à travers la ville, souriant et saluant tel qu’il avait pour habitude de faire. Malgré son revêtement sombre, peu de personnes se méfièrent de lui et certaines lui avaient même répondu. Parfois de manière vulgaire – rien, en soi, de bien choquant. C’était la nuit, après tout ; moment de la journée dédiée aux fêtards et aux jeunes décontractés. D’autres en profitaient pour faire la fête occasionnellement. La nuit est le moment où les lumières jouent merveilleusement bien leurs rôles, où les fêtes prennent vie, où la timidité n’est plus un obstacle à l’amusement.

Mais il était temps de rentrer. Le court moment de force miraculeuse s’était dissipé en un coup de barre monumental. En tant que médecin, il conclut que ce fut le temps que son cerveau se rende compte de l’heure et de la situation – il n’écrivait plus. Uren rebroussa chemin alors que ses jambes ne le tenaient plus vraiment. Au bout de cinq minutes, sa vue se brouillait par la fatigue, sa tête devenait lourde, ainsi que ses paupières. Il passa du rayonnement au fantôme, paraissant soudainement plus vieux, […] soudainement plus frêle.

Le passage qu’il emprunta le fit passer devant le cimetière. Ce qui l’avait interloqué en premier était le portail ; grand ouvert, malgré l’importance de ces lieux. Trop épuisé pour trouver un nouveau sujet de débat, Uren ne put que se remémorer ces histoires de vol de cadavre ; c’étaient généralement de jeunes recrues en médecine qui voulaient personnellement s’entraîner… Et ce fut à cet instant qu’il aperçut cette silhouette. Loin, indistincte, floue. L’obscurité lui interdisait néanmoins la vue des couleurs.

Et le doute s’insinua dans sa tête.

Lentement, à pas feutrés, il s’approcha de l’inconnu. Lorsqu’il fut à trop courte distance pour être sûr de ne pas se faire remarquer, il s’arrêta net et l’observa. Dubitatif. Sceptique. Pourquoi restait-elle là, planté comme une image ? Tant pis. Uren réfléchit tout de même. En regardant son aura, il vit ce vert foncé, ce vert qu’il détestait observer. Ça lui serrait le cœur à chaque fois ; ça le bombardait, ça le touchait comme une fusillade acharnée, assoiffée de réconfort, pleurant sa détresse, sa solitude, son passé à moitié vide. Une aura qui n’avait rien de malveillant, juste ce besoin de trouver un refuge. L’écrivain en grimaça de peine.

Or cette personne devait comprendre qu’un tel endroit, à une telle heure, était d’une sûreté déplorable. Il ne se posa pas plus de questions, ni-même si cet individu savait se défendre ; il fonça en faisant assez de bruits pour signaler sa présence, attrapant ensuite l’inconnu de face par son tissu à l’extérieur des bras. Il avança du côté gauche, recula brusquement du côté droit en visage, de son pied gauche soudainement libre, le genou de l’individu dans le but du déséquilibre. La voix de son professeur revint dans sa tête. Hiza Garuma, disait-il.

Mais au dernier moment, il lui attrapa le bras en glissant son autre main dans son dos, car il ne le laisserait pas tomber. Juste lui faire comprendre.

Fin alternative retirée. ♥

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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Sam 12 Mar - 12:52

5 years

Tadashi Kogane & Uren X. Battle

Des fleurs, mortelles ou immortelles pour les défunts je n’en ai jamais compris. Je vois le montage de fleurs artificielles sur sa tombe et je sais que cela vient de sa famille, une piètre tentative d’honorer un être aimé, de se sentir mieux, de combler le vide. Charles se décompose là dessous, dans un cercueil un peu étroit et je ne pense pas qu’il en ait quelque chose à faire d’avoir des fleurs sur sa tombe ou de ma visite. En réalité, nous faisons tout ça pour apaiser notre conscience, notre chagrin, notre culpabilité.

C’est stupide.

Je sais ça et pourtant je suis là. J’aurai aimé pouvoir parler. Lui parler. Mais le faire à voix haute me paraît si idiot, alors je le pense juste très fort. Je suis désolé Charles. Vraiment désolé. Mais parfois je vais t’oublier. Peut-être que je finirai par t’oublier pour de bon. Lâcher prise. Te laisser partir. Je suis désolé.

J’expire profondément et je ferme les yeux un instant. C’est douloureux. Un peu. Dans un coin de ma poitrine. Pas de guérison sans blessure, c’est ce que je me dis pour me rassurer. Soudainement j’entends un bruit, quelqu’un s’approche, à haute vélocité. Deux pas. Humain, pas animal. Je me tourne vers la source du bruit mais c’est déjà trop tard. Un bref flash de lumière l’éclaire à peine un visage pâle avant que mon téléphone ne s’écrase sur le sol. Pas le temps de contrer sa prise, l’assaillant ma pris par surprise et je me retrouve immobilisé. Il sait ce qu’il fait, pas de faille dans sa prise, tomber aurait été ma seule solution pour m’en défaire mais m’aurait mis en position de vulnérabilité. Par contre si cet individu avait vraiment voulu me faire mal, me tabasser ou m’assassiner, il s’y serait pris autrement. Son hésitation m’indique que peut-être, son but différent. D’une voix ferme et sérieuse, je déclare :

Je vous informe que vous venez d’agresser un membre du corps de police, si j’étais vous j’arrêterais immédiatement.



Il est seul. Si ses intentions étaient malveillantes, je serai capable de le neutraliser. Mais avec mon avertissement il relâche sa prise et me permet de me redresser. Je m’empare de mon téléphone qui gisait sur le sol pour éclairer le visage de mon agresseur. Je braque la lumière son visage. Un teint livide, de longues mèches déteintes encadraient ce visage anémique, serti de deux iris d’un bleu gris décoloré. Le visage terne d’un fantôme, sans aucun doute, mais au lieu de m’inspirer de la peur, c’était de la surprise. Je connaissais ce visage. Je l’avais vu planer au dessus de moi. Il y a 5 ans. Je baissais la lumière qui devait l’éblouir pour articuler dans ma langue maternelle :

Infirmier Battle ? C’est vous ?



Question rhétorique, c’était bien lui. On n’oublie pas le visage d’un poète maudit. On n’oublie pas ces yeux qui se baladent et regardent différemment un reflet dans une flaque d’eau ou la poussière qui danse dans la lumière. Comme on n’oublie pas les gestes, les mains qui vous soignent, vous lavent lorsque vous êtes dépouillé de toute dignité. Mais surtout je n’avais pas oublié sa voix, son accent. Je me souviens lui avoir demandé : Continuez de parler, même de n’importe quoi. Je pourrais écouter cet accent pendent des heure. C’était mon divertissement, mon point d’ancrage, quelque chose sur lequel je pouvais me focaliser au lieu de dépérir.

D’un seul coup j’étais détendu et je reprenais d’un ton beaucoup plus amical :

Vous vous souvenez de moi ? Kogane, Tadashi.



J’étais désormais très différent du Tadashi qu’il avait connu. Et il avait sûrement eu des tonnes de patients depuis. Mais j’espérais qu’il se souviendrait de moi. Nous avions partagés de longues conversations - j’aimais croire un peu plus que n’importe quel patient.

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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Sam 12 Mar - 19:59

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« Je vous informe que vous venez d’agresser un membre du corps de police… »

Sur le coup, Uren ne se soucia pas des paroles. Qu’il eût agressé, à cet instant précis, un policier comme un catcheur, ou il ne sut quelle autre tête potentiellement dangereuse, il aurait ignoré les risques et sans doute aurait-il songé à quelque échappatoire si cela avait été le cas, […] mais il n’était plus ici question de force ou de rapidité pour disparaître aussi vite que l’on soit apparu : il s’agissait d’une étincelle de souvenir dissimulée dans cette voix. Encore fallut-il déterminer laquelle. Avec qui avait-il pu discuter pour que ce timbre empoigne sans obstacle son cœur ? Le souvenir gonflait, saisissait, lui laissait croire qu’il avait commis le crime de brouiller l’image d’un individu qu’il avait pourtant apprécié. Et, quelque part, il s’en sentit mal à l’aise. Légèrement triste. Voire déçu de ce fait. Déçu de lui-même. Sa curiosité le fit regarder la personne de haut, intrigué, scrutant le peu que l’obscurité lui permettait de voir.

« …Si j’étais vous j’arrêterais immédiatement. »

Rien ne lui prouvait ses dires. Uren décida néanmoins de suivre ; l’avertissement – enfin, le conseil –ne fut pas le seul à le faire lâcher prise : c’était principalement cette impression de connaître cette voix qui l’encouragea à le laisser. Alors il retira la main qui coinçait son dos et tira doucement son bras pour l’aider à se relever, restant toutefois méfiant. Après plusieurs observations, il savait que l’humain avait, généralement, cette habitude de riposter malgré l’égalité. Par rancune. Parfois, par orgueil. Peu importe, lorsque l’inconnu s’était redressé, Uren se dressa en posture droite, croisa simplement les bras, le regard ne le quittant pas. L’inconnu alla cependant chercher un effet personnel, sur quoi l’écrivain relâcha sa garde et se détendit. Il regarda ailleurs, cherchant la lune sans doute, ainsi que les éclats de quelques habitants du ciel.

Soudain, une lumière s’acharna dans ses yeux meurtris de fatigues. En dirigeant brutalement ses prunelles sur la source, Uren fut ébloui, plissa les yeux, détourna légèrement la tête afin d’atténuer l’ampleur de la vive brillance. Il tentait vainement de percevoir le visage de cet inconnu. Hélas l’obscurité parut plus sombre et plus effrayante que jamais, autour du seul point de lumière qui, en attendant, lui abîmait l’œil épuisé. Il faillit supplier l’arrêt de cette géhenne, mais elle prit fin aussitôt.

« Infirmier Battle ? C’est vous ? »

Cette voix. Non seulement Uren fut étonné que son interlocuteur l’interrogea en sa langue natale, mais le détenteur de cette voix le connaissait donc pareillement.
L’écrivain ferma les yeux. Il ferma les yeux face à la fatigue, la douleur, l’assèchement de sa peau oculaire. Il ferma les yeux pour feindre l’éblouissement et tout ce qui pouvait le perturber. Cette voix… Une douce lumière lui revenait en mémoire. Une lueur vivante là où plusieurs s’abandonnaient ou se battaient contre l’agonie. Cette voix le ramena à quelques temps auparavant, quand il vagabondait dans sa blouse, dans des couloirs, entre des cris, des toux, des appels au secours de ceux qui ne pouvaient plus parler. Cet endroit envahi de supplications, de plaintes, de batailles intenses. C’était un endroit où les à dieux et les retrouvailles se faisaient, entre ceux qui avaient frôlé la mort, ceux qui l’avaient acceptée et les quelques âmes qui étaient encore capables d’espérer.

« Vous vous souvenez de moi ? Kogane, Tadashi.
- Kogane… Tadashi… » répéta-t-il plus perplexe.

Et comme par magie, ça lui revint. Il traversait tout l’hôpital avec une robe pliée à son bras afin d’aller s’occuper d’un patient particulier : Tadashi Kogane. Sa chambre se trouvait au bout du couloir et c’était la seule qu’Uren appréciait pénétrer. Elle lui épargnait la souffrance des malades et l’odeur maladive y semblait atténuée. Le patient était calmement posé sur son lit, les yeux rivés sur un paysage quelconque ou une occupation donnée. Puis il y avait ces mots qui les avaient rapprochés. Continuez de parler, même de n’importe quoi. Je pourrais écouter cet accent pendent des heures. Alors Uren continuait. Il résumait parfois ses livres en passant un tissu humide sur son corps, ou lui contait quelques anecdotes en redressant son oreiller. Il leur arrivait de parler de tout et de rien, de rire, de briser cette ambiance mourante des murs blancs tâchés par les décès. Juste pour passer le temps. Juste pour oublier un peu ce qui les morfondait. Il y avait cinq ans.
Comment avoir pu oublier. En s’en rendant compte, Uren inspira un grand coup, agréablement surpris.

« Je… » lança-t-il en anglais avec un petit rire nerveux.

Il se souvint lui avoir dit au revoir. Il n’avait aucune idée du temps que le patient allait encore passer dans cette chambre en quittant son poste d’infirmier pour un autre hôpital où un meilleur grade, après test, l’attendait. Il lui avait douloureusement dit au revoir en lui souhaitant un bon rétablissement, puis il avait disparu. Tout simplement.
Uren décroisa ses bras ; il mena sa main gauche à sa hanche tandis que son bras droit vint s’appuyer contre son torse, permettant alors à sa main de couvrir un minimum son bogue émotionnel. Comment réagir en retrouvant une personne tant appréciée, en étant fatigué dans un cimetière ? Il ne savait point.

« Votre visage, votre nom et votre image me reviennent, oui, » dit-il, adouci.

Cependant incapable de résister, Uren abandonna ses bras le long de son corps, releva une main et se frotta l’œil droit mécaniquement dans le but de le tenir un peu plus éveillé, puis il en fit de même pour l’œil gauche, avant de joindre ses mains derrière son dos. Il hocha lentement la tête, comme pour se convaincre lui-même de ce qu’il voyait. De ce qu’il vivait. Il avait l’impression de rêver ; ce qui l’en dissuadait était ses membres engourdis.

« Quelle surprise, mon cher. Vous devez m’en voir ahuri, » ajouta-t-il finalement, accompagnant ses mots d’un sourire légèrement embarrassé.

Il remarqua d’ailleurs, lorsque la fraîcheur de l’heure le fit tressaillir, que sa veste était tombée, à quelques pas de là, dans sa course. Il alla doucement la ramasser et la posa sur ses épaules, soulagé. Il n’y avait qu’un reste de chaleur, mais petit à petit, le tissu se réchaufferait.

« La vie a-t-elle ravivé votre esprit, désormais ? »

Tant de questions, qu’il n’osa pas poser par politesse, piétinèrent sa tête. Combien de temps était-il resté après son départ ? Comment allait-il, depuis ? Quant au métier, comment s’y fut-il réhabitué ? Il se contenta de lui adresser un regard calme, fatigué mais calme, empli de bienveillance, ainsi qu’un sourire qui lui était propre.

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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Dim 13 Mar - 13:10

Eyes on Fire

Tadashi Kogane & Uren X. Battle

C’est marrant. Normalement j’aurai dû dire quelque chose comme: "Je suis sûr que vous vous souvenez de moi, je suis inoubliable”. Oui, c’était ce que j’avais l’habitude de dire. Mais cet homme, ce spectre venait d’un autre temps, presque d’une autre dimension. Au moment où je n’étais pas inoubliable, où j’essayais de me mêler à l’ordinaire, de ne pas attirer l’attention. A l’époque où je n’étais qu’une ombre, terne, un être misérable débordant de haine et de dégoût pour soi même, rempli de doutes et de culpabilité. Alors, et mon coeur se serra un peu à cette idée, peut-être qu’il m’avait complètement oublié. Comme j’allais oublier Charles un jour.

5 ans, c’est suffisant pour oublier un visage, une voix, un nom.

Il répéta mon nom et mon coeur battait avec appréhension. Il ne se souvenait probablement pas de moi, un visage, un nom parmi des milliers. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Mais pourquoi je me sentais soudainement si affecté ? Peut-être parce qu’il s’agissait d’un revenant d’une époque révolue, celle où j’étais au plus bas. Et le revoir réveillait des souvenirs, des sensations. C’était probablement l’alcool qui me rendait sentimental. J’étais sur le point d’abandonner, de lui dire que ce n’était pas grave et d’enchaîner quand il éclata d’un léger rire. Dans l’obscurité je pouvais difficilement discerner les détails de son visage, mais quelque avait changé, dans sa position, dans son rire nerveux qui s’achevait sur un soupir fatigué. C’était étrange. Je n’avais connu que ses rires polis, ses rires maîtrisés ou encore ses rires parfois sincères. C’était nouveau.

Avec soulagement j’apprenais qu’il se souvenait de moi. Mes lèvres s’étiraient en un sourire qu’il ne pouvait probablement pas voir non plus. Il enchaîna en exprimant sa surprise. Il n’avait pas tellement changé. A part les qu’il avait troqué sa tenue d’infirmier pour s’habiller en noir, ce que j’approuvais en silence. Avec son teint, c’était ce qu’il fallait porter. Le contraste blanc et noir, éternelle valeur sûre. Ce qui n’avait pas changé en revanche, c’était son accent, sa façon de parler, so british, si mesurée, polie et indirecte. Quand Uren Battle ouvrait la bouche, c’était presque une ode à l’ancien empire britannique que l’on pouvait entendre, une symphonie d’un autre temps. Alors quand il exprimait sa surprise en me disant my dear, j’éclatais d’un léger rire. C’était rafraîchissant.

En c’est une agréable surprise. Je ne m’attendais pas à me faire agresser dans un cimetière par mon ancien infirmier. Vous faîtes ça souvent ? Parce que si vous vouliez que je vous passe les menottes, il suffisait de demander gentiment ~

ajoutais-je par plaisanterie.

C’était un peu étrange, comme rencontrer un vieil ami perdu de vue. Quoi que le terme “ami” n’était pas correct, nous n’avions jamais été complètement intimes comme deux vieux amis peuvent l’être. Nous étions un peu enfermés dans ces murs, dans nos rôles respectifs. C’était la raison pour laquelle nous nous adressions l’un à l’autre avec politesse même si - de mon côté du moins - le plaisir de lui parler à nouveau était authentique.C’était difficile de reprendre mà où nous nous étions arrêtés, 5 ans après. Même dans ces circonstances plus qu’étrange. Je me demande ce qu’il faisait ici. A la recherche d’inspiration ? Mais mon ancien infirmier s’inquiétait de mon état mental, c’était logique, vu l’état dans lequel il m’avait quitté. J’acquiesçais avec un sourire, appréciant son inquiétude à mon sujet même si je comptais le rassurer immédiatement.

Oui, je vais parfaitement bien, merci de vous en inquiéter. Il s’est passé tellement de choses depuis la dernière fois que nous nous sommes vus… mais je ne suis pas sûr que ce soit le moment, ni l’endroit adéquat pour une si longue conversation.

 

J’aurai pu le bombarder de nouvelles informations personnelles s’il le désirait, mais mon interlocuteur semblait un peu fatigué et je ne souhaitais pas l’accabler avec des détails. Nous venions de nous retrouver. Je le regardais avec une certaine tendresse qui se répercuta dans ma voix, soudainement plus douce :

Et vous, comment allez vous ? Avez-vous trouvé ce que vous recherchiez ?



Je le regardais, essayant de déceler le moindre indice. Etait-il heureux? La dernière fois que nous nous étions vus, il partait voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Avait-il trouvé son bonheur ? J’en doutais, vu sa présence ici, à cette heure, à errer parmi les morts. Mais j’espérais que je me trompais.

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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Sam 19 Mar - 16:50

Simple
Five years.
L'avalanche sans larmes d'un esprit solitaire.
ft. Tadashi Kogane.
Ʃkaemp はは ™

Chaque seconde des quelques heures qu’ils passaient ensemble lui revenait en mémoire, parfois floue comme une vision brouillée de larmes, parfois claire comme de l’eau de roche. C’étaient des heures mémorables dans une ambiance rembrunie de décès et de pertes, de larmes, de regrets. Quelques heures de partage, de liberté, et pourtant conventionnelles, pendant lesquelles Uren pouvait discuter comme il l’entendait, en assimilant chaque mot, chaque intonation digne d’une émotion, chaque remémoration de lourds évènements, et non « discuter » avec un pauvre corps en agonie qui monologue son histoire en quelques fiels chargés d’amour perdu, de caprices malséants. En fermant les yeux, Uren pouvait imaginer son chemin ; il prenait le regard de l’infirmier d’il y a cinq ans, sentait la poignée qu’il saisissait et tournait, et vivait encore les quelques pas qu’il effectuait sur un « Salutations, mon cher patient éveillé, si je puis me permettre » refermant derrière lui la limite entre l’hôpital et la chambre de Tadashi Kogane. Puis il s’approchait, s’installait sur le siège près de son lit d’hôpital et lui adressait ce sourire discret et impavide. Il plongeait dans cette quiétude propice à la vie, dans un lieu où la Mort sommeillait à son siège.

C’était une époque à la fois saine et malade, le parfait équilibre entre la force et l’alanguissement, l’une des rares ententes entre l’abjection et l’espoir. Tous deux étaient là, discutant de tout comme si de rien était. Les rires pouvaient danser sincèrement avec le passé, la mélancolie y mêlant souvent son chant. La chambre ne vivait pas d’actions, mais de sentiments ressortis, d’émotions venues et tapies derrière leurs regards d’adultes. Lorsqu’ils ne parlaient plus le temps de quelques secondes, leurs sourires ou leurs prunelles le faisaient à leur place. Il n’y avait jamais eu besoin de chercher plus loin. Les réponses et l’aise venaient d’elles-mêmes, d’un naturel jusqu’alors inouï, là où les questions n’existaient plus réellement. Les tourments se transformaient en de vagues mots égarés ; la joie, en quelques symphonies mal accordées, et, d’un rire assuré, Uren exprimait modérément son amusement. Et ainsi furent l’infirmier et le patient, cinq ans auparavant ; de parfaits inconnus, connus de leurs mots, n’ayant rien d’autre que l’image et l’expression de l’autre pour preuves de leur existence.

Comment avoir pu oublier tout cela ? Comment avoir réussi à s’en aller, après un dur au revoir ? Comment avoir trouvé le courage de remplacer quelques semaines de paix par cinq ans de monotonie ? Quelques semaines qui, entendant ce cher Tadashi Kogane rire, s’étouffèrent en une brève nostalgie. Uren se joint doucement à l’humour de son ancien patient : sa plaisanterie créa chez lui un rire léger et maîtrisé ; ce rire qui était propre au Mister Battle que tous connaissaient. Un rire doux et laconique, ressortant chez lui les mœurs désuètes d’une lointaine noblesse. Si quelque chose avait dû changer chez son patient, ce n’était certainement pas sa capacité à alléger l’ambiance.

« Oui, je vais parfaitement bien, merci de vous en inquiéter. Il s’est passé tellement de choses depuis la dernière fois que nous nous sommes vus… mais je ne suis pas sûr que ce soit le moment, ni l’endroit adéquat pour une si longue conversation. »

Les seuls mots qui heurtèrent vraiment Uren furent « Je vais parfaitement bien ». Ça lui arracha un sourire soulagé ; quelque part, il se sentait tout de même coupable d’avoir laissé son patient au beau milieu de son rétablissement. Il fut heureux que celui-ci s’en soit sorti à merveille ; ne serait-ce que son ton paraissait plus souple. Mais, d’une autre part, il osait se demander le contraire ; est-ce que Kogane irait-il véritablement bien, malgré sa présence dans le cimetière ? Si les souvenirs d’Uren étaient bons, cet individu était arrivé à l’hôpital, accompagné du corps inerte de son ami. Il se fia cependant à ce que lui disait son interlocuteur, préférant garder en tête une information positive. Si quelque chose n’allait pas, il laisserait Kogane en parler de lui-même.

« Et vous, comment allez-vous ? Avez-vous trouvé ce que vous recherchiez ? »

Le ton de son interlocuteur s’était étrangement adouci et toucha directement le cœur de Uren. Le médecin en fut agréablement saisi. En réfléchissant posément sur la question, Uren enfila entièrement sa veste ; il glissa ses bras dans ses deux manches, l’ajusta, et rangea ses mains dans les poches du vêtement. Une fois bien couvert, il garda encore son silence, se dirigeant vers la tombe que son ancien patient observait. Il s’agenouilla à une bonne distance et contempla la silhouette de la pierre tombale déformée par la pénombre de la nuit.

« La bonne conviction suffit, parfois, finit-il par répondre calmement. Je cessai de chercher l'inconnu, ce fut ainsi que je trouvai ma quiétude qui, depuis, n’a pris aucun point. Alors, oui, j’ai trouvé. »

Il ne réussit pas à lire ce qui était écrit sur la pierre. Il se contenta d’un sourire, approuvant en silence les possibles raisons qui avaient guidé Kogane jusqu’ici.

« Nous parlerons, cher Kogane, continua-t-il d’un ton plus bas et posé. A la moindre envie, même inconsciemment, nous parlerons de ces cinq ans. Notre dernier regard remonte tout de même à mon départ, sur un au revoir loin d'être apaisant, » ajouta-t-il avec une pointe de culpabilité.

Puis il s’éclaircit la voix, adoptant un air un peu plus curieux : « Dîtes-moi, ne cherchez-vous pas une chose ? »

Sur ses mots, il se tut et ferma les yeux par respect pour le défunt, complétant sa question intérieurement. Ne cherchez-vous pas la paix ? L’abandon ? Un refuge ? Serait-ce la raison de votre venue dans un cimetière ? Le temps avait changé chaque personne, se disait-il. Une amitié nous permet d’évoluer avec un ami. Est-il possible de tisser un nouveau lien, avec une personne que l’on connait, qui n’est cependant plus réellement la même ? Nonobstant l’allure plus vivante de son ancien patient, Uren tenta d’aborder un sujet qui les aurait auparavant animés. Au fond, il ressassait un passé perdu, récupérant en morceaux les quelques semaines qu’il aurait pu passer en plus avec lui.

« Votre ami chante-t-il encore dans vos rêves ? » demanda-t-il, d’une douceur infinie. Uren supplia le ciel pour que son ton fût assez clair afin que Tadashi ne prenne pas ses mots pour une remarque de faiblesse. Son âme ne pouvait que comprendre la moindre détresse d’un individu que l’on perd subitement ; il n’y avait aucun signe de faiblesse à vouloir rencontrer un ami perdu, juste du chagrin et de la volonté. Sur quoi il rouvrit les paupières et se releva, faisant face à Kogane. Il guettait son regard malgré l’obscurité soudainement prenante. Quasiment impossible.

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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Dim 20 Mar - 16:02

5 years

Tadashi Kogane & Uren X. Battle

J’avais le sentiment que… nous n’étions pas au bon endroit. Pas au bon moment, non plus. Cet homme que j’avais connu il y a 5 ans, dans cette atmosphère étouffante et aseptisée, ne portant uniquement du blanc, dans un monde blême, comme un fantôme se trouvait devant moi, en chair et en os. Au milieu de ce cimetière plongé dans l’obscurité, habillé en noir, il me donnait une toute autre impression. C’était….étrange et dépaysant.  Mais lorsqu’il parlait j’étais immédiatement rassuré, la même voix, le même accent.

Nous avions partagés des moments, des opinions, des idées. Et si ces rires et ses mots me paraissaient polis, derrière cette apparence professionnelle, un peu distante et ce ton un peu snob ( il fallait l’avouer), je savais qu’il y avait quelque chose d’unique, de sincère et d’authentique. Mais ici le contexte était différent, nous n’étions plus patient et aide médicale. Le rapport de force était égal - il n’était plus obligé d’être plaisant ou inquiet. Plus d’obligations, plus de repères. Je me retrouvais dans ce flou qui entourait parfois certaines relations et qui demandait d’y avancer à tâtons, de se redécouvrir.

Mon ancien infirmier reprit ce rire poli pour répondre à ma plaisanterie. Non, malgré le changement de décor et de costume, il ne semblait pas différent. Moi en revanche... Je ne pouvais pas en dire autant. Quand je lui demandais s’il avait trouvé ce qu’il cherchait, sa réponse énigmatique ne me décontenança pas. Au contraire j’arborais un sourire un peu malicieux.

Vous parlez encore dans cette mystérieuse poésie.

 

Ca n’avais pas changé, quand il ouvrait la bouche, c’était une voix d’un autre monde qui coulait, un monde fossilisé et archaïque certes, mais tellement unique qu’on ne pouvait pas réellement lui en vouloir de s’exprimer de la sorte.  Derrière sa façon si opaque, si hermétique de s’exprimer, il semblait aller bien. Il prétendait avoir trouvé ce qu’il cherchait mais je doutais qu’il soit entièrement satisfait. De la même façon que j’allais bien, certes, mais qu’il manquait toujours quelques pièces à mon puzzle.

Monsieur Battle, en tout cas ne se fit pas prier pour exprimer son opinion, son envie de rattraper le temps perdu. C’était un peu surprenant mais en même temps, cette réciprocité inattendue réveilla chez moi un nouveau sentiment, comme le vent qui se lève. J’avais présumé qu’avec le temps et la distance, le lien que nous avions établi, en nouant ensemble quelques bouts de ficelles, des bribes de rêves, d’idées, des mensonges, des vérités, des aveux de faiblesses et de volontés s’était doucement effiloché. J’avais pensé que ce qui nous avait uni n’avait plus lieu d’’être et qu’à ses yeux nous étions devenus des étrangers. Je m’étais trompé. Et je ne m’étais jamais senti aussi bien de m’être trompé.

Et il exprima aussi son sentiment de culpabilité. Il n’avait pas lieu d’être. Vraiment. Je m’apprêtais à le lui dire quand il me retourna la question. Je m’y attendais et je marquais une pause, lui souriant paisiblement dans l’obscurité. Il me demanda alors si mon ami chantait encore dans mes rêves. Deux questions, pour une réponse. D’un geste, j’éclairais la tombe de Charles avec mon téléphone, me tournant vers la sépulture.

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais il me semble vous en avoir parlé. C’est Charles, mon partenaire, celui qui est décédé dans l’accident.



Je regarde une nouvelle fois la tombe, éclairant en particulier sa photo et j’ajoute avec une pointe d’enthousiasme :

Je vous avais bien dit qu’il déchirait cette moustache !



Sur un ton plus neutre, je poursuivais :

Un des officiers est parti à le retraite aujourd’hui. Alors on a tous fêté ça. On a tous ressassé des souvenirs, des histoires.



Je marquais de nouveau une pause. Ressasser des souvenirs ou invoquer des fantômes ?

Alors je suis juste passé voir un vieil ami que j’avais un peu oublié.



J’arrêtais d’éclairer la tombe pour m’éclairer à mon tour, éclairer partiellement mon visage paisible, avec cet éternel léger sourire

Alors vous voyez ? Je vais bien. Juste un peu triste, non. Un peu coupable d’avoir déjà commencé à l’oublier. A le laisser partir. Mais ça va aller. Il ne me hante plus.



Je fermais les yeux un instant, ressentant la brise de vent fraîche me secouer. It’s fine. Really fine. J’abandonnais mon air sérieux et serein qui me donnait l’impression d’être trop réel, trop vrai, trop vulnérable et j’adoptais la même posture que d’habitude. Celle du petit diablotin que j’étais. Je fronçais légèrement les sourcils et je prenais un ton amusé :

Ce qui me hante, en revanche, ce sont les raisons pour lesquelles vous m’avez attaqué. Vous… vous croyiez que je faisais quoi au juste ? Je suis curieux.




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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Sam 26 Mar - 10:05

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Five years.
Doux chemin voilé du deuil.
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« Vous parlez encore dans cette mystérieuse poésie. »

Uren sourit. Faiblement, mais il sourit. Il y joignit ses pensées les plus douces et l’absence la plus cruelle dans un étirement habituel des lèvres. Ce furent des mots qui animèrent soudainement un soulagement dont il ne soupçonnait même pas la possibilité ; des mots finalement joueurs, mêlant un passé éteint et un présent plus qu’étrange. Mais il constata que le temps ne fut pas assez puissant pour retirer à Kogane ce qu’il lui avait laissé ; un reste infime du passage d’un inconnu. Ni le moindre objet, ni la moindre douleur ; juste quelques paroles qu’il décrivait par le biais de quelques mots, cette mystérieuse poésie, qui furent eux-mêmes familiers à cette époque. Kogane, mes mots n’ont donc pas franchi la barrière de vos souvenirs. Il était heureux ; la part la plus importante chez lui n’avait pas été oubliée.

Les quelques jours où l’obscurité menait son cœur au terminus d’une géhenne ne survenaient généralement qu’en période plus difficiles, quand, de pensées tardives, il arrivait à cet écrivain de perdre toute inspiration et tout enthousiasme, se plongeant ainsi dans une symphonie douce dans laquelle il flânait un instant, ressortant une tendresse enfouie, une envie de caresser un air quelconque à l’orée d’un instrument. Alors il abandonnait sa plume sur son bureau, enfilait une écharpe et sa veste, puis il sortait dans le but de trouver un lieu paisible où l’âme pouvait sommeiller seule et s’y soigner, écartée du cœur et de la raison. Or, les pieds posés sur une terre où s’exhalaient peu à peu les derniers esprits, l’écrivain eût l’impression de plonger dans un de ces jours indécis sans pour autant chercher la solitude. Il fouillait cette obscurité qu’il avait pour habitude d’ignorer, plissant les yeux, implorant la lune de lui accorder un rayon supplémentaire afin de percevoir ne serait-ce qu’une parcelle de ce souvenir revenu. Il cherchait ces deux perles vertes, ce regard qui faisait son courage le temps de quelques semaines, ce visage qui l’accueillait dans cette chambre où étincelait la vie malgré son terne et fragile éclat. Il voulait voir de lui-même les changements qui y avaient été apportés en cinq ans ; une lueur, un sentiment, un sourire peut-être.

En lui répondant, Tadashi éclaira la pierre tombale devant Uren qui suivit le sens des rayons. La lumière dévoila la couleur mortuaire de l’ornement, quelques caractères sculptés et la photographie d’une personne.

« Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais il me semble vous en avoir parlé. C’est Charles, mon partenaire, celui qui est décédé dans l’accident.
- Oh, » appuya-t-il dans le souvenir de ce nom.

Alors voilà pourquoi. Charles. Bien sûr qu’Uren s’en souvenait. L’atmosphère avait chuté quand il avait vu deux corps arriver ; un mal en point, l’autre inerte. En franchissant un jour le seuil de la chambre du survivant, il avait décelé cette aura dévastée, ce vide profondément marqué sur son visage. Ses yeux pleuraient invisiblement de sentiments sombres ; de la culpabilité, le trouble dû au choc, peut-être de la haine en son fond. Uren eut un pincement au cœur, n’ayant lui-même point l’expérience pour se mettre à sa place.

Puis, Charles, lorsque son aura se fit moins obscure,  ce nom sembla faire le seul point d’accroche de Tadashi pendant un bon moment. Ils ne tournaient pas souvent autour de ce sujet, mais Uren s’imaginait sans mal, de par l’expression de son patient et ses yeux voilés d’une lueur égarée, que cet ami maîtrisait sa gorge, accompagnait sa voix et lui posait une main sur l’épaule, l’incitant à poursuivre ses dires, à sourire, à rire comme à pleurer. Ce fut quasiment impossible de se persuader qu’il n’avait bel et bien qu’une personne en face de lui, que l’autre n’appartenait plus à ce monde. Et, cette fois, il put voir ce à quoi il ressemblait avant de finir sous terre. Il put interpréter une nouvelle image de lui auprès de Tadashi Kogane, plusieurs années auparavant, dans leurs costumes et leur rôle.

« Je vous avais bien dit qu’il déchirait cette moustache ! »

Retour au présent. Ce ton légèrement plus enjoué allégea son inquiétude. Uren hocha doucement la tête en tant qu’approbation. La moustache lui allait bien ; c’était bien cette image virile qu’il attendait, mais il ne s’attendait pas à voir cette lueur dans ses yeux, même à travers une photo. Charles n’était plus là, mais indirectement, il leur parlait encore. L’écrivain, attendri, en sourit.

« Un des officiers est parti à la retraite aujourd’hui. Alors on a tous fêté ça. On a tous ressassé des souvenirs, des histoires. »

Uren scrutait Charles – ou, du moins, l’illusion que lui donnait cette photo – en se demandant si, quelque part, l’âme du défunt pouvait leur faire signe de sa présence.

« Alors je suis juste passé voir un vieil ami que j’avais un peu oublié. »

Oublié ? Intérieurement, l’observation de Uren fut interrompue. La fatigue lui revint en mémoire, ainsi que l’heure et l’endroit où il demeurait. Il cligna deux-trois fois des yeux, s’accommodant à l’obscurité qui s’était réinstallée autour de la photo et des questions qui commençaient à le gagner. Charles est parti, et nous n’apercevrons plus cet aspect vivant lorsque nous l’aurons accepté, conclut-il. Quant à lui, son seul lien avec Charles était cette lointaine détresse de Tadashi.

« Alors vous voyez ? Je vais bien. Juste un peu triste, non. Un peu coupable d’avoir déjà commencé à l’oublier. A le laisser partir. Mais ça va aller. Il ne me hante plus. »

Puis il se tourna.
Et son cœur fut frappé.
Cette détresse qui n’existait plus. Il y avait là, en face de lui, un autre homme plus frais, moins alourdi par le chagrin, en pleine forme. Un homme qui lui souriait, emporté par le lever d’un vent nouveau. Il ne restait de ce patient que ce sourire, cette brèche dans un bâtiment dévasté de souffrance. Il y avait toujours ce contraste en lui, entre l’ambiance funéraire du cimetière et ses lèvres étirées. Le patient qu’il avait difficilement laissé était… guéri.

« Ce qui me hante, en revanche, ce sont les raisons pour lesquelles vous m’avez attaqué. Vous… vous croyiez que je faisais quoi au juste ? Je suis curieux. »

Uren bogua deux secondes avant de rire doucement. Il était touché. Vraiment.

« Je n’ai jamais rien vu de plus beau qu’un sourire illuminant un visage autrefois dévasté, » dit-il pour lui-même, accompagné d'un tendre sourire absent sans répondre à la question. C’était la même phrase qu’il lui avait dit une fois, lors d’une journée calme comme une autre, et c’était la même phrase qu’il répondait lorsqu’on lui demandait le plus bel évènement de sa vie.

Il détourna le regard vers la tombe plongée dans l’obscurité.

« En toute réponse, reprit-il plus vivement et sans gêne, en plus de l’horrible fatigue qui s’acharne sur mon esprit, disons que je me méfie des quelques étudiants en médecine. Le meilleur moyen de s’entraîner est malheureusement souvent bien trop cher à ce grade pour se le procurer légalement. Navré pour cet évènement. »

Il sortit une main de sa poche pour ranger une de ses mèches pâles et teintées de rouge derrière son oreille, puis il prit une grande goulée d’air. L’atmosphère était légère. L’air était frais et agréable. Un sentiment de paix l’envahit, et il guida les yeux vers le ciel, gardant son silence un court instant.

« Ma conscience est heureuse de vous voir sur la bonne voie, Kogane, dit-il. C’est une véritable consolation et, quelque part, vous verrez en mon cœur l’émotionnelle joie de pouvoir enfin vous contempler en liberté. »

En liberté. Debout et tout en mouvement, plus dans un lit entre quatre murs. Souriant ouvertement, et non bloqué sur un affreux accident. Kogane, pourquoi vous sentir coupable de guérir, lorsque la personne que vous prétendez oublier ne semble pas avoir été une seule fois contre ?

« Mais votre cœur est le seul messager des défunts, ajouta-t-il. Recevoir quelques paroles d’une personne éloignée est au début douloureux, mais au fur et à mesure que les lettres parviennent, vous les recevrez avec le sourire, avec la joie de pouvoir les lire. »

Il plissa les yeux en pensant à Deneb.

« Avec le temps, ils ne seront plus l’image qui vous attriste, mais celle qui vous apaise. J’ai la conviction que votre ami n’en fera point une exception. »

Et il baissa finalement les yeux, lui adressant ce regard bienveillant qu’il posait autrefois sur son ami aujourd’hui décédé.

« Vous ne l’oublierez pas, Kogane. Vous le verrez juste autrement qu’un vide à vos côtés. »



Pwet:
 
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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Sam 26 Mar - 15:52

5 years

Tadashi Kogane & Uren X. Battle

Quand l’infirmier Battle ouvrait la bouche, c’était de la poésie qui en sortait. Pourquoi ? Parce qu’il pensait en poésie. Son esprit devait fonctionner de cette façon, avec des circonvolutions de volutes lyriques, romantiques et sublimes. Je n’ai jamais vraiment aimé la poésie. Peut-être parce que celle que l’on nous enseignait n’était écrite que par un ramassis d’intellos dépressifs qui se contentaient d’une façon obscure et trop élaborée des choses comme : “ Euh le temps à force, ça nous tue” ou encore “han la meuf là elle est jolie, je l’aime et elle m’aime pas, qu’est ce que je suis triste”. Bref, des choses pas forcément si nobles et qui auraient pu être exprimées bien mieux - selon moi - avec quelques phrases élégantes plutôt qu’une série de vers opaques destinés à ne pas être compris.Ils devaient être un peu comme ces ados d’aujourd’hui qui postent des statuts énigmatiques et quand on leur pose la question répondent “j’veux pas en parler”.

Mais quand Uren Battle parlait, il ne me donnait pas l’impression d’être un pathétique bourgeois mal-aimé et potentiellement amoureux de sa soeur. Non. Il me donnait une toute autre impression. Celle des vrais poètes, de ceux qui cherchaient à atteindre l’ineffable, pour la beauté du geste, et pas pour se plaindre, sans aucune prétention. Jamais mon infirmier ne m’avait donné l’impression de me juger, moi et mes balbutiements vulgaires comparés aux siens.

Je n’avais rien à lui cacher. Quand quelqu’un s’est occupé de vous pendant des semaines, dans vos pires moments. Quand il vous a vu pleurer, quand il vous a vu nu et blessé, je ne pense pas qu’il me reste quoique ce soit à lui cacher. C’est pour cela que je me confiais à lui, cette étrange rencontre qui ne pouvait être que le fruit du destin ( fichu destin, toujours à se mêler de nos affaires).

Charles, mon ami, mon partenaire avec ses qualités et ses défauts. Je m’étais accroché à lui, comme un vieillard à la vie, comme je m’étais accroché à un tas d’autres concepts inutiles. Cramponné à ces chaînes comme si ma vie en dépendait, jusqu’à ce que je réalise que je n’en avais pas besoin et que ces chaînes, j’étais le seul libre de les rompre. Et c’était cet homme, cet homme libre ou presque qui se tenait en face de lui aujourd’hui. Je pouvais parler de Charles sans sentir ma voix défaillir ou sentir l’émotion me submerger.

J’avais l’impression que cela surprenait mon ancien infirmier. Quand je changeais brutalement le sujet, un léger rire - le sien - s’évanouit entre les tombes. Et puis son compliment. J’étais généralement complètement immunisé aux compliments. Ils n’avaient pas d’effets sur moi, mais les siens étaient différents de ceux que j’avais l’habitude d’entendre. Alors, ses mots trouvèrent leur chemin à travers mon habituelle armure. Je ne trouvais rien de malin à répliquer. J’aurai pu répondre quelque chose comme “ mais pas autant que le vôtre” mais le moment et l’endroit me paraissaient déplacés pour flirter, même par habitude ou par plaisanterie. Mais quand il m’annonça les raisons pour lesquelles il m’avait attaqué j’éclatais d’un rire franc.

Vous savez Monsieur Battle, on n’a plus de trafic de cadavre à des fins médicales depuis hmmm, je ne sais pas, depuis le 19ème siècle.Je vous rassure, les étudiants en médecines traînent plus dans les morgues que dans les cimetières. Ne vous en faîtes pas.

 

Oui, en effet, pas de vol de cadavre rapporté depuis plus de 100 ans. C’était bien lui, il avait l’air perdu dans le temps, un peu comme Daisuke. D’ailleurs serait-il possible que ce soit le cas ? Non… impossible. Il avait un travail, des papiers, etc. Impossible. Il devait simplement être déphasé. Je l’écoutais parler, sur le fait qu’il était heureux que j’aille mieux et sur le fait de laisser partir nos êtres chers. A l’entendre, on devinait facilement que lui aussi avait connu son lot de décès. C’est étrange comme on peut passer beaucoup de temps avec quelqu’un, la connaître en profondeur mais ne pas connaître les détails. Je savais qu’il était de Londres et qu’il était orphelin mais le reste ? J’en étais presque gêné. Je baissais les yeux un instant avant de les relever. Je ne savais pas quoi répondre à ces marques de gentillesse et d’intérêt qui fusaient de toutes parts, à ces mots réconfortant qui parvenaient toujours à atteindre leur cible.


Je sais que je vous l’avais déjà dit lors de votre départ mais merci. Merci pour les soins, la conversation qu’elle ait été banale ou profonde. Je ne serais probablement pas arrivé là sans votre aide.



De la gratitude, ni plus ni moins. S’il comptait m’embarrasser, je n’allais pas le laisser faire. A son tour de recevoir des compliments. Je me détournais de la tombe de mon ami sans regrets, le coeur rempli d’espoir pour le futur. J’allégeais l’ambiance en proposant :

Quoiqu’il en soit, nous ferions mieux de ne pas nous attarder ici. Il est déjà tard. Laissons les morts où ils sont.



Il y avait tant de choses dont je voulais lui parler, mais pas ici, pas dans l’obscurité d’un cimetière. Je voulais lui parler dans un endroit où je pouvais distinguer son visage, prendre le temps de discuter sans être accablé par la fatigue ou le froid. Je n’avais pas vu d’autres voitures devant le portail donc je lui demandais :


Vous êtes venu à pieds ? Je peux vous déposer quelque part si vous le souhaitez.  



Cela me permettrait de voir où il habitait et de poursuivre un peu la conversation. Mais le connaissant, il apprécierait peut-être davantage une balade sous les étoiles.


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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Sam 2 Avr - 10:44

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« Vous savez Monsieur Battle, on n’a plus de trafic de cadavre à des fins médicales depuis hmmm, je ne sais pas, depuis le 19ème siècle. Je vous rassure, les étudiants en médecine traînent plus dans les morgues que dans les cimetières. Ne vous en faîtes pas. »

Kogane avait ri et Uren, de sa voix grave et posée, s’y était joint sans mal. Lui semblait-il qu’on lui eût déjà touché la remarque, quelques jours plus tôt. Voire des semaines, ou des mois peut-être. Des années ? Ses souvenirs se perdaient dans une brume de rêves, flottaient sur un océan opaque pour finalement couler dans les goûts amers de la fatigue. Il y prêta cette fois plus attention afin d’être sûr de ne pas s’égarer à nouveau.

Les étoiles ne l’observaient plus que par le biais de quelques fêlures dans les nuages. Les silhouettes de quelques bâtiments déformées par l’obscurité découpaient la couleur atténuée du ciel par des ombres plus noires et animées. Tandis qu’Uren constata que c’était une bien sombre nuit, un brusque vent vint s’abattre sur son visage ; ses cheveux fouettèrent l’air, mais il ne fit que plisser les yeux, ne détournant pas son regard terne des quelques étincelles qu’il apercevait encore. Intérieurement, il les questionnait sur ses actions ; il demandait qu’on lui fasse signe qu’il fît bonne usure des mots que sa famille humaine lui avait insufflés avec le temps. Il espérait  cette nuit-là que ses trente-trois ans d’expériences l’eussent aidé à formuler ses souhaits, ses attentes et sa présence. L’heure semblait bien trop tardive pour croire être à la hauteur de ses dires. La fatigue l’engourdissait presque et son esprit, incertain, tenait à utiliser son altruisme malgré la lumière éteinte de ses prunelles. Malheureusement, alors que le souffle s’atténuait après quelques secondes de puissance, ses questions lui revinrent sans réponses. Les étoiles scintillaient, mais jamais leurs paroles n’avait atteint l’ouïe de l’écrivain, et ce depuis le plus lointain de ses souvenirs. Elles ne communiquaient que par leurs éternels rayons, laissant alors seuls ceux qui pouvaient croire en elles sans le besoin de les entendre. Uren imagina son ancienne vie, quand lui aussi était dépourvu de mots nonobstant son désir de se faire comprendre.

Alors son regard retomba sur son interlocuteur peu visible. Il énonça ses derniers mots en puisant dans son propre vécu. L’image de Deneb brillait quelque part à ses côtés ; le défunt était parti, mais ses pensées se joignaient à celles de son ami en temps voulu afin de l’aider à trouver les paroles nécessaires. Il réentendait ses pleurs et revoyait ses sourires braver la confusion assombrie de la solitude. Il retrouvait sa petite silhouette courir au gré du vent, criant sa joie et riant à chaque chute. Ce doux amas d’émotions lui permettait de réentendre son idéologie, d’y retrouver ses propres ressentis afin de les interpréter. Il ne voyait plus Deneb comme un vide, mais comme une aide venue d’un autre monde, une goutte de courage pour vivre une seconde de plus.

« Je sais que je vous l’avais déjà dit lors de votre départ mais merci. Merci pour les soins, la conversation qu’elle ait été banale ou profonde. Je ne serais probablement pas arrivé là sans votre aide. »

Merci. Le regard de Uren prit soudainement une allure plus vulnérable et plus absente. Il leva un peu plus ses paupières, entrouvrit la bouche, croyant avoir entendu autre chose. Il prit le minois d’un gamin perdu à qui l’on venait tendre la main. Lui, l’écrivain lyrique, le médecin expérimenté ; lui, l’être revenu d’un vieux temps, le personnage d’une histoire lui étant propre ; lui, qui avait pour habitude d’assister et d’aider, se sentit plein de chaleur et de satisfaction, et sa faiblesse enfouie ressortit en un sourire léger et ailleurs, toute réponse à ces remerciements. Ce n’était pas un merci comme les autres. Il s’agissait d’une parole de gratitude d’une âme anciennement contrite qu’il avait laissée à son lit d’hôpital ; une parole des plus sincères et des plus inattendues qui soient pour un ancien infirmier, après cinq ans d’absence. Uren, sur le coup, ne sut pas quoi ajouter. Pendant que son regard se perdait parmi les pierres tombales, il se dressait simplement. Non, tout ça, je ne le mérite pas entièrement.

« Quoiqu’il en soit, nous ferions mieux de ne pas nous attarder ici. Il est déjà tard. Laissons les morts où ils sont. »

D’un léger signe de tête, Uren acquiesça.

« Vous êtes venu à pieds ? Je peux vous déposer quelque part si vous le souhaitez. »

Sans encore répondre, Uren balaya une dernière fois le cimetière des yeux ; il adressa un salut à toute âme qui y reposait. Son attention revint finalement sur la tombe de Charles ; sur la photo vivante qu’il ne voyait plus nettement. Elle semblait cette fois irréelle, perdue dans l’obscurité, comme si le fantôme qui l’habitait reposait enfin en paix. L’envie prit à l’écrivain de laisser s’échapper ses pensées, d’adresser ses reconnaissances. Il s’agenouilla devant la tombe, et, oubliant un instant la présence de Kogane, il inclina la tête, ferma les yeux, et des mots coulèrent doucement de ses lèvres :

« Charles, commença-t-il. Vous avez depuis toujours été un inconnu pour moi, un mystère dans les yeux de votre ami. Mais je ne mérite pas entièrement sa gratitude, car je n’ai fait qu’essayer d’éveiller en lui la vie qui vous animait autrefois. »

Il releva ses paupières, cherchant dans la noirceur la moindre étincelle de vie.

« Vous étiez non seulement la cause de son chagrin, mais aussi la raison de son avancée. Je pense que Kogane l’a compris depuis bien longtemps. Aidez-le au besoin, mais demeurez en paix. Je supplie le ciel d’accorder à votre âme le repos d’une présence à jamais marquée dans une existence ravivée. Que les cieux vous accueillent comme un héros, comme une flamme éteinte après des temps de lumière. »

Et il se leva enfin, adoptant une posture plus légère. Comme si de rien était, il reposa son regard sur Kogane ; un regard empli d’un entrain nouveau, d’une joie qui, seule, combattait la fatigue. Il garda le silence un instant afin de se séparer des morts une bonne fois pour toutes, avant de finalement répondre à la question laissée en suspens plus tôt :

« Mon cher, c’est une offre d’une bien bonne volonté, mais je crains que le sommeil ne m’atteigne en m’abandonnant au moindre siège. »

Puis il marqua deux secondes de pause, pivotant entièrement face à son ancien patient.

« Permettez-moi de vous accompagner jusqu’à votre véhicule. »

Et ses prunelles absorbèrent le bref passage de la lune à travers les nuages, lui léguant une allure moins âgée que son habituelle apparence. Les mains dans les poches de sa veste, il incita son interlocuteur à entamer la marche en posant les yeux sur la sortie du cimetière.



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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Ven 15 Avr - 12:11

5 years

Tadashi Kogane & Uren X. Battle

I avait l’air de ce qu’il était. Un étourdi, un rêveur, un poète qui se baladait contre tout bon sens au beau milieu d’un cimetière la nuit. Qui croyait probablement un peu aux fantômes ou du moins aux esprits qui hantaient cet endroit. Le temps se mélangeait pour lui, les époques anciennes de ses précieux livres se mêlant au présent. Il m’arrivait parfois de me laisser aller à des rêveries, mais certainement pas aussi profondes que celle de mon interlocuteur. Je savais distinguer le présent du passé, la réalité des fantaisies. C’était sans doute pour cela que je n’étais pas un poète. Mais il avait le sens de l’humour, réalisant à quelle point la situation était un peu ridicule. Des voleurs de cadavres dans un cimetière Hoshikamien, ça sonnait plus comme une nouvelle anglaise du 19ème transposée au temps présent.

Quoi que… j’avais aussi l’impression d’être un peu perdu dans le temps. Mon ancien infirmier ici, vêtu de noir qui contrastait avec la pâleur de son visage et de ses cheveux. Une image de passeur, d’Achéron presque. Sauf qu’il n’avait rien à voir avec ce personnage, si ce n’était ce côté mystérieux et un peu morbide. Même en pleine journée dans son costume blanc. Sa pâleur à peine colorée - comme si quelqu’un venait de l’embrasser sur les joues et les lèvres, pour infuser cette couleur à peine rosée qui lui donnait un air vaguement vivant - cette pâleur qui le distinguait.

Et j’admettrais sans honte à quiconque me le demande, que lorsque je le remerciais, c’était certes pour exprimer un sincère sentiment de gratitude. Mais aussi un peu parce que je mourrais d’envie de le voir un peu gêné, un peu embarrassé. Même si je ne pouvais pas en profiter pleinement avec cet éclairage. J’étais comme un archer qui lançait une flèche les yeux bandés. Je ne pouvais qu’espérer qu’elle atteigne sa cible. Mais heureusement pour mon interlocuteur, j’éprouvais également de la pitié. Pas question de se laisser mariner là-dedans, je lui ouvrais une porte de sortie en changeant brutalement de sujet. Mais alors que je tournais les talons, il restait en arrière. Il parlait à la tombe. Je ne distinguais qu’une partie de ce qu’il murmurait, mais je savais que cela avait un rapport avec moi. Et ça me donnait en vie de dire “ Eho ! Je suis toujours là”. Mais en même temps je savais que cette conversation était entre Uren Battle et … et bien selon la façon dont on voyait les choses, un caillou ou mon partenaire décédé. Je restais silencieux - quand quelqu’un s’adresse à un caillou, un esprit ou même à lui-même, il est de bon ton de faire silence.

Après sa petite confession que j’entendais à moitié même si je prétendais ne rien entendre, ses pas rejoignirent les miens, comme si de rien n’était. Pendant un instant je regardais ailleurs pensif. Il n’est vraiment pas comme les autres… et pour une raison étrange, cela me….perturbait un peu. C’était quelque chose de rare, de précieux. Et probablement quelque chose que j’aurai dû me contenter d’apprécier de façon éphémère, comme un oiseau qu’on aperçoit avant son envol. Mais le désir humain ne se contentait de ces courts moments, il voulait s’y accrocher. Et donc, par conséquent, moi aussi je voulais que ça dure. Mais il refusa mon offre généreuse, me proposant simplement de m’accompagner jusqu’à ma voiture. J’étais un peu déçu et je faisais mine d’être d’accord.

Okay faisons ça alors.

 

Nous marchions jusqu’à l’entrée du cimetière, dépassions cette vieille grille qui grince et d’ailleurs je ne devais pas oublier d’alerter la ville sur le fait qu’elle était encore ouverte au beau milieu de la ville. Par contre je n’avais pas l’intention de baisser les bras si facilement. Il serait plus facile de le convaincre en présence de l’arme du crime : ma voiture. Je poussais un long soupir dans l’air frais. Je sortais mes clés de voiture de ma poche et je la déverrouillais à distance avant de me tourner une dernière fois vers mon interlocuteur;

Alors vous êtes sûr que c’est votre dernier mot ?



Maintenant que je pouvais le voir sous l’éclairage public, je distinguais mieux son visage pâle et les cernes qui entouraient son regard un peu vague. Je mettais toutes mes chances de mon côté avec un sourire confiant, tapotant le toit du véhicule.

Allons…c’est bien plus sûr et beaucoup plus confortable de voyager en voiture que d’errer dans les rues d’Hoshikami à cette heure....



Je penchais légèrement la tête sur le côté, continuant à insister. Je pouvais voir qu’il hésitait.

De plus, si vous tombez endormi je vous réveillerai, promis. Je vous porterais s’il le fallait. Alors ~ ?



J’ouvrais la portière au niveau du passager pour l’inviter à entrer. Tout ce petit stratagème juste pour ne pas avouer que j’avais envie de poursuivre la conversation - où du moins pas tout de suite, pas tant que je serai arrivé devant sa porte et que je n’aurai pas le choix.


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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Mer 27 Avr - 14:15

Simple
Five years.
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Tadashi Kogane… Peu importent l’endroit, l’ambiance, les allures qui différaient de leur routine d’il y avait cinq ans, ce nom lui apportait cette même et éternelle image d’un patient allongé, d’un regard partagé entre le vide et le refuge en vous accueillant. Dans ses souvenirs, ces prunelles phosphorescentes dans l’obscurité irréelle de son âme s’alliait à un sourire perdu qui allégeait son visage, rendant à ses traits éteints un tant soit peu de lueur. Puis il y avait sa voix à la fois sourde et forcée, son timbre fissuré mais persistant. Une certaine beauté logeait derrière son errance, résultant d’un courage peu exprimé, d’un bouton de paix cherchant la moindre lumière pour éclore. Un tel moment de recherches en soi était sans doute l’image la plus marquante et la plus vraie que l’on pût trouver chez une personne […] et Uren avait découvert Kogane en plein dans cette déroute, creusant alors sa flamme fragile jusqu’au sujet le plus bourdonnant. Il avait connu cette petite âme que l’on s’affaire à cacher sous des tonnes de sourires et de rires idiots ; cette petite âme profonde, cette légère étincelle glapissant dans les tréfonds d’un caractère, la part fatale et parfois redoutée que chaque personne conserve en soi jusqu’à sa date de péremption. D’une certaine façon, le Tadashi Kogane de ce temps ne s’était jamais véritablement exhalé. Il devait s’être entouré d’une muraille prête à affronter le reste, regagnant son oisiveté au sein de son être désormais forgé et adapté au monde brutal qui l’avait accueilli. Il avait simplement trouvé la paix avec ce vide passager et engloutissant et il parvenait dès lors à émettre des sourires depuis son siège. Uren avait bien reconnu son cher patient derrière ce léger étirement des lippes, ce regard empli de ses propres ris. C’était là où, finalement, il n’avait pas à vraiment découvrir une autre personne. Il allait juste apprendre à connaître la barrière protégeant ce cœur qui avait marqué ses souvenances.

« Okay, faisons ça alors. »

Mais en marchant derrière lui, Uren manqua plusieurs fois de s’arrêter et de lui demander de se retourner, là, juste une fois, en quête d’un quelconque trait familier. Il voulait effleurer une dernière fois cette image qu’il avait un jour abandonnée à contre cœur dans un lieu morbide, bafoué de toux et de râles, de pleurs, d’étiolement, de… tant de vies gâchées. Non. Non, non… En frissonnant, Uren secoua la tête pour chasser les idées désagréables. La raison pour laquelle il avait quitté l’hôpital pour un simple poste dans une académie lui revenait en tête. Une raison déchirée de décès. D’agonie. D’échec. En avalant une grosse goulée d’air, Uren se força à sourire à sa propre-personne, persuadé qu’il n’y avait que la fatigue qui jouait avec ses émotions. Il franchit le portail du cimetière avec le cœur lourd d’expériences et de la joie de retrouver une flammèche de son passé. En dehors de l’ambiance funéraire, la ville tirait un trait plus vivant, plus revigorant. La lumière sous laquelle il glissa intentionnellement lui offrit un peu de réconfort, de recul avec ses pensées. Il s’apprêtait à rentrer quand Kogane le retint :

« Alors vous êtes sûr que c’est votre dernier mot ? »

Silencieux, Uren le fixait. Son regard bleu meurtri laissait clairement comprendre sa fatigue et son soudain désarroi, mais il gardait étrangement ce sourire poli et légèrement camouflé par le col de sa veste. La joie et la fuite étaient toutes-deux confondus sur son visage fantomatique. Uren essayait pourtant de garder ses allures calmes et disposées à toute parole. Dans une ville comme Hoshikami, où un lendemain l’attendait, il n’y avait rien à spécialement dévoiler et peut-être, dans son cas, tout à cacher s’il tenait à ce que l’on garde de lui le même souvenir agréable et passager. A une heure pareille, il aurait déjà dû errer dans ses draps au même rythme que les secondes lui apportaient. Ces quelques moments d’indécisions pendant lesquels je préfère rester seul car, sachant que ça ne me ressemble pas, ça passera. D’indécisions… peut-être serait-il temps de parler des années qui suivirent son départ, de ce qu’il a vu avant d’intégrer son poste de médecin scolaire ; des années qu’il n’a jamais évoquées, car elles ne forment en rien un pilier de son calme, de son sourire présent malgré son apparence chimérique. Il n’y avait rien de choquant, en soi, juste des âmes qu’ils n’avaient pas réussi à sauver.

« Allons… c’est bien plus sûr et beaucoup plus confortable de voyager en voiture que d’errer dans les rues d’Hoshikami à cette heure... »

En jetant un ultime regard sur la rue qu’il allait emprunter, Uren se mit à hésiter. Sachant que seuls ses chats l’attendaient chez lui, allait-il prolonger son instant discret avec la solitude, alors que Kogane se tenait en face de lui, bien vivant, bien réel ? Dès lors à la lumière, Uren pouvait contempler cette nouvelle lueur qui perlait dans ses prunelles vertes, cette nouvelle intonation qui accompagnait sa voix ; il pouvait voir, sur toute sa hauteur, son patient guéri, à l’air libre, loin de quatre murs maladifs. Il renonça à sa ballade solitaire pour lui parler un peu plus, pour retrouver un peu ces instants paisibles.

« De plus, si vous tombez endormi je vous réveillerai, promis. Je vous porterais s’il le fallait. Alors ~ ?
- Voyons, Kogane ! » appuya-t-il en riant, puis il ajouta, ironiquement : « Quel honneur me feriez-vous dans vos bras ! »

Uren concéda. De sa démarche habituelle, il s’avança, remercia Kogane d’un bref signe de tête et s’installa sur la place qui lui fut offerte. N’importe quel siège aurait été confortable pour de tels membres engourdis. Rien qu’en posant son postérieur, il sentit toute la fatigue lui asséner un coup de grâce et il se demanda s’il aurait le courage de quitter ce siège pour rejoindre son lit, plus tard. En attendant, on ferma sa portière ; il prit soin de s’attacher avant de croiser les bras, puis il attendit que Kogane le rejoigne, mais il ne parla pas, perdu dans son observation du paysage. Le fantôme qu’il regardait par la vitre n’était guère plus coloré que lui. Ce ne fut qu’une fois le véhicule démarré qu’il lâcha maladroitement :

« Kogane… Comment vous résumer tout ce que j’ai à vous dire, que ce soient questions comme simple idéologie ? C’est tout de même fou comme cinq ans d’absence ont dû me transformer en un piètre étranger ; et vous, en une personne plus forgée. J’ai bien peur de ne plus savoir comment vous aborder sans paraître indiscret. »

Il sembla se blottir dans sa veste, soudainement d’air vulnérable.

« L’hôpital est certes un lieu plus que déchirant, ma foi, lorsque l’on parle des âmes qui y résident, penchées entre la vie et la mort… (Il éteignit légèrement sa voix en poursuivant :) … mais il rapproche en quelques sortes ceux qui y pénètrent. Dans nos souffrances, nous n’avons plus à fuir le monde. »

Il ferma ensuite les yeux, luttant intérieurement contre le sommeil.

« Cela pour dire que, d’une certaine manière, je me sens loin en votre compagnie ; aussi loin que si je n’avais existé qu’il y a de cela cinq ans. Ce n’est en rien désagréable… Juste déroutant. »

La douceur se sentait dans sa voix. Uren parlait au chant de ses émotions, dans le but le plus simple qui soit de combler ces années de… séparation ?

Excuse-moi pour le temps que j'ai mis. Entre l'hôpital et les cours, j'étais débordé, mais comme je suis actuellement en vacances, je tâcherai de me rattraper ! ♥



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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Mer 27 Avr - 15:52

5 years

Tadashi Kogane & Uren X. Battle

Inutile de préciser que j’étais ravi de l’avoir convaincu. En même temps...il est que ces tentatives échouent grâce à mon charme et à mes arguments. De plus, j’avais pu lire la lassitude et la fatigue dans son regard. J’ignorais pourquoi il avait refusé au départ. Peut-être par politesse ou parce qu’il me considérait toujours comme un inconnu ? Cette hypothèse ne tenait pas vraiment la route. Sa réponse à ma petite provocation m’arracha un petit sourire. Uren Battle, toujours si...conciliant. Mais il était sincère. Il n’était pas vraiment repoussé par ma proposition, s’amusant à appeler ça un honneur. Je ne le connaissais pas suffisamment pour être certain de comment il pouvait prendre ce genre de phrases. Ceux qui me connaissent on l’habitude de le prendre comme une blague mais c’est toujours leur façon de décliner poliment. Mais la façon dont il le dit… c’est presque comme si ça devait arriver, cela ne le dérangerait pas. C’est rafraîchissant. Y a tellement de gens qui vivent, agissent, accroché à leur fierté, leur virilité...comme s’il craignaient qu’elle disparaisse au moindre écart, emportant avec elle leur personnalité. Tant de gens effrayés….

Mais tout cela n’avait pas tellement d’importance vu qu’il se trouvait bien au chaud et en sécurité sur le siège passager de ma voiture. Et dès que le moteur ronronna nous lançant sur la route, mon copilote se mit à parler, comme si c’était quelque chose qu’il avait gros sur le coeur, qui le dérangeait. C’était mignon, lui qui avait peur d’être indiscret avec moi. Il ne savait vraiment pas quelle genre de personne j’étais devenu. J’essayais de marquer mon rictus sur le visage à ce moment là, par respect, parce qu’il semblait fatigué et … grevé par quelque chose. Ce sentiment de distance… quand il disait qu’il se sentait loin en ma présence, mon sourire s’effaça immédiatement avec un petit pincement au coeur. Cela me semblait triste. Se sentir loin en compagnie de quelqu’un. Je voulais qu’il se sente proche. A l’aise. Et seul moi pouvait faire en sorte que cela se produise. Et heureusement pour lui, je n’avais peur de rien. Je pouvais tout dévoiler sans un regret.

Je ne souhaite pas que vous vous sentiez loin de moi. Je voudrais que nous soyons proches.



Juste comme ça, je lui confiais mes pensées, sans crainte et sans intention que celle de tenter de rattraper le temps perdu. Je penchais légèrement la tête.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai le sentiment que… comment dire… nous pourrions être proche. Je vous apprécie beaucoup. Vous n’êtes pas comme les autres. J’aime ça. Et d’une certaine façon… vous me connaissez. Vraiment. Et ça a du sens pour moi.



En entendant ce que je disais et à quel point je semblais sérieux et un peu bizarre, j’éclatais d’un léger rire. Peu de personne pouvaient gérer ce genre d’honnêteté. Mais si je devais parier sur quelqu’un, je parierais sur Uren.

Mais ne vous en faîtes pas, je ne vais pas vous stalker ou quoi que ce soit. C’est juste que j’aurai horreur de passer à côté de cette opportunité juste par réserve ou politesse.



C’était plus ou moins ma politique depuis 5 ans. Go big or go home. Je n’avais pas honte d’exprimer ce que je ressentais si j’avais envie de le faire. En général les gens sont sensibles à ça. Ils n’ont pas l’habitude qu’on s’adresse à eux de cette façon. Je tournais au bout de la rue.

Voilà ce que je vous propose, je vais vous parler de comment ces 5 dernières années se sont déroulées pour moi et puis… ça sera votre tour ? Ca vous convient ?



Les yeux sur la route, je ne percevais pas de négation. Je me tournais légèrement vers lui pour vérifier qu’il n’était pas endormi, ennuyé par mes bavardages. Alors je poursuivais, en ajustant une de mes mèches de cheveux qui venait me bloquer ma vision :


Donc...Il y a 5 ans, après être sorti de l’hôpital, j’ai décidé que la vie était trop courte pour continuer à faire semblant. Alors j’ai annoncé à mes parents que je suis gay… ah, c’était un vrai soulagement. Mon père a décidé de ne plus voir mais bon, s’il ne peut pas l’accepter, c’est son problème, pas le mien. Je n’étais pas prêt à reprendre le travail comme officier de police, donc on m’a proposé une formation de détective. Du coup, je ne suis plus vraiment sur le terrain. Je m’occupe juste de l’enquête, pas de courir après les criminels… c’est peinard... Ah et ma soeur a encore été engrossée et a accouché, du coup je suis doublement tonton. Voilà c’est à peu prêt tout…. A votre tour.



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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Lun 2 Mai - 18:01

Simple
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Le paysage défilait. On pouvait observer derrière la vitre les silhouettes se déformer, devenir à cause de la fatigue des amas de lignes, fines, fades, nébuleuses, écrasées, piétinées par les alentours soudainement plus denses et plus sombres. La lumières des lampadaires n’existaient plus qu’en couleur blanchâtre virant vers la brillance d’un feu follet passager, pour finalement disparaître derrière, emporté par la vitesse et l’étourdissement du monde imaginaire d’un écrivain épuisé, bordé par le déplacement d’une voiture, en compagnie d’un revenant […] en quelques sortes. Les ruelles se coupaient, partaient, se rejoignaient ; quasiment aucune âme n’osait mettre un pied dehors, si ce n’étaient les fêtards ou les couche-tard de bonnes occasions. L’obscurité noyait toutes les silhouettes dans des mirages difformes et, s’il y avait de la place à quelque fumée ou quelque bruit étrange, cela devenait facile de les ignorer. Fermer les yeux sur toutes ces illusions. Oublier les questions, les tourments. Se laisser glisser dans un lac d’insipidité désastreux et mélodramatique du sommeil et se retrouver loin des pensées trop prenantes. Ca s’apparentait au rêve de rêver, les songes étant bloqués par la fatigue, par l’incapacité de chercher plus loin à cause d’un manque cruel d’énergie.

Et pourtant, quelque part en son fond, un cœur subsistait encore. Si ses pensées s’écartaient de la réalité dans le but de trouver refuge dans le sommeil, son cœur, lui, le gardait bien éveillé par le biais de ses battements. Uren voguait entre le sommeil de son esprit et son rythme cardiaque, drôle d’intermédiaire pour une énergie semi intervenante. C’était à peine s’il trouvait le réel courage de relever les paupières, ou ne serait-ce que de respirer. Il n’y avait que cette envie de retrouver un fantôme d’antan qui le maintenait éveiller en faisant la raison de chaque inspiration. Dans son ventre bouillait l’impression que c’était une opportunité à ne pas rater. Une façon de pouvoir combler quelques années de silence en son être, une chance miraculeuse de rattraper le temps perdu. Ah, c’est ça… le temps perdu.

« Je ne souhaite pas que vous vous sentiez loin de moi. Je voudrais que nous soyons proches. »

Kogane ? Ce furent des mots rarement entendus. Uren n’avait point l’habitude qu’on lui annonce aussi directement que l’on souhaitait se rapprocher de lui. Il avait trouvé le rythme de sa valse, le menant à jouer le rôle de la béquille jusqu’à ce que l’on soit complètement guéri. En levant difficilement les paupières, il posa ses yeux sur celui que nous pouvons en quelques sortes désigner entre ami et connaissance. Difficile de définir le lien avec une personne que l’on connaissait.

« Je ne sais pas pour vous, mais j’ai le sentiment que… comment dire… nous pourrions être proche. Je vous apprécie beaucoup. Vous n’êtes pas comme les autres. J’aime ça. Et d’une certaine façon… vous me connaissez. Vraiment. Et ça a du sens pour moi. »

L’écrivain baissa le regard, touché. La fatigue le rendait peut-être plus vulnérables aux sentiments mais, le cœur emballé, il laissa un léger sourire s’emparer de ses lèvres. Un sourire sincère et candide, faible, chaleureux. Il était, d’une certaine façon, soulagé que cinq ans ne les eussent pas totalement éloignés ; que ces instants à l’hôpital leur servaient aujourd’hui de pilier. Et, c’était propre, c’était clair et agréable de se dire que, mutuellement, Uren l’avait toujours apprécié. Depuis le moment-même où il avait franchi les portes de sa chambre d’hôpital avec son plateau à repas en rencontrant son regard brumeux, jusqu’à cet instant dans une voiture, cinq ans plus tard, à ressasser le passé, plus forts, plus expérimentés.

« Mais ne vous en faîtes pas, je ne vais pas vous stalker ou quoi que ce soit. C’est juste que j’aurai horreur de passer à côté de cette opportunité juste par réserve ou politesse. »

Uren ne put s’empêcher de se joindre à son rire. Quel plaisir d’ouïr un tel éclat quand tout prend une couleur différente. Lourdement différente. Ce rire avait aussi allégé temporairement son cœur éreinté, lui offrant momentanément une petite accroche.

« Voilà ce que je vous propose, je vais vous parler de comment ces 5 dernières années se sont déroulées pour moi et puis… ça sera votre tour ? Ça vous convient ? »

Acceptant, Uren se blottit dans sa veste et garda silence, attendant que Kogane ne prenne la parole. Regardant alors les changements de paysage au fur et à mesure qu’ils avançaient, il l’écouta attentivement. Il comprit que Kogane avait relâché la pression en avouant finalement son orientation homosexuelle à ses géniteurs. Effectivement, pensa Uren, voilà une bien bonne nouvelle. Il n’y avait sans doute rien de mieux que de vivre indépendamment des avis d’autrui, loin de ceux qui nous rejettent. Mieux encore, il n’avait pas vraiment changé de secteur. Uren fut satisfait du fait qu’il trouvât la force de reprendre le travail, peut-être pas de la manière… ô, comment oser, après tout, après un tel accident ? Aucune énonciation de femme ou d’enfant… une vie tranquille, apparemment.

« Ah et ma sœur a encore été engrossée et a accouché, du coup je suis doublement tonton. Voilà c’est à peu près tout… »

Uren lâcha un léger souffle d’amusement. Sa façon de s’exprimer avait toujours ce même temps de détendre l’ambiance. Sur son siège, il se sentait soudainement plus familier.

« A votre tour.
- Mes félicitations, précisa-t-il avant. Non seulement pour le neveu, mais aussi pour votre parcours. Vous avez pris votre vie en main, ce qui est très agréable et important à savoir. »

Il jeta un autre coup d’œil sur lui histoire de lui faire un rapide signe de sa franchis avant de recadrer sa vision sur le paysage de sa vitre. Il fit rapidement le tri dans ses souvenirs, puis il débuta :

« J’étais infirmier responsable de certains patients, ainsi qu’infirmier de bloc opératoire, très proche d’un généraliste. J’ai énormément appris à ses côtés – ainsi qu’avec quelques chirurgiens. Vous arrivâtes pendant la mise en place de notre projet : fonder un bloc à part pour de simples consultations. Notre cher généraliste voulait s’évader, son état moral ne lui permettait plus l’acharnement, et autant qu’il avait besoin de quelques assistants, le semblant de paix qui s’était annoncé m’avait donné envie. Ce n’était pas bien grand, mais… suffisant. Alors on s’en alla et ce fut agréable. Au bout de deux ans, lorsqu’il se fit trop vieux pour supporter autant de stress moralement, puis… physiquement… il m’a légué la responsabilité de sa réussite. Réussite qui, deux ou trois mois plus tard, a mené les urgences à nous offrir quelques postes. Alors, à l’aide de quelque formation, je pus obtenir un grade bien plus avantageux. Je pouvais remercier ceux qui m’avaient instruit en dehors des études. Mais… je n’avais pas encore la force d’esprit… nécessaire. »

Uren inspira lourdement afin de poursuivre.

« C’était bien plus de pression périodique, dans le sens où je me reportais la faute lorsqu’un patient perdait la vie. J’étais conscient que j’avais fait tout mon possible, mais… le constat que je suis incapable de sauver tout le monde me désolait. Surtout lorsque l’on vint m’annoncer le décès d’une gamine de cinq ans. »

Il regarda finalement Kogane, avec un sourire un peu plus vif que l’habituel étirement qu’on lui connaissait.

« J’ai fini moi aussi par vouloir m’évader temporairement, le temps que je me fasse à cette idée. Me voilà médecin scolaire de l’académie d’Hoshikami, avec un peu plus de temps consacré à mes livres. Vous me ferez d’ailleurs penser à vous présenter mes deux boules de poils. »



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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Sam 7 Mai - 12:46

5 years

Tadashi Kogane & Uren X. Battle

Je sais, c’était un peu téméraire de ma part, n’est-ce pas ? J’aurai très bien pu me prendre un très gros râteau, passer pour un cinglé, mais bon, qui ne tente rien ne gagne rien. Et j’avais décidé de ne plus être effrayé. De foncer purement, simplement. Peu importe le résultat, je l’accepterai sans regret, sans remords. Sans trop réfléchir aussi. Mais Uren, il semblait comprendre mes intentions, ce que je voulais dire. Après tout il n’était pas vraiment comme les autres et donc il n’était pas étonnant qu’il décide de jouer le jeu et voir où cela menait.  D’abord il me félicita pour l’activité reproductrice de ma soeur et la façon dont je menais ma vie. En ce qui concernait ma soeur, je n’avais rien à voir là-dedans - ce que je rappelais généralement à ceux qui m’en félicitaient. Mais pour Uren, je faisais une exception :

Merci ~

 répondis-je simplement.

C’est alors qu’il m’expliqua ce qui était advenu de sa vie, ce qui avait rempli ces cinq années de blanc entre nous. Et alors qu’il le faisait, effectivement, je sentais la distance s’amenuiser. Je comprenais mieux son parcours et ce qui avait pu le pousser à se rendre dans le cimetière par une heure aussi tardive. D’une certaine façon, lui aussi était proche de la mort, pas étonnant donc qu’il lui rende une petite visite de temps en temps.  C’était assez surprenant comme parcours professionnel. Je pouvais facilement imaginer la pression qu’il avait de base, ajouté à cela la pression qu’il devait se mettre pour sauver des vies. La plupart des membres du corps médical développe généralement une sorte d’insensibilité ou bien d’indifférence. De toute évidence, Uren n’était pas fait de la même façon. En tant que poète, sa sensibilité était accrue,à fleur de peau. On ne pouvait donc pas lui demander d’ignorer la souffrance de ses patients ou encore d’avoir le sentiment que son égo n’avait rien à voir dans un échec. Il s’attachait trop, ressentait trop probablement. Pauvre petite chose... Dans mon métier aussi il fallait savoir s’endurcir et réussir à oublier. Les visage bleus et tuméfiés, les corps gonflés et dans des positions pas très confortables, les regards vides, le sang, les blessures ouvertes….Parfois ça devenait accablant. J’imagine que c’était comment il avait du se sentir. Lourd. Accablé. Comme si le monde, tous ses échecs pesait une tonne sur ses épaules.

Donc tu es passé des salles d’urgences à distribuer des préservatifs à des adolescents excités ? C’est un sacré changement. C’est clair que c’est moins stressant. Et moins chronophage.



C’était en effet une façon de voir les choses. La culture japonaise accordait beaucoup de valeur à l’ambition et le parcours qu’il avait choisi représentait un gros bond en arrière - un bond volontaire qui plus est. Généralement mal vu et mal compris. Mais ça, c’est parce que les japonais considéraient que leur carrière avait plus de valeur que leur bien-être. J’essayais de l’imaginer là dedans, regardant par la fenêtre d’un air pensif en attendant qu’un ou une étudiante se présente. Ils devaient probablement venir faire la file au moindre petit bobo. Les sportifs, les filles avec deux de tensions pendant leur PMS, ceux à l’immunité faible et évidemment ceux qui avaient besoin de préservatifs. Sans compter les visites médicales bien sûr. Ca devait être bien folklorique.

Alors il me parla de me présenter ces deux boules de poils. Peut-être parce que j’étais fatigué ou alors c’était la perspective de pouvoir entrer chez lui et l’observer dans son habitat naturel ou le simple fait que je n’avais pas caressé un animal depuis longtemps, mais j’étais très enthousiaste.


Oh vraiment ?!! Chat ou chien ? Meh ça n’a pas d’importance j’aime tout ! Ah j’aurai tellement aimé avoir un animal de compagnie… Mais ce n’est pas autorisé dans mon complexe d’appartement. Et puis je serai parti toute la journée, ils seraient malheureux...



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MessageSujet: Re: 5 years ft. Uren X. Battle   Lun 23 Mai - 19:30

Simple
Five years.
Doux chez-soi.
ft. Tadashi Kogane.
Ʃkaemp はは ™


Simple, tactique, en exposant les causes et les conséquences ralliées au contexte […] et cela devait suffire à résumer cinq ans en quelques phrases décortiquées et visées, de sorte à ce que ce soit bien clair et peu ennuyant – de la même manière que l’on explique brièvement une maladie et ce que l’on compte faire pour la guérir ou tuer le patient le plus rapidement possible. Voilà comment le chirurgien Battle pouvait parler, noyé dans son rôle de sauveur, trop occupé à droite et à gauche pour avoir du temps à consacrer aux larmes des visiteurs, aux craintes des familles et aux regrets de ses clients. La blouse blanche qui faisait son costume était aussi sa prison particulière, discrète et efficace ; quatre murs qui enfermaient et consumaient sa raison petit à petit, dans une atmosphère où tout était fatal et objectif […] jusqu’au dernier jugement. Comment faisaient ces êtes impitoyables, droits et statiques comme des poteaux, pour éclairer ce futur déplorable de « victimes succédanées » ? Pouvait-il résider une certaine injustice derrière la barrière qui les empêchait de lâcher prise ? Jamais Uren n’osa les admirer, mais il ne daigna pas non plus les plaindre. Lui-même s’était retrouvé nez à nez à cette dure bataille, ayant alors conscience des divers sacrifices quant à soi-même. Son esprit d’écrivain, finalement saturé et affecté, ne put cependant encaisser davantage et il le fit fuir la mort afin qu’il ne mourût pas d’une certaine manière.

Car, oui, l’écrivain considérait le vide de l’esprit pour une mort momentanée. Un temps uniquement animé par une routine mécanique dont le personnage principale se complait à l’égarement, à la placidité. Plus le moindre regard désireux sur un évènement peuplant le jour ou le moindre soulagement à la tombée de la nuit. Aucun souci à travailler, mais aucune joie à cultiver. Un monde de noir, de ténèbres que l’on ne sait plus sentir. Des pensées obscurcies que l’on ne sait même plus écouter. Des paroles que dont on n’arrive même plus à prononcer le réel sens. Il n’en sort que des sourires statiques, que de simples gestes de modalité, de politesse, d’obligations pour le travail. Ce n’était peut-être pas la plus grande des souffrances, mais le vide demeurait saisissant dans le genre humain. Difficile d’admettre qu’un individu est en vie, non parce qu’il sourit, mais parce que son cœur bat encore […] et c’est ce que les médecins se proposaient de faire, loin, bien loin des limites de Uren.

Mais à la mort, on ne peut pas revivre.
Nous revivons, pourtant, à chaque fois que nous revoyons les couleurs […] et que nous les contemplons.

Alors tout individu mourrait au moins une fois et ceux qui s’étaient accordé un répit dans ce monde coupé du notre étaient les plus admirables de lors. Se laisser sombrer n’était guère une faiblesse ; à chaque individu étaient accordé des bornes que la vie s’amusait à franchir, parfois bien trop brutalement. L’acte de bravoure fut d’oser reposer un pied dans ces brutalités et y demeurer vivant.

C’étaient les pensées qui traversaient le médecin lorsqu’il posait un regard sur Kogane ; lorsqu’il le voyait sourire ; lorsqu’il apercevait ce grain nouveau dans ces perles qu’il connaissait toutefois vide. Il se disait qu’il avait à ses côtés un être bâti, modelé et prêt à se battre ; un parfait combattant d’histoire fictif, puisqu’il l’était déjà dans la vie courante.

Un petit rien peut être preuve d’un fond héroïque.
Un petit mot peut être l’incarnation d’un héros.

« Donc tu es passé des salles d’urgences à distribuer des préservatifs à des adolescents excités ? C’est un sacré changement. C’est clair que c’est moins stressant. Et moins chronophage. »

Une nouvelle fois, Uren se permit un léger rire aisé. Il ne prit pas en compte ce « tu » flottant, et même que cela paraissait étrangement naturel. Kogane avait réellement évolué. Il avait gagné cet esprit adapté à ce monde, il s’y était construit, puis trouvé, avec une vision bien à lui. D’une certaine façon, peut-être de par son humour ou son agréable facette, Uren retrouvait ce brin de lumière en lui, cette flamme qui fouettait l’air morose du quotidien. Tandis qu’ils parcouraient les rues de Hoshikami, l’infirmier et le patient se retrouvaient, différents et, en même temps, inchangés. La distance ne se tendait plus qu’en quelques fils qui séparent deux inconnus. Il n’y avait, entre eux, que l’obscurité, quelques rayons des étoiles, ainsi qu’un vague air de souvenirs. Des rires qu’Uren n’essayait plus de percer. Des larmes perlant cinq ans auparavant.

« Tu as tout compris,  » répondit-il simplement.

Luttant toujours contre le sommeil, il détourna enfin le regard, scrutant les alentours en parlant de ses chats. Il vit le paysage se fondre en un amas de bâtiments plus familiers : ils pénétraient le quartier résidentiel. Ce constat serra le cœur d’Uren qui se rapprochait de l’idée de dire au revoir à cet être retrouvé. Non, c’était trop court, trop rapide.

« Oh vraiment ?!! Chat ou chien ? Meh ça n’a pas d’importance j’aime tout ! Ah j’aurai tellement aimé avoir un animal de compagnie… Mais ce n’est pas autorisé dans mon complexe d’appartement. Et puis je serai parti toute la journée, ils seraient malheureux... »

Kogane avait l’air de grandement apprécier les animaux. Sa réaction ne put qu’être plaisante. C’était un petit côté que l’écrivain ne lui avait jamais soupçonné, alors il en fut quelque peu surpris, mais tout autant touché. Il lui dit qu’il s’agissait de deux chats ; un mâle, Griffin, et une femelle, Snow ; que le mâle était territorial tandis que Snow, bien que craintive, était douce avec les inconnus. « Drôle de couplet,  renchérit-il. Ce serait un immense plaisir pour moi de te les montrer. » Puis, deux ou trois minutes plus tard, il lui indiqua du doigt : « C’est par cette rue […] et ce sera le troisième portail à droite. »

Sa demeure les accueillit dans un silence mortuaire. Uren s’affaira à sortir du véhicule et, invitant Kogane à le suivre, il traversa le portail, longea le garage et parvint en face de la porte principale. La faible lumière nuptiale lui suffit tout juste pour sortir ses clefs de la poche de son pantalon et la déverrouiller ; enfin, dans sa fatigue et ses cernes, il foula le sol de son nid. Il alluma seulement la lumière, réveillant l’imposant Maine Coon mâle qui s’appropriait le fauteuil, tandis que la Bombtail japonaise vint à la suite des appels de son maître. Uren s’avança alors, laissant le passage à Kogane, et se retourna immédiatement, reconnaissant.

« Merci pour tout. Ce fut un réel plaisir de converser dans ma langue natale et de retrouver une personne telle que toi, […] Tadashi. Je ne te cacherai pas que cette rencontre a été un bonheur et je réalise que je regrettais fortement nos discutions. »

En joignant les mains dans son dos, il sourit faiblement, observant Snow s’approcher timidement de celui qui, pour elle, n’était qu’un inconnu.

« Quelle difficulté de te laisser repartir à une telle heure ! Penses-tu parvenir sous ton toit sain et sauf ? Je crains qu’une bonne nuit de sommeil ne te sera retirée si je me risque à te donner un remontant et je doute que cela te serait pratique de demeurer une nuit ici... »

Navré pour le temps. ;w;



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