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 sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)

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MessageSujet: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Dim 13 Nov - 22:52

« je te veux... »
lloyd ✧ aïn
c’est son regard que tu choppes à la dérobée. ses prunelles que tu cherches avec l’énergie du désespoir. c’est ainsi, Aïn ; similaire à un besoin plutôt qu’à une envie. tu réalises qu’il t’ancre déjà - qu’il existe un mince fil tissé à la hâte par le destin. tu l’observes, encore et encore. ses mimiques, ses états d’âme. tu t’imprègnes de tout ce qu’il t’accorde. tu respires volontairement fort, comme pour respirer son parfum.
peut-être pour ne pas l’oublier. sans doute dans l’idée de conserver soigneusement sa fragrance dans un coin de ton crâne malade, et te retourner dans la foule lorsqu’une note similaire frôle tes narines. c’en est fatiguant, Aïn. c’en est douloureux, de tant remplir tes poumons d’un oxygène chargé en humidité. « D’accord, mais il faut absolument que je récupère mes affaires avant de procéder aux soins. » docilement, tu opines de la gueule. un frisson se meurt néanmoins, au niveau de la nuque. sont-ils encore dans les environs ? en le dévisageant, tu songes que c’est dangereux pour lui. l’œil traîne sur sa silhouette ; n’a-t-il aucun allié ? est-il confronté à la solitude ? tes lèvres s’écrasent l’une contre l’autre à cette pensée - une souffrance remplacée par celle de désirer davantage. tu veux devenir quelqu’un, minuscule colibri. quelqu’un pour lui. « Allons-y, je te suis. »
à défaut d’être capable de dérober des objets précieux à la gorge de la gente féminine, tu veux lui chaparder son cœur.
« Oui, c’est vrai. J’ai laissé quelque chose d’important dans la ruelle... » le rouge s’empare de tes joues ; c’est une babiole dénuée de valeur marchande. tout du moins, rien d’assez ostentatoire pour susciter l’envie - ce n’est qu’un pendentif en obsidienne, de la couleur même de tes tifs de jais. les fringues plus ou moins sèches, tu émerges du bâtiment où vous vous êtes réfugiés, non sans un sentiment de honte pour l’affront. qui pénètre dans un temple pour y trouver asile ? personne, à n’en pas douter. tes orbes parcourent les environs, si calmes que les lieux semblent morts.
rien.
pas âme qui vive. tu te glisses aisément au-dehors, alors enveloppée par la pénombre de la nuit. il est tard, Aïn. heureusement que le géniteur est absent ; tu te perds dans la marée humaine, tu te laisses agresser par un homme alcoolisé, tu t’ouvres volontiers à un étranger tombé d’un toit pour te sauver, et finalement tu te dépêches de l’inviter en ta demeure. tu décides d’ouvrir la marche - tu sais où vous vous trouvez. tu passes régulièrement à proximité du temple pour rentrer avec Alys. ça ira, Aïn ? tu l’espères sincèrement. seul le bruit de tes pas résonne sur l’asphalte. une à une, tu dévores les marches. une à une, tu comptes.
un. deux. trois. tes mirettes se tournent jusqu’à lui, mais tu n’ajoutes aucun mot. quatre. cinq. six. tu lui demandes son nom ? tu hésites. sept. huit. neuf. non, tu ne t’y risques pas. il n’est pas encore temps - surtout qu’il souhaite manifestement préserver son anonymat. The Spectre. le surnom t’arrache un sourire.
il lui sied tout en étant disgracieux. il est tangible, le magicien. il existe, à l’instar des étoiles qui s’écrasent inlassablement sous les billes médusées des riverains. il n’est pas comme ces fantômes que les héroïnes éplorées tentent de fuir, dans les films. “le magicien” lui colle à la peau. tu décides de l’appeler ainsi ; jusqu’au jour où il prononcera son nom à mi-voix. tu l’imagines le susurrer au creux de ton oreille, tel un fabuleux secret.


— — — —


l’amas de ruelles se détache étrangement. tu te glisses jusqu’à celle où tout est planqué - jusqu’à celle où tu as tout abandonné pour détaler, identique à un lièvre, avec le monstre aux trousses. tu décoches une œillade au mâle, comme pour vérifier qu’il est toujours dans ton sillage. de temps à autre, tu embrasses les environs des mirettes, de peur de les voir surgir de l’obscurité. mais… rien. tout est immergé dans un calme relatif, avec le seul son des automobiles pour nuisance.
« C’est ici, normalement. » tu découvres le manteau, la cape et le masque. de la main, tu lui demandes de se baisser tout en te hissant sur la pointe de tes petons. du bout des doigts, tu déposes sa seconde identité sur l’arête de son nez. voilà, le mystère est rétabli ; son visage est dissimulé derrière le loup immaculé. un sourire jovial apparaît sur ta trogne juvénile - tu ne peux guère mentir à ce sujet, son apparence actuelle réveille quelque chose de génial au creux de tes entrailles ; le goût de l’interdit, visiblement. tu n’aimes que trop la sensation d’être l’une des rares à le connaître. l’un de ces privilégiés auxquels il offre la véritable couleur de ses iris. « Je pense que je te trouve tout aussi beau sans. » à nouveau, l’aveu teinte tes pommettes délicates. est-ce réellement prudent d’être si honnête ? tu n’as aucun filtre, Aïn.
non, aucun.


tu te drapes de ton manteau chaud, le corps agité de fébriles tremblements. il te prodigue à peine de quoi les faire cesser, toutefois ; il est resté si longtemps au creux de la pierre qu’il en a absorbé toute la froideur. peinée par ce constat, tu frottes activement tes bras. le bijou est-il toujours là ? tu fouilles avidement ta poche intérieure et y retrouves le pendentif en obsidienne. il retrouve naturellement sa place entre tes seins fragiles. peu à peu, tu oublies son poids. peu à peu, il est de nouveau relégué à l’état de simple décoration à laquelle tu n’adresses qu’une brève attention - chaque matin - au réveil. si habituée à sa présence que son importance à tes yeux est, souvent, laissée à plus tard. tu le juges pour acquis, à l’image du cœur d’Alys et de tant d’autres choses.
tu es égoïste, petite chose.
« L’appartement est à deux pas d’ici. Je crois… » tu crois… tu laisses échapper un rire malaisé. tu ne comptes pas vous perdre, jolie créature ? tu pries pour que cela n’arrive pas. tu redécouvres l’absence de paroles et recommences à vous guider - apparemment, un peu au hasard - dans le dédale de petites artères. jusqu’à retrouver des repères familiers ; jusqu’à passer devant des bâtiments qui hantent tes souvenirs de ces dernières années. l’excitation te gagne aussitôt. « C’est tout proche ! » tu accélères l’allure, animée par une énergie toute neuve. encore deux embranchements et vous y êtes ; l’immeuble fastueux où des lumières se cachent derrière les grandes baies vitrées. tu pénètres l’édifice, en habituée. sans songer à la méfiance, tu frappes le code digital qui déverrouille la porte que tu pousses de tes maigres forces. tu l’invites à te suivre d’un geste, pour t’engouffrer dans les escaliers. tu n’aimes pas les ascenseurs. non, tu n’apprécies vraiment pas cela - trop d’insécurité.
les marches avalées, le quatrième étage est à portée. tu comptes les portes. une. deux. trois ! c’est celle-là. les clés entre les mains, la serrure tourne et la porte s’ouvre sur un appartement digne de l’homme qu’est ton père : un homme avec une fortune conséquente. de la pupille, tu t’assures que personne n’est là. seul le vide t’accueille à bras ouverts. tu te déchausses à la hâte, obsédée par les vilaines plaies qui, malgré l’absence de plaintes, s’avèrent sûrement des plus douloureuses.
« Je vais chercher la trousse de soins. Tu n’as qu’à aller dans la salle d’eau. Ah ! Je vais emprunter des vêtements à mon père, le temps que les tiens sèchent. » les mots prononcés, tu t’actives. d’abord dans ta piaule, où tu échanges le toucher désagréable de l’uniforme humide contre une robe pull et un legging - le tout aussi sombre que ta crinière - ensuite dans le couloir où tu récupères le fameux graal, avant de récupérer une chemise propre et un pantalon de ton géniteur.
tout doucement, tu frappes à la porte de la salle de bains.
« Je peux entrer ? »
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MessageSujet: Re: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Lun 14 Nov - 1:08

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MessageSujet: Re: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Lun 14 Nov - 2:57

« je te veux... »
lloyd ✧ aïn
Tu touches, Aïn. Le bout des phalanges plaqué sur la chair tendre où il a déposé ses lèvres plus tôt, tu ne peux réprimer un soupir contrarié. Tu ne sais que dire de son geste ; ni même de la distance restaurée l’instant d’après. Il s’était égaré, l’homme vêtu de noir. Il s’était perdu, le temps d’une minute. Il s’était abandonné au trouble créé par la situation, sans doute. À l’adrénaline, peut-être. Tu te remémores l’esquisse tracée par ses doigts logés à proximité de ta chute de reins.
De son souffle saccadé.
Tout cela n’était qu’une illusion créée par le moment - la peur succédée par l’ombre du soulagement. Tout cela n’était qu’égarement, à l’image d’un détour maladroitement exécuté sur une route tracée en ligne droite. Un chemin compliqué que tu ne peux suivre. Un sentier qu’il ne souhaite pas te voir emprunter, sûrement. Tu reluques la porte, sans un mot de plus. « Je peux entrer ? » Incapable de réprimer l’inquiétude âcre, tu hoquettes la question. Tu es maladroite, Aïn. Tu es une enfant terriblement honnête, minuscule colibri. La prunelle obstinément déposée sur la clenche, tu remarques que la lumière est éteinte, de l’autre côté. Tu hausses nonchalamment les épaules, c’est un détail sans importance. C’est un détail sans importance ? Un son résonne de l’autre côté ; il y est bel et bien. L’oxygène se dépêche de fuir l’espace réduit de tes poumons et frôle tes lèvres entrouvertes. Oh, Aïn… Pour quelle raison retenais-tu ton souffle jusque-là ? La peur ? Elle t’est étrangère - tout du moins, face à cet homme auquel tu accordes davantage de crédit qu’aux rumeurs qui circulent à son sujet.
Que disent les médias, déjà ?
Ah, voilà. Il dérobe monts et merveilles aux riches. The Spectre. Soudainement, ton sourire s’effondre. Tu coules un regard au-dessus de ton épaule, vers le séjour où brillait une babiole incroyablement précieuse. Une bricole volée lors d’une nuit où la lune se dissimulait derrière un pan de velours noir. Une pièce de la collection de papa. Un caillou taillé à la hâte, considéré comme un présent sans valeur tant il était beau. Tout en transparence, déposé au sommet d’un support où brillaient de petites led. La pierre était telle qu’elle balançait mille morceaux de lumière sur les murs.
C’était un cadeau pour ta dix-huitième année. « Je t’offre des étoiles. » s’était-il exprimé, manifestement gêné. C’était à cela que les minces lueurs jetées de part et d’autre du salon ressemblaient. Et, le minéral sous les prunelles, les souvenirs de ton autre vie s’accumulaient derrière tes paupières closes. Souvent, tu en rêvais. Parfois, ce petit astre qui tenait au creux de ta paume te manquait.

« Tu peux… entrer. » sa voix te ramène à la réalité. Tu y retombes durement, rongée par quelques doutes que tu ne peux, évidemment, pas avouer. Tu ne peux l’accepter. Rien ne prouve que l’absence de la caillasse est de son fait. Tu ne peux l’accepter, non. Tu rencontres la clenche froide et pousse la porte décorée de longues tiges creusées à même le bois. Tu l’observes - ton organe palpitant se serre violemment. Il paraît épuisé. Usé ? Une créature à la beauté altérée. Tu t’avances naturellement jusqu’à l’évier en évitant les produits malencontreusement délogés de leur place habituelle. Chaque chose possède la sienne, c’est important. Chaque élément est rangé selon un ordre qui échappe - sans doute - au commun des mortels.
« Oh merci, c’est très gentil de ta part… » tu lui retournes un regard doux. À tes billes, c’est normal. C’est normal, non ? Tu n’en es plus tout à fait persuadée. Est-il normal d’inviter chez soi un criminel ? Tu chasses tes pensées d’une gifle mentale. Cela t’est égal. Qui il est, ce qu’il est. Ce n’est pas important. Ce n’est pas important ? « Désolé, j’ai été surpris par le manque de lumière et ne connaissant pas les lieux j’ai eu un peu de mal à trouver l’interrupteur. » ses excuses sont adorables. Un rire se presse à ta trachée et se répercute dans la pièce. Tu lui assures d’un mouvement des épaules que ce n’est rien. « Laisse-moi juste le temps de ramasser. » Brusquement, tes doigts s’emparent de son bras sans la moindre violence et tu l’incites à retourner s’asseoir. Tu récupères à la hâte les boîtes avachies sur le sol, et les abandonnes dans l’évier. Tu rangeras ensuite ; les soins d’abord. « C’est une sacrée demeure que ton père a là… pourquoi être venu se perdre ici alors que tant de villes… valent sans doute beaucoup mieux ? » son commentaire dessine un sourire sur ta tronche féminine. Pourquoi ? Pour l’amour de sa fille, évidemment. Pour satisfaire la pulsion irrépressible qui t’obligeait à désirer davantage que Berlin. « Voilà. Merci d’avoir apporté tout ça, je pense pouvoir désinfecter les plaies seul. Inutile de t’incomber cette tâche en plus. »

Il tente de s’emparer du matériel, sans succès. Tu lui refuses cela. Tu ne peux que lui refuser en lui adressant une moue courroucée. « Je ne veux pas sembler impolie, mais… » c’est un peu tard pour dire cela, Aïn. « J’aimerais le faire, sincèrement. C’est la seule chose que je sache faire pour te remercier de ton aide. » Tu le pousses à se réinstaller au bord de la baignoire et commences ton travail de fourmi. Les plaies répandent une hémoglobine écarlate sur sa peau d’albâtre, créant un contraste inquiétant. Tu te laves scrupuleusement les mains, comme papa l’a fait si souvent avant de s’occuper de tes « petits bobos » de môme. Tu t’empares ensuite d’une bassine où tu laisses s’accumuler le liquide transparent - tout juste assez tiède pour ne pas le faire sursauter. Finalement, armée de quelques linges que tu trempes, tu éponges les perles carminées.

Tu ne lésines pas sur les efforts, caressant délicatement le derme pour ne pas l’esquinter plus qu’il ne l’est déjà. Lorsque l’ensemble cesse de cracher son eau rouge, tu étudies ton œuvre d’un air satisfait.
« Il faudra que tu manges un peu avant de… » le mot t'écorche littéralement le gosier. « … avant de repartir. » sans le réaliser, tu laisses tes phalanges se perdre sur son avant-bras. Tu récupères le spray désinfectant, une autre serviette entre les mains et vaporises le liquide à l’odeur entêtante. Tu n’oses imaginer la douleur occasionnée par la morsure de l’alcool contenu par le flacon ; non, tu te contentes de tapoter doucement pour éviter les coulures de se répandre.
L’ouvrage achevé, tu quêtes les bandes neuves et panses chaque blessure avec une patience toute angélique. Lorsqu’enfin tu te relèves pour admirer le résultat, tu vacilles légèrement. La journée a été longue, semble-t-il. Pour lui, surtout. Tu lui adresses un croissant ravi.
« Voilà, c’est propre ! Ça n’a pas été trop douloureux ? » Ton index le touche au cou où s’attarde une goutte rougeoyante. Tu la récupères d’une caresse avant de piquer un fard - ce mouvement à lui seul ranime les fourmillements créés par ses lèvres contre ta gorge. « I-Il… y a quelque chose que tu aimes manger ? » Tu hoquettes. « Je pense qu’il y a quelques restes ? Peut-être. » Une mèche de cheveux tombe sournoisement - une mèche que tu cales derrière ton oreille, comme toujours. C’est quelque chose que tu recommences encore et encore depuis l’enfance. Il est synonyme de malaise, Aïn. Tu es gênée ? « J-je vais aller voir. Tu peux te changer en attendant, si tu le souhaites. »
Et tu détales.

Tu ressembles à une souris farouche, ainsi écrasée contre la porte qui vous sépare, lui et toi. Tu n’as même pas cherché à entendre sa réponse quant à ses goûts ; tu n’as même pas su faire taire le tambourinement furieux de ton cœur jusque-là. Non, tu es définitivement trop troublée. Par quoi ? Par qui ? Lui ? Pour quelles raisons ? Qu’a-t-il de plus que les autres qui explique qu’il torture ton âme de cette manière ? Tu n’as aucune réponse à offrir - novice en tout.
Haletante, tu sembles courir un marathon sans fin. Tu te laisses aller contre le mur durant quelques secondes, pour fondre dans la cuisine américaine. Tu dégotes le poulet au miel. Tu l'as à peine picoré, ce midi ; et ce malgré le temps de préparation outrageusement long. Tu balances le tout dans une poêle et laisse le tout réchauffer à feu doux, l'œil qui divague. Tu déposes l'assiette pleine sur le bar et demeures de l'autre côté, un verre d'eau dans la paluche.
Ne reste plus qu'à attendre l'estropié magicien.
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MessageSujet: Re: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Lun 14 Nov - 13:36

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MessageSujet: Re: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Lun 14 Nov - 15:51

« je te veux... »
lloyd ✧ aïn
Quelque chose cloche, Aïn.
Tu observes ta jumelle peinte sur l’écran de télévision éteint. C’est quelqu’un qui t’est inconnu, tu songes. Une étrangère cachée en ton propre sein. Une femme-enfant à la gueule tirée par une fatigue soudaine ; une gamine de dix-huit piges, les prunelles hantées par une lueur qui ne t’est pas familière. Qu’est-ce, au juste ? De l’intérêt ? De l’anxiété ? Non, celle-ci, tu la côtoie depuis des années - tu peux reconnaître son éclat morne au premier coup d’œil. La bête qui s’accroche à ton gris-perle est toute autre. Tu décides de l’ignorer et esquisse un pas de côté pour ne plus apercevoir le reflet dérangeant.
Non, rien ne cloche.
C’est ce que tu te répètes en amenant le verre à tes lèvres. L’eau fraîche paraît assécher ta trachée plutôt que d’étancher ta soif. Tu réalises que c’est un autre besoin qui t’assaille - alors tu cherches. Du soda ? Peut-être qu’une légère hypoglycémie te talonne ? À moins que tu n’aies envie d’un jus de fruits ou d’un thé ? Tu n’arrives pas à te décider et demeures là, adossée au plan de travail. La prunelle dans le vide, c’est à peine si tu es capable de faire le tri entre toutes les émotions que tu essuies. Elles te submergent, telle une vague sur la berge ; tout comme l’eau salée, elles se retirent et abandonnent une écume qui, elle, persiste à s’accrocher. Son goût amer te dérange. Tu prends une nouvelle gorgée, comme pour le faire disparaître.

Il pénètre dans la cuisine aseptisée, tu ne sursautes qu’une fois la distance rompue tant tu es ailleurs. Tu ne le remarques que lorsque sa main - démesurée, face à la tienne - s’empare de ton unique remède contre le doux brasier sous lequel tu te consumes. Tu es sûre que le feu vivace brille dans ton regard couleur d’orage, alors tu préfères les laisser sur le sol. Tout du moins, tu essaies. L’attraction qu’il exerce est tout à fait différente de celle des autres. Les autres ? Les hommes, Aïn. Tu n’en rencontres pas un régiment tous les jours ; au contraire. Papa s’applique à te préserver de leurs pupilles qui traînent sur les silhouettes des lycéennes. Papa s’évertue à conserver pur ce qui est destiné à être souillé tôt ou tard.
« Viens-là toi. » Tu lèves automatiquement les billes jusqu’à sa gueule usée et ton cœur esquisse un bond. En quel honneur ? Difficile à dire. Sans doute à cause de ses mains qui te soulèvent comme s’il s’agissait d’une sinécure - tu penses aussitôt à son bras en mauvais état et à l’autre, celui-là est mécanique. À moins qu’il ne s’agisse de ses orbes posées sur ton squelette ; elles recèlent d’une avidité toute masculine. Le pourpre s’invite sur tes pommettes sans que tu n’oses émettre un son. Ni un mot, ni une plainte audible. Rien. Tu respires à peine sous ses doigts qui prennent ce qu’ils désirent sans même quêter une quelconque approbation. En a-t-il seulement besoin ?
Tu n’es pas farouche, frêle colibri. Pas avec lui, du moins.

Où est ta crainte du contact ? Où est passée l’inéluctable crainte d’être frôlée par une main d’homme ? Tu ne cherches pas nécessairement davantage. Tu n’y tiens pas des masses ; se poser des questions, c’est néfaste. Ton organe palpitant s’amuse à décrire quelques sauts périlleux lorsqu’il attrape ta main de la sienne pour l’abandonner sur sa joue tiède. Tu n’as guère besoin de suppliques, Aïn. Tu caresses doucement la chair du bout des phalanges tremblantes - tu ne t’en prives pas, minuscule étoile. Il t’hypnotise et anesthésie tes sens. Tu imprimes le bleu de ses iris dans tes propres rétines, animée par le désir de ne rien oublier. « Merci. » Tu tressailles. Sa voix rauque te dévore de l’intérieur - de petits démons se tortillent au creux de tes entrailles. La distance est rompue ; il te touche franchement, son front logé contre ton épaule. Tu hésites. Ton âme balance entre la pseudo-fragilité de ce visage qu’il dévoile, et le reste. Tu sens ses mains sur ta peau et la tienne se risque dans sa crinière sombre.
Tu désires davantage, douce étoile.
Les cuisses écartées, tu tentes de l’attirer au plus proche dans l’unique but que les corps se rencontrent ; c’est malsain. Ce n’est pas toi, ça. « Quel est ton prénom ? » Aïn. Aïn. Ce ne sont que quelques minuscules lettres - trois petites lettres que tu es incapable de prononcer. Tu doutes de la clarté de ta voix. Tu sembles craindre les paroles qui pourraient s’en échapper au rythme d’un soupir désabusé. Il ne te laisse pas le temps de rebondir et enchaîne. « Il faudrait… que tu manges avant de tomber de fatigue. » tu resserres légèrement l’étreinte du bas de ton corps, mais le voilà qui se dérobe déjà. « Ouvre la bouche maintenant. Et vite. En règle générale je n’aime pas jouer les nounous et il se pourrait que la fourchette connaisse un plus funeste destin. » tu ne relèves pas, trop occupée à le dévisager, affublée d’un regard lourd de sens. Tu prends évidemment conscience de celui-ci et le détournes à la hâte en espérant qu’il n’en ait rien vu.
Pauvre créature.

« Après le repas il faudra que tu ailles te coucher. C’est vrai… à quelle heure doit se coucher une enfant, hum ? » tu lâches un rire dans un hoquet ; il ne dure qu’une fraction de seconde avant qu’une autre idée ne s’arrime à ton casque de filaments noirs d’encre. Une envie qui te coûte de posséder en ton sein. Tu refuses de te plier aux exigences de l’étrangère lue sur l’écran de télévision - tu ne souhaites pas céder à ses pulsions trop arbitraires. Tu es Aïn. Tu ne peux changer ; tu ne peux prendre le risque d’avancer sans pouvoir rebrousser chemin au moindre pépin. Tu lui coules une œillade. Il est trop loin.
Étonnamment transie de froid depuis que son corps a quitté le tien, tu ne peux que réagir à cette faim nouvelle en cédant à l’inconnue qui n’est pourtant guère plus que ton reflet. Une main que tu ne reconnais qu’à peine - bien qu’elle ne diffère pas des jours précédents, c’est toujours la tienne - attrape la chemise et tire délicatement pour ne pas abîmer le vêtement. Tu le veux là où il était précédemment. Surtout, tu le veux maintenant.
Lorsqu’il est de nouveau à portée de lèvres, tu presses celles qui sourient habituellement contre la peau de son cou. Tu ne fais qu’imiter ses propres gestes avec davantage de maladresse, retournée à l’état d’enfant sans en être un. Tu n’y restes qu’un instant, troublée pour te raviser en détournant la trogne.
« Aïn… » le rouge sur les joues, la voix saturée. Tu imagines aisément qu’il ne souhaite pas révéler le sien.  « Je comprendrais… » tu déglutis péniblement. « … que tu ne veuilles pas me donner le tien. » c’est normal. C’est son inavouable secret. C’est son identité qu’il ne peut dévoiler sans s’exposer à davantage de danger.
À nouveau, ton squelette s’anime seul. Il ne paraît pas particulièrement envieux de suivre les ordres silencieux que tu dispenses à ton crâne pour reprendre un peu de contenance. Non, lui désire brûler ; peut-être en enfer, tu l’ignores. Non, lui triomphe sur la décence et exige des phalanges malhabiles qu’elles touchent. Qu’elles tâtonnent et investissent le blanc trop pâle de son teint. Elles débutent par l’avant-bras droit, sans appuyer outre mesure. Un jeu destiné à le garder là, tout proche tandis que tes lippes luttent contre l’appétit en s’écrasant l’une contre l’autre.
Elles remontent sournoisement jusqu’à l’épaule et chatouillent la gorge. Tout du long, tu n’en décroches pas l’œil - rongée par une lubie fantasque. Elles s’immobilisent à la mâchoire. Tu écarquilles les yeux, un éclair de lucidité y croît et teinte jusqu’à tes oreilles d’un écarlate vif.
« J-je suis désolée. » Tu te frottes les yeux, vêtue de toute la gêne qu’il est possible d’accumuler en l’espace d’une minute à peine.
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MessageSujet: Re: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Lun 14 Nov - 20:55

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MessageSujet: Re: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Mar 15 Nov - 1:20

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MessageSujet: Re: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Mar 15 Nov - 3:35

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MessageSujet: Re: sous la flotte, le regard — nc 16 (sous hide)   Mar 15 Nov - 6:16

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