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 L'homme père. [Gabriel Moore]

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MessageSujet: L'homme père. [Gabriel Moore]   Sam 3 Sep - 18:31

Prochain arrêt... La voix grésille dans le haut parleur et le bus tangue un peu en passant sur un trou. La chaleur est étouffante, le silence pesant. Ma tête est échouée contre la vitre, mes yeux fermés. Pourtant je ne dors pas, non. J'écoute. Le bruit des pneus sur l'asphalte lorsqu'on ralentit, quelqu'un qui klaxonne. Une vieille dame tousse non loin de moi. Un enfant babille. Je sens Damyan s'agiter un peu, dans le landau dont je ne lâche pas la poignée, l'entend chouiner un coup. Et aussitôt je me hérisse, me crispe. La jeune femme qui m'accompagne dans ce périple, celle assise à côté de moi, s'écarte un peu en me sentant faire. Sûrement dégoûtée de me sentir si inapte à m'occuper de cet enfant. Pourtant si l'assistante sociale me l'a laissé, c'est que je suis capable de me débrouiller. Nous roulons et ça suffit pour le calmer. Damyan aime ça quand on roule ainsi. Ça le berce. Comme il préfère la poussette au porte bébé. En fait je crois qu'il sent mes réticences à le prendre, à m'occuper pleinement de lui. Jamais il ne love sa tête contre ma poitrine ou ne cherche ma chaleur. Il gazouille moins que les autres enfants, et s'agite moins. C'est un bébé très calme, parce que je ne sais pas comment m'en occuper. Un bébé comme moi. Mal dans sa peau sûrement, se faisant tout petit pour essayer de se faire oublier par le monde extérieur.

La jeune femme me tapote l'épaule sans un mot alors que le bus ralentit à nouveau pour se stopper. Je me lève, attrape maladroitement la poussette. Elle m'aide à sortir du bus, me guide jusqu'aux magasins d'un pas rapide et sec et m'abandonne dans un magasin de fringues pour bébé. Rapidement le tour est joué. Je demande conseil à la vendeuse, la laisse trouver ce qui pourrait me plaire, me décrire les vêtements - bien que je m'en contrefiche. Si mon fils est habillé comme un clown, qu'y puis-je ? Je suis aveugle après tout. J'ai au moins une excuse, même si souvent ce sont mes petites dames ailées qui m'apportent les vêtements, qui les choisissent et les harmonisent. Pareil pour les miens. Elles aiment que tout soit en ordre. Qu'un jean noir, blanc ou de toute autre couleur moule mes fesses, que je sois mis en valeur. Elles font attention et si elles n'étaient pas là, je sortirai sûrement en haillons. Mais aujourd'hui, étonnamment, elles se montrent plutôt silencieuses, et j'ai peur qu'elles ne soient plus là pour moi. Toutefois elles m'aident à atteindre un marchand de crêpes et à me trouver un banc sur lequel je me pose. J'y dévore mon goûter, profite un peu du soleil. Et lorsque j'ai fini, je leur demande de me mener à un magasin de musique. C'est presque sans hésitations que j'avance. Elles m'évitent les obstacles, me préviennent, attentives et adorables, protectrices. Je leur fais confiance, elles aussi. De longues minutes passent durant lesquelles je parle avec un vendeur, ignorant son ton enjôleur, sa main sur mon bras, qui y reste un peu trop longtemps lorsqu'il me guide. Je le laisse me draguer sans répondre, sans rougir. Gardant la face.

Puis d'un coup tout se brise. Le cri d'un bébé fait trembler tout le magasin, une femme s'excuse et s'empresse de le calmer. Pourtant au fond de moi, il n'y a que ça. Le cri de cet enfant qui résonne jusque dans mon cœur. Et la certitude d'une chose : Le mien n'est pas là. Elles s'en rendent compte aussi mes minettes, et elles s'affolent. Parce qu'elles ne peuvent pas me laisser seul, sinon les monstres vont attaquer, mais qu'elles veulent retrouver notre bébé. Je pousse le vendeur, me précipite vers la porte sous leurs indications, courant. Courant comme je ne l'ai pas fait depuis des mois, des années. La panique étreignant mon torse comme une vieille amie trop longtemps oubliée. J'ai abandonné mon fils. Un bébé qui ne croit pas en moi. Il savait que ça arriverait, à coup sûr. Il savait... Il savait bordel ! Il ne m'a jamais fait confiance, moi non plus. Si ça avait été le cas, si je l'avais rendu indispensable, je ne l'aurais pas oublié. Je rentre dans quelqu'un, il me gueule dessus, je le choppe par le col, haletant et fou, les traits marquées par ma terreur et la certitude que je ne le retrouverai pas.

"Vous n'auriez pas vu un bébé dans une poussette rouge ? S'il vous plaît ! Je..."
"Lâchez-moi !"

Il me repousse si violemment que je m'écroule par terre. Son pied écrase ma main blanche et fine, m'arrache un cri de douleur, mais je n'abandonne pas, me relève aussitôt pour suivre un instinct qui remonte du fin fond de mes entrailles. Cours Gwenn. Cours et ne t'arrête pas. Montre-leur que tu peux t'occuper de ce gnome, montre-leur ! N'abandonne pas. Mes pieds me conduisent vers des endroits que j'ignore, mon torse me fait mal à se soulever si rapidement, mes cheveux fouettent mon visage, je ne sais pas où aller, quoi faire. Et une nouvelle fois je tombe au sol quand quelqu'un m'y pousse. Celui là est moins distingué et m'enfonce son pied dans l'estomac en compensation. Je tousse, peine à retrouver ma respiration, des larmes de rage naissant au creux de mes yeux gris bien trop clairs. Respire... Respire Gwenny. Mais qu'est-ce que c'est dur de respirer alors que le monde semble peser de tout son poids sur mes épaules. Que c'est compliqué d'avancer, de faire quelques pas tremblants, au milieu de cette foule qui refuse de m'aider. Les larmes nouent ma gorge, je ne sais pas quoi faire. Elles sont tout aussi paumées que moi mes petites fées, à chercher sûrement des yeux la poussette rouge. Mais il y a tellement de monde... Oui, tellement de monde... Je m'agrippe à un mur, la tête me tournant, le cœur au bord des lèvres.

"Damyan !"

C'est un cri qui me vient du fin fond des tripes et qui sort en un sanglot. Pourquoi tout vire toujours à la catastrophe ?
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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Dim 4 Sep - 22:46


Pas de cours aujourd'hui. Et pour une fois, il avait décidé de ne pas préparer ses cours en avance, mais d'aller se promener. Prendre un peu l'air. Ca faisait déjà plusieurs mois qu'il avait reprit ses recherches pour retrouver sa belle étoile qui lui manquait tant. Mais sans succès.

Portant une cigarette à ses lèvres dans un geste mécanique, tirant dessus et recrachant la fumée sans trop tarder. Il détestait ce goût infâme qui imprégnait sa bouche, mais de temps en temps, il en prenait une. La faute à son collègue lors de cette soirée un peu trop arrosée. Enfin, ancien collègue d'ailleurs. L'homme avait fêté son départ pour un autre pays et il n'était resté qu'avec Gabriel à la fin de la soirée. Buvant tout les deux, fumant et riant. Puis, ça c'était fini dans un lit. Avant de se réveiller seul. Le professeur d'anglais partit, laissant juste un mot d'encouragement pour son nouveau poste en Amérique. Ne parlant pas de leur nuit. Et ils ne s'étaient pas croisés avant le fameux départ. Il avait oublié son aimé le temps d'une soirée, comme il le faisait parfois. Trop las de ne pas le trouver. Trop déprimé de ne pas l'avoir à ses côtés. Une simple vision flou de à quoi il pourrait ressembler sans en être sur.. Ca faisait si longtemps qu'il l'avait vu. Gwenn jouait du piano d'ailleurs. En joue-t-il encore ? Comment le savoir.. Ne connaissant même pas son nom de famille. Mais, il se disait qu'il le reconnaitrait certainement au premier regard qu'ils s'échangeraient.

Ecrasant finalement son mégot dans le cendrier au dessus d'une poubelle, son attention fut attiré par un jeune homme qui se faisait bousculer en cherchant quelque chose. Se prenant un coup dans le ventre et finalement allant contre un mur. Le cri déchirant à ce nom : Damyan. Qui cela pouvait il bien être ? Il avait cru entendre poussette rouge. Son enfant ? Etrange qu'il soit seul alors qu'il semblait aveugle.

Le regard de Gabriel se posa sur l'homme qui avait blessé le jeune homme en détresse, se concentrant quelques instants. Lui faisant alors voir un obstacle juste devant lui et le voyant s'en détourner alors qu'il n'y avait rien. Juste pour se prendre de plein fouet un poteau volontairement caché à sa vu. Laissant s'estomper son don et esquissant un sourire de l'entendre geindre de douleur. Portant une main à son nez qui saignait. Quel dommage pour lui.

Le blond marcha un peu, chercha du regard la fameuse poussette. Il la trouva près d'un banc non loin d'ici. S'en approchant d'un pas lent, il s'arrêta et calcula le trajet d'un oeil sérieux. Avant de fixer le jeune homme plus loin dans la rue. Se concentrant, la main sur le bord de la poussette où l'enfant dormait. L'image se faisant dans son esprit, celle du trottoir grouillant de gens. D'un passage que pourrait emprunter l'autre homme. Lui transmettant ces images comme un direct à la télévision. Se concentrant un peu plus, ses lèvres se pinçant alors qu'il faisait résonner d'une voix se voulant chaleureuse, quelques paroles.

"Avance sans crainte, je vais te diriger jusqu'à cette poussette. C'est bien ton fils ? Il dort paisiblement, alors tu n'as plus à paniquer. Il est là. Juste à quelques mètres. Tu n'as plus qu'à approcher."

Les images et le son parvenaient certainement à ce jeune homme qui ne devait plus -ou pas- avoir l'habitude de voir. Restant en pleine concentration et surtout, ne le perdant pas une seconde de vue. Continuant de le rassurer de sa voix mentale. Le dirigeant entre les gens qui marchait d'un pas pressé. Avant de tourner la poussette et lui attraper la main lorsqu'il arrive. Tout se termine alors, le son et l'image se coupe. Il pose la main du jeune homme sur la prise de la poussette.

-Vous pouvez vous sentir rassuré de l'avoir retrouvé. J'espère que l'autre homme ne vous a pas trop fait mal..

Il se doutait que si, mais il ne savait trop quoi lui dire pour montrer qu'il avait une pointe d'inquiétude malgré qu'ils ne se connaissent pas. Ne le touchant plus une fois qu'il avait attraper son fils. Restant à une distance de deux pas pour ne pas l'étouffer. Portant une main à son nez pour voir s'il avait un saignement. Heureusement non, il n'avait pas usé de son pouvoir trop longtemps pour en avoir. Mais, assez tout de même pour avoir une migraine s'il ne prenait pas ses cachets en rentrant.. Que c'était désagréable !


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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Lun 5 Sep - 21:05

Quelques secondes ou minutes s'égrainent. Mon cri a retentit dans toute la rue mais personne ne compte m'aider, parce que je ne suis qu'un pauvre type qui a abandonné son bébé, qui a oublié l'inoubliable. Quelle mère laisserait son enfant sans même y penser une seconde ? Quelle personne laisserait son bébé s'égosiller une bonne partie de la nuit sans savoir quoi faire ? Sans oser aller le prendre dans ses bras ? Sans penser à lui amener un biberon ou changer sa couche ? Il n'y a que moi pour lui faire du mal de cette façon. Que moi pour m'en occuper si mal. Ils ont cru en moi mais j'ai échoué. Aujourd'hui j'ai perdu mon propre sang, le fruit de ma chair. Mon erreur dans cette vie. Parfois je le regrette, d'autres j'essaie de croire à ces mots que me dit souvent mon frère. Il faut que j'avance et que je pardonne. A moi. A elle. A lui. Surtout à lui, car il n'y est pour rien. Mais quelques secondes plus tard je me rappelle ce qu'était ma vie avant son arrivée. Elle ne tenait pas à grand chose, mais au moins... Au moins j'étais le seul à être en danger à cause de mon pouvoir. Le seul à souffrir et à payer les erreurs et la connerie humaine. Désormais nous sommes deux et je me sens terriblement démuni face à ce monde qui m'entoure. Face à ce pouvoir que je ne contrôle pas. Tout dépend des autres - un petit peu de moi aussi, mais pas assez malheureusement pour que tout se passe correctement, pour que j'ai un quelconque contrôle sur ces monstres qui m'entourent.

Je sens la terre s'effondrer sous mes pieds. Le désespoir me gagne, je me vois déjà renoncer. Mais soudain une image apparaît devant mes yeux. Un cri de terreur passe ma bouche, je plaque ma main dessus, sentant mon cœur s'affoler, quelque chose d'étrange nouant ma gorge. Devant moi s'étend la rue telle que je ne l'ai jamais vu. Des visages, des couleurs. Le marron des bancs claquant par rapport au sol plus clair. Quelques fleurs au pied d'un lampadaire. Mon souffle se coupe, je ne sais pas si je dois paniquer ou apprécier, parce que c'est quand même relativement flippant. "Tu ne retrouveras jamais la vue Gwenn." Avait dit le médecin. Une infection aux yeux, quelque chose de rare... Plus jamais je ne pourrais voir le spectacle éblouissant d'un coucher de soleil ou les couleurs d'un papillon. Plus jamais.. Plus... Jamais.. Alors pourquoi ? Je sursaute à cette voix qui pénètre dans ma tête, plaque mes mains sur mes oreilles. Mais j'entends, j'entends ce qu'il dit, et la panique prend place sur l'excitation ou l'émerveillement. Pourtant, malgré la peur qui fait trembler violemment mon corps, malgré les cris qui voudraient franchir ma poitrine secouée par quelques halètements, je reprends ma course à travers la rue. Je ne sais pas comment, pourquoi, mais la vue m'est rendue sans que ce ne soient mes yeux qui fassent le travail. Comme quelque chose qu'on me planterait dans le cerveau. Ça fait mal, c'est incompréhensible, je ne suis même pas sûr d'aller au bon endroit. Pas sûr d'être tout à fait sain. Si j'hallucine ? C'est peut-être - sûrement - un truc dans le genre. Une main attrape la mienne, je couine. On me la pose sur quelque chose que je reconnais sans peine. La poignée de la poussette. Et comme une libération, une larme s'écrase sur ma peau pâle.

Je fouille la poussette, défais rapidement la couverture qui recouvre le corps fragile de l'enfant, l'attire contre ma poitrine dans un souffle tremblant. Une seconde larme court après la première, mes paupières s'abaissent tandis qu'un sourire vient effleurer mes lèvres. Mais tout ça dure trop peu de temps. Le gnome sort de son sommeil, laisse échapper un éclat de voix, un sanglot, bientôt suivit d'un hurlement qui déchire mes tympans. Il ignore ce qu'il s'est passé, il ne sait pas. Tant mieux. Mon expression change du tout au tout alors qu'il se tortille, comme pour se libérer du carcan protecteur que je forme. Mon sourire disparaît, mon visage se ferme, je le repose un peu brutalement contre le matelas de la poussette, me mordant la lèvre. Je ne me rends compte que maintenant qu'il n'y a plus les couleurs et la rue au creux de mon cerveau. Que je suis de retour dans mes ténèbres.

"Ça va. Je suis solide." Alors pourquoi je murmure ? "C'est vous qui m'avez... Aidé ? Merci.. Je ne l'aurais pas retrouvé sans vous."

Je me mords la lèvre pour ne pas hurler. La panique, la colère contre moi même, tout remonte et se perd en moi de manière terriblement confuse. Il m'a foutu dans la gueule tout ce que j'ai perdu, m'a montré à quel point j'étais faible. Ça me rend dingue. Malade. Malade du monde et de ce qui m'entoure. Un peu plus encore, plus à chaque seconde qui passe. Mon fils me hait. Il me hait. Il me hait. Cette phrase sonne en boucle dans ma tête, agrémenté des quelques gazouillis du bébé. Ils ne sont joyeux que pour l'homme qui est pas loin, qui l'a retrouvé. Sûrement qu'il bat des pieds et des mains, comme tout bébé de son âge, frappant un ennemi invisible. Sûrement qu'il gonfle les joues et fait une bulle de salive, comme les autres. Qu'il cherche à attirer l'attention de celui qui l'a retrouvé. Mais il n'y a rien pour moi, rien pour le monstre que je suis. Il a hurlé parce qu'il a senti que c'était moi, parce que je ne l'aime pas et que lui non plus. Nous ne nous habituons pas l'un à l'autre. Ça ne colle pas, ne fonctionne pas. Il n'y a aucun éclat, juste l'impression d'avoir échoué. Et brutalement les pleurs viennent secouer mon corps. Je baisse la tête, remonte la main qui tenait à nouveau la poussette jusqu'à l'un de mes yeux que je frotte, mes longs cheveux encadrant mon visage fin. Les pleurs secouent mon dos, je finis par m'écrouler à genoux, me roulant sur moi même. Un besoin d'évacuer.
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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Mar 6 Sep - 12:25


A peine la main du jeune homme touche la poussette, qu'il le voit s'affoler à remuer les couvertures. Restant silencieux à ses côtés. Le bébé se réveille dans les bras de celui qu'il suppose être son père. Un peu brusque d'ailleurs dans sa panique, l'enfant semble prendre peur et se met à crier de toute sa petite force. Alors il le repose un peu brutalement. Gabriel glisse une main dans la poussette à la recherche d'une tétine. Mais rien. Mince, ce n'était pas des plus pratique ça. Quittant juste l'espace d'un instant les deux, il file dans le magasin enfant le plus proche et demande une tétine pour petit garçon. La payant et ressortant rapidement pour revenir près de la poussette rouge. Il la porte à sa bouche pour l'humidifier un peu et la nettoyer. Avant de la glisser dans celle du bébé qui se tait alors.

Le silence tout juste revenu, il entend l'inconnu murmurer à ses côtés. Un remerciement pour l'avoir aidé. Mais, Gabriel n'a pas le temps de répondre qu'il voit le jeune homme commencer à se déconfire. Mince, que devait il faire..? Il le voit alors s'écrouler à genoux, puis se replier sur lui même. Lançant un regard autour de lui, il se posant une nouvelle fois cette question sur ce qu'il devait faire. Avant de se baisser à son niveau, puis de carrément s'asseoir sur le sol. De toute façon, il n'avait rien de particulier à faire aujourd'hui, il pouvait bien aider un père en détresse. Surtout que cela ne devait pas être facile de s'occuper d'un enfant en étant aveugle.

-Je vais rester avec vous un petit moment. Surveiller votre enfant et si vous avez besoin de réconfort, alors vous pouvez vous reposer sur moi, si vous le voulez.

Ses mains viennent attraper les épaules de l'autre homme et il l'attire contre lui. Les jambes un peu écartées pour laisser passer le corps qu'il garde enfermé dans ses bras. Ses doigts venant se glisser dans ses longs cheveux. Restant silencieux un moment, avant de tenter d'engager la conversation pour l'aider à se calmer.

-Comment vous vous appelez ? Moi c'est Gabriel. Et votre fils ? Il est très mignon et vous ressemble un peu je trouve.

Pas très doué pour réconforter les gens. Il était pas non plus vraiment du genre à caliner les autres, surtout des inconnus. Mais, il ne se sentait pas de le laisser dans ce qui ressemblait à du désespoir. Murmurant alors qu'il avait acheté une tétine pour son petit garçon et que ce serait plus facile pour lui de le calmer lorsqu'il se remettrait à pleurer. Lui expliquant qu'elle était bleu clair avec un dessin au milieu. Une petite tête qui ressemblait étrangement à un pokémon, seulement comme il ne s'y connaissait pas trop, il ne saurait dire si cela en était vraiment un ou non. Gabriel avait l'impression de parler seul, mais il continuait. Lui parlant aussi de ce body vert pâle que portait son fils et qu'il trouvait très jolie. Que c'était un bon choix parce que ça allait bien à ses yeux.

A aucun moment il n'aborda le sujet de son don qu'il avait utilisé sur le jeune homme pour lui permettre de voir la rue et de retrouver sa poussette. Pas besoin de raconter qu'il était une étoile pour l'instant. Et puis, certainement qu'il l'avait comprit par lui même lorsque le noir était revenu.. D'un côté, Gabriel s'en voulait un peu de lui avoir fait subir ça..


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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Mar 6 Sep - 15:48

Il y a un acouphène plus que dérangeant qui sonne à mon oreille, semblable à une sonnette d'alerte. Je sais ce que ça veut dire, mais je tente d'empêcher le malaise d'arriver. J'en fais un peu trop ces derniers temps et je suis conscient que je panique trop rapidement. Alors je pose une main contre ma bouche et je respire dedans, le plus calmement possible, prenant le temps de sentir la chaleur de ma respiration venir s'échouer doucement sur ma peau. J'entends à peine les paroles prononcées, ne résiste pas lorsque je me sens irrémédiablement attiré contre un corps brûlant et ne cherche pas à m'en dégager, fermant au contraire les yeux d'où s'échappent mes larmes chaudes et salées, presque douloureuses sur ma peau. Je ne cherche pas à les masquer, enfouissant simplement mon visage dans la gorge de cet inconnu pour me laisser bercer, fuyant les questions qui pourraient passer dans mon esprit, refusant de penser à cet enfant de nouveau silencieux resté dans la poussette. J'essaye d'oublier, mais j'entends certaines personnes murmurer, d'autres rire. Et d'un coup je me sens faible. J'ai envie de me dégager, de le repousser. De lui cracher quelques paroles mauvaises à la tronche. Sauf que je n'y arrive pas et que je sais que ça ne vient pas seulement de ma gorge nouée, qu'il y a autre chose. Sûrement le fait qu'il m'ait aidé alors qu'il n'avait aucune raison de le faire. Que grâce à lui, le gnome ne soit pas entre de mauvaises mains ou perdu dans un coin. Qui sait ce qu'on peut faire à un bébé que l'on trouve ?

Il me pose des questions, mais je ne réponds pas. Pas encore. Je sais que ma gorge nouée à outrance ne laissera pas passer un seul mot et que tous mes efforts ne serviront à rien. Alors je me contente de l'écouter sans faire un bruit, le dos encore secoué de quelques sanglots qui s'effacent peu à peu avec les minutes qui défilent. Le vide vient doucement assécher mon cœur et je me rends compte que je suis encore plus mauvais père que je ne le pensais lorsqu'il me parle de tétine. Confus et honteux, je me tortille une seconde entre ses bras, puis me laisse aller de nouveau contre son torse, reniflant tristement alors qu'un gazouillis provenant de la poussette retentit. Il aime définitivement cet homme, le son de sa voix semble l'apaiser, et si mes fées ne sont pas affolées, c'est qu'il n'y a pas de danger. Qu'il a même raison de l'apprécier. Juste pour ça je devrais sûrement faire de même, mais je ne suis pas très doué avec les gens. Avec les mots. Avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la communication et de la sociabilisation. Un jour j'ai réussi, je crois, à parler et à rire normalement. Ou pas. En fait je ne sais plus, je crois que je n'ai jamais été un petit garçon normal parce que j'étais déjà terrifié par ces monstres qui m'attaquaient à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit. A cause de ce cauchemar qui me hantait. La sensation de chuter encore et encore, jusqu'à m'écraser par terre dans une symphonie dérangeante, le grand fracas de mes os.

Je ne sais pas d'où me vient cette peur, ce rêve, si c'est lié à cette vie dans les cieux dont je n'ai aucun souvenir ou si c'est tout autre chose, mais je sais qu'il y a quelque part une clé à tout ça. Que ce n'est pas anodin et que la plupart des peurs s'expliquent. Et je finirai par trouver, j'en suis persuadé. Finalement mes larmes se calment et je m'essuie les yeux en me redressant légèrement, appuyant une main presque maladroite contre sa jambe pour me soutenir. Je dois être bien laid à voir, mais il y a sûrement pire que moi. Je tente l'ébauche d'un sourire et ça n'échoue pas tant que ça. Bien sûr c'est un peu tremblant, légèrement hésitant, mais je crois que ce n'est pas juste une grimace, non. Je redeviens le Gwenn que je suis habituellement, même si je ne suis pas aussi fort qu'avant, cette petite poupée maltraitée par des mains brutales d'adolescents profitant de mon handicap, méprisée parce que je suis différent. Est-ce un mal de ne pas être comme les autres ? Je ne sais pas. En tout cas, je suis ce petit pantin sur lequel est gravé un sourire qui ne parvient pas à disparaître, même si j'aimerai pouvoir cesser de sourire. A croire que je préfère le mensonge et les faux semblants.

"Gwenn." Ma voix est encore chevrotante. "Je m'appelle Gwenn et lui c'est Damyan. C'est gentil de lui avoir offert une tétine... Je n'y avais pas pensé, même si je doute que ça change quelque chose. Il n'y a que moi qu'il n'aime pas."

Je lui balance une trop grande vérité d'un coup, mais à quoi bon se voiler la face ? Nous n'avons pas à être ensemble, il n'y a que quand il dort que je l'apprécie, car ce sont les seuls moments où il ne demande rien. Lorsqu'il dort, j'écoute sa respiration basse et je me demande comment il a pu venir au monde alors que tout ça n'était qu'une belle connerie. Après tout je m'étais juste fait draguer ouvertement par une nana, et par pitié ou parce que j'étais trop mal, j'ai fini par rendre les armes. C'est elle qui a tout fait, elle qui m'a mené au bout. Je n'ai fait que lover mon cerveau dans les brumes d'un bien être étrange, sans jamais chercher à la toucher. Je pensais que j'étais hétéro, mais il n'y a pas eu d'étincelle ou d'étoiles, rien de fulgurant. Alors ça m'a foutu des doutes, et encore plus avec l'arrivée du gnome. Je secoue la tête et je me relève tranquillement. L'homme ne parle pas, je me demande si je ne l'ai pas blessé ou choqué. Je passe la main dans la poussette et je remets la couverture sur le corps chaud du petit, effleure sa joue, et entends immédiatement en réponse à cela un léger geignement, une plainte, parce qu'il n'a pas envie que je le touche.

"C'est un bien joli prénom Gabriel. Très céleste." Très ange oui. Bien que je doute que sa personnalité ne dépende de son prénom. Je marque une pause. "Hn.. Je suis désolé pour tout ça, je vais vous laisser en paix maintenant, il serait plus sage que je rentre."

Une fuite, oui. Je me sens mal à l'aise et mon cœur bat trop fort. Je n'aurais jamais du me laisser aller en pleine rue...
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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Mer 7 Sep - 11:59


Il continue de parler en le sentant se calmer petit à petit dans ses bras. Ressentant comme un soulagement sans savoir pourquoi. Après tout, ce n'était qu'un inconnu qu'il aidait dans un moment de détresse. Il en avait connu lui aussi, mais avait eut personne. Avant de trouver Erika en arrivant dans ce pays. C'est elle qui avait été sa bouée de sauvetage. Elle l'avait sauvé d'une vie médiocre à son arrivée, alors qu'il n'était qu'un fuyard et un sans abri.

Le jeune homme se redresse finalement, posant une main sur sa jambe pour se soutenir. Levant le visage vers Gabriel et esquissa un sourire. Venant alors caresser une de ses joues avec douceur, il essuya les traces de larmes. Le trouvant vraiment beau à cet instant. Les yeux encore brillant et ce sourire qui paraitrait presque pas forcé. Seulement voilà, lui était habitué à se forcer pour sourire. Alors il les reconnaissait les faux et les vrais. Se redressant un peu également, il vient embrasser son front. Avant de l'aider à se relever totalement.

Gwenn. Ce nom résonne dans son esprit et il plisse un peu les yeux. L'observant plus intensément. Il portait le même nom que celui qu'il cherche depuis des mois. Ca le perturbait un peu. Ecoutant tout de même le reste de ses paroles. L'enfant le détestait ? Non, ça devait simplement être son ressenti parce qu'il avait du mal à s'en occuper. Comment son fils pourrait il le détester, c'était sa chair et son sang voyons. Et puis, Gwenn semblait quand même l'aimer, même un peu. Le recouvrant pour ne pas qu'il attrape froid. C'était un père assez attentionné, juste un peu maladroit. Il en était sur.

Se réveillant de ses pensées lorsqu'il l'entendit à nouveau prendre la parole. Mince, il était resté silencieux trop longtemps ! Esquissant un léger sourire en coin au ''très céleste". Oui, une ironie pour ce qu'il était. Un prénom dont il avait hérité avant même que le scientifique ne sache qu'il était une étoile. Doucement, Gabriel pose une main sur celle du jeune homme, comme pour le retenir.

-Je n'ai rien de prévu aujourd'hui. Que diriez vous qu'on fasse quelques boutiques ? Pour vous ou pour votre fils. Ou même aller boire un café quelque part.

Un instant d'hésitation. Prenant sa main complètement dans la sienne. La retournant, paume vers le ciel et venant y déposer un baiser. Respirant doucement et soufflant contre sa peau. Le doute toujours en lui. Perçant dans son coeur. Nouant son estomac. Il ne savait pas trop s'il avait envie que ce soit lui ou non. Voulant le retrouver, mais ne sachant même pas ce qu'il lui dirait si c'était le cas..

-Gwenn.. J'ai connu quelqu'un portant ce prénom. Quelqu'un d'important pour moi..

Un simple murmure, se redressant alors et son regard se posant à nouveau sur le visage du jeune homme en face de lui. Il semblait plus jeune que lui déjà. Cherchant le moindre trait qui pourrait ressembler à ceux du petit garçon qu'il avait vu pour la dernière fois avant de tomber. Se souvenant de l'éclat lumineux qu'il avait émit dans le ciel. Ayant bien tenté de rester là haut. Mais la résistance était veine. Et il avait attérit dans un endroit si loin de son aimé.. Se sentant alors si seul. Ne tenant que par cette image de ce garçon derrière le piano. Par ce désir inassouvi de le revoir, de le retrouver. C'est pour cela qu'il était venu ici après sa fuite. Cachant le fait qu'il était une étoile. N'usant de ses dons qu'en cas de véritable besoin. Toujours avec ce traitement, reste de son passé qui ne semblait pas vouloir le quitter.

-Mais je crois bien qu'il ne se souvient pas de moi. A moins qu'il ne m'ait jamais remarqué..

Plus bas qu'un murmure à ce moment là. Ses doigts venant replacer les cheveux de Gwenn derrière son oreille. Perdu dans ses pensées. Dans ses songes. Le détaillant toujours. Ayant cette impression que le temps était arrêté. Oublier les passants qui les entouraient.


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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Mer 7 Sep - 22:39

Je vais rentrer. Avec Damyan. Bientôt nous serons dans le bus, en direction de chez nous. Ensemble et en même temps si loin l'un de l'autre. Nos esprits à des milliers de kilomètres, en totale opposition. Il finira par s'endormir, bercé par le bruit des roues, la douce sensation d'être emporté loin de tout. Il plongera dans un sommeil profond dont il ne sortira peut-être que dans quelques heures, me laissant un peu de répit, du temps pour souffler. Ce sera bien. Déjà mes doigts se sont enroulés autour de la poignée de la poussette, prêtes à la faire rouler jusqu'à l'arrêt de bus, mais une main se dépose sur la mienne et je sursaute. Un malaise me tord l'estomac, je grimace. Merde. Pourquoi est-ce qu'il veut qu'on aille faire quelque chose ensemble ? Et si je n'ai pas envie ? En fait ce n'est pas vrai, si j'étais seul sûrement que j'accepterais volontiers. Mais il y a Damyan. Il y a le bébé, ce parasite qui me colle à la peau. Mais il y a ce baiser déposé au creux de ma paume et je tressaille, mes yeux s'ouvrant grand comme des soucoupes alors que je referme doucement mes doigts, mes joues se tintant de rouge tandis que mon palpitant s'affole. Quelqu'un portant mon prénom..? Je n'ai croisé que rarement d'autres Gwenn, et elles étaient toutes de sexe féminin. Autrement dit, pas d'autres hommes, donc une coïncidence énorme pour me coup. Je fronce le nez. Inconsciemment, j'ai envie d'en savoir plus. Envie d'en apprendre sur cet homme.

Ma gorge est serrée, j'ai du mal à savoir de qui il parle. Sa voix, ses gestes, j'ai l'impression d'être visé. Ou de n'être qu'une pâle copie de cet homme qu'il a connu. Est-ce que c'est le cas ? Ses doigts glissent une mèche de cheveux derrière mon oreille, je ferme à nouveau les yeux en déglutissant difficilement, mon cœur s'accélérant de plus belle. Merde alors. Je ne comprends pas tout et ça me stresse. Je baisse la tête et rouvre doucement les yeux même si je ne le vois pas, tends la main, la pose sur sa joue. Ça pourrait être quelque chose d'anodin, mais la seconde vient prendre son visage en coupe, pour détailler doucement ses traits. Du bout de mes doigts, avec douceur et tendresse, parcourant le visage, effleurant la ligne de sa mâchoire, ses pommettes, traçant délicatement ses lèvres, presque tranquillement. Je prends le temps de le lire et de le comprendre, de chercher si je connais son visage. Mais rien ne vient, pas de souvenir. De toute façon sa voix m'est totalement inconnue elle aussi. Mais ses propos m'ont fait douter. Comme si je pouvais le connaître ! Les seules personnes que j'ai côtoyé jusqu'à maintenant restent rares. Aedan. Ma famille. Les autres élèves de l'école de musique lorsque j'étais en France, que je voyais encore. Serait-ce l'une de ces anciennes personnes que je connaissais ? Un ancien ami ? En grandissant on oublie les choses. En grandissant, tout le monde change. Que ce soit de visage mais aussi de timbre de voix, surtout les hommes. Nous devenons autres, et il n'a pas du en réchapper. Moi je n'en ai pas réchappé en tout cas.

"Pourquoi vous aurait-il oublié ? Si vous l'avez connu, il doit se souvenir de vous. On ne peut oublier les gens si facilement."

Pourtant je me suis oublié moi même. Je me suis perdu dans le labyrinthe de la tristesse et j'ai un jour cessé de sourire, cessé d'être heureux. A cause d'une soudaine absence de couleur dans mon monde, de cette perte de la vue. Est-ce que j'aurais pu l'oublier lui ? Non, je ne crois pas. J'ai une bonne mémoire, je n'oublie pas facilement quelqu'un. Pourtant je souris légèrement et je l'oblige à me regarder, bien que je ne sois pas certain que ce soit le cas, parce que je ne le vois pas. Encore une fois je m'agite dans le vide en espérant qu'il fasse ce que je lui demande, qu'il me remarque un peu. Ou je ne sais quoi. Je soupire et je continue l'exploration à l'aide de mes mains, passe mes doigts au creux de ses longs cheveux pour les sentir filer doucement. Moins longs que les miens, certes. Mais longs quand même.

"J'ai l'impression que vous me confondez quelque peu avec cet homme, Gabriel. Je ne sais pas si c'est moi, mais je crois que je me souviendrai de vous. Mais bon... On peut peut-être chercher ensemble, non ? Mais ça m'étonnerait. J'ai vécu un petit moment en France... Puis nous sommes venus ici. Je suis tombé dans la Seine vous savez. A paris." Je ris un peu. "J'ai failli me noyer ce jour là. J'ai failli mourir parce que je suis tombé du ciel au mauvais endroit. Ça vous dirait de continuer en allant boire un truc ? J'ai chaud et je suis un peu fatigué. "

C'est ce qu'on m'a raconté. Ce qu'elle m'a raconté, ma si douce mère. Elle en avait longuement parlé avec la femme de l'orphelinat, pour savoir si je ne risquais pas d'être traumatisé. Et oui j'abrège pour le moment, je dois bien l'avouer.
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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Mar 13 Sep - 11:48


Il ferme les yeux en sentant les mains sur ses joues. Profitant un moment de l'instant. Appréciant ses gestes de découverte.

-Je l'ai connu avant qu'il tombe.. Et s'il ne se souvient plus de sa vie d'avant, alors comment pourrait il se souvenir de moi..

Un pauvre sourire, un peu empreint de tristesse effleure ses lèvres. Ecoutant ses autres paroles. Le laissant glisser ses doigts dans ses cheveux et se retenant de l'attirer contre lui. Le fixant alors longuement à ses paroles.

-Dans la Seine ?...

Ce nom lui disait quelque chose.. Mais, cela ne pouvait être cette même rivière qui avait vu tomber son Gwenn et celui face à lui. Plissant un peu les yeux, l'observant un peu plus attentivement. Cherchant le moindre trait qui pourrait prouver si c'était lui ou non. Il retient un soupir, se disant que même sous ses yeux, il ne le reconnaîtrait peut être pas finalement. Trop d'années étaient passées et puis, Gwenn ne se souvenait sûrement pas de lui au fond..

S'écartant d'un pas, détournant le regard pour observer le bébé dormant dans sa poussette rouge vif. Un moment de déprime commençait à s'installer dans son coeur, encore une fois. Mais, il devait se reprendre, ne pas laisser le jeune homme face à lui seul alors qu'il avait fait la proposition en premier.

-Bien sur, allons boire un verre quelque part. Dans un endroit pas trop bruyant que Damyan puisse continuer de dormir.

Posant une main sur la poignée, attendant que Gwenn en fasse de même. Il le suivit un moment en silence. Regardant un peu autour d'eux. Les gens ne faisaient pas vraiment attention à eux, comme ils ne prêtaient attention à personne d'autres qu'eux même. C'est peut être pour cela qu'il préférait aller dans les bar aux endroits plus tranquille et moins bondé. Au moins là bas, il pouvait facilement trouver quelqu'un qui s'intéresserait même le temps d'une soirée à lui. Et lui s'intéresserait à un inconnu pour une soirée aussi.

-Dans quoi travailles tu ? Hm, je me permet de te tutoyer, tu le peux aussi.


Un détail qu'il avait un peu oublié sur le moment. C'était plus simple pour se rapprocher de quelqu'un et étrangement, il avait envie d'être un peu plus proche de ce jeune homme. Sans vraiment trop de raisons dans le fond, mais il portait un certain intérêt à ce Gwenn.


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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Jeu 15 Sep - 19:04

Alors ce Gwenn était une étoile. Une étoile, comme lui. Des coïncidences de plus en plus invraisemblables, de plus en plus dérangeantes. Pas que connaître cet homme ne soit une erreur ou quelque chose de malheureux, mais ça me tue de me dire que j'ai pu un jour oublier quelqu'un. Et encore plus de savoir qu'on a une vie dans les cieux et que je certains s'en souviennent. Ainsi je n'étais pas juste un minuscule point brillant au creux des nébuleuses, quelque chose d'insignifiant, n'existant pour personne. Non, j'avais une vie en haut. J'ai senti des choses, vécu, et je ne me souviens de rien. Un peu comme dans ce que certains appellent la réincarnation. On n'a absolument aucun souvenir de ce qu'il s'est passé avant. Je me mords la lèvre durant un infime instant, assimile la nouvelle, retient les questions qui meurent d'envie de passer ma bouche. Comment c'était là haut ? Qu'est-ce qu'il voyait ? Est-ce qu'il ressentait tout aussi fort que maintenant ou était-ce plus ténu, à peine un soupçon ? Pourquoi je ne les pose pas ? Par pudeur ? Peut-être. Sûrement, oui. Parce que je n'ose pas avouer que moi, mes souvenirs ne se résument qu'à un vide énorme qui creuse un trou béant dans ma poitrine. Un faible sourire s'esquisse sur ma bouche. Il a un moment de silence et je sais qu'il pense à lui, à cet homme qu'il a connu. Ça doit lui faire mal. Ça l'effraie sûrement la moitié du temps. La crainte de ne jamais le revoir, que ça ne colle plus. Pas comme là haut du moins. Que ces quelques souvenirs auxquels il s'accroche ne finissent piétinés par l'incompréhension de l'autre.

J'acquiesce à sa proposition. Le fait qu'il fasse attention à lui plus que moi je le fais me fait un instant me crisper, mais je me détends rapidement. Je n'ai pas le droit de repenser à tout ça, pas le droit de nous faire mal alors que nous venons de nous rencontrer. Tout doit se passer normalement, du moins plus que le début. Parce que s'il croit que j'ai oublié cette voix dans ma tête, il se trompe. Je ne suis pas comme ça, je ne laisse pas tomber, encore moins quand quelque chose m'intrigue et m'effraie à ce point. Et en même temps, durant quelques instants, il m'a rendu la vue. C'est plus que ce que j'aurais pu espérer, presque exaltant. Si seulement il pouvait recommencer, enfoncer dans ma tête ces images colorées et magnifiques, me donner ce que je n'ai plus. Contredire les médecins en me rendant la vue. N'a t-il pas ce pouvoir ? J'aimerai tant.. Ma main se pose sur la poignée de la poussette, j'effleure un instant la sienne et frissonne sous sa peau chaude. Je ne drague pas, pourquoi le ferai-je ? Je veux juste m'assurer qu'il est là, celui qui m'a sorti de cet enfer.

 « Je suis accordeur de piano. J'en ai souvent joué, mais je n'y arrive plus maintenant que je suis aveugle, alors j'ai transformé un bout de ma  passion en métier. »

Quel beau mensonge Gwenn. Presque parfait. Si on excepte bien sûr que j'ai toutes les clés en main pour jouer du piano. Il me suffirait juste de les réapprendre, ces touches soyeuses sur lesquelles mes doigts ont de bien nombreuses fois glissé, comme de douces caresses pour un amant. Il y a aussi ces partitions que j'ai encore dans la tête. En bref j'ai tout ce que je veux, c'est juste que je n'ai plus envie. Mon frère désespère, mon père aussi. Ma mère également, lorsqu'elle était toujours en vie. Combien de fois me suis-je défilé alors qu'elle me demandait un morceau, le teint rendu pâle par la mort approchant ? Elle voulait juste ça, alors qu'elle n'avait même plus la force de bouger. Entendre mes doigts devenus adultes rejouer un morceau de cet instrument qu'elle aimait tant. Moi, en bon monstre que je suis, je le lui ai refusé. Je soupire et je presse un peu le pas, comme pour montrer ma gêne, mon désir de ne pas continuer sur cette lancée, sur le pourquoi du comment je ne joue plus de piano. Tout comme le violon. Autrefois j'étais un enfant prodigue, sincèrement doué. Désormais je ne suis plus que l'épave de ce gosse, sa coquille qui a tout perdu.

 « Je ne me souviens pas du ciel. Mais de l'endroit où je suis tombé, oui. Je me souviens surtout que c'était froid. D'un coup, toute cette eau autour de moi, entrant dans ma bouche alors que j'essayais de crier. Puis quelqu'un m'a attrapé. Mais s'il n'avait pas été là, je serais mort à l'heure qu'il est. » Que je raconte alors que nous marchons à nouveau plus tranquillement vers un endroit dont j'ignore tout.

La nature se serait chargée de moi, comme on élimine les parasites, comme une maladie tue les plus faibles. La sélection naturelle. On ne peut pas lutter contre ça. Pourtant mon destin a voulu que je m'en sorte, par cruauté peut-être ? Je soupire et secoue la tête, le destin n'a rien a voir avec ça. C'est juste ma malchance. Un sourire éclaire mes traits, je penche la tête, calme et trop serein, écoute un peu les bruits alentours. Quelques fourchettes tapées contre des assiettes, deux amis qui trinquent, je crois. Des conversations discrètes qui ne risqueront pas de réveiller le gnome. Ce serait peut-être le bon endroit.

« Ce serait bien de trouver quelque chose dans le coin, non ? Ça a l'air plutôt calme. »

Pour preuve, le monstre n'a pas bronché et continue de dormir bien paisiblement, le fait que nous roulions l'ayant encore d'avantage assommé. A croire que la poussette est un accessoire magique, ou qu'il se réfugie dans le sommeil pour ne pas me voir, m'entendre. Pour ne pas savoir qu'il est bel et bien le fils d'un mauvais père.
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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Dim 9 Oct - 19:14


Accordeur de piano, c'était un beau métier. Dans la musique. Et certainement pas des plus facile pour un aveugle. Mais, Gwenn semblait s'y être fait et s'en être accomodé. C'était une bonne chose en soi.

-J'aurai aimé avoir la chance de t'entendre jouer avant que tu n'arrêtes. Quel dommage.

Il se doutait un peu que la perte de sa vue avait dû avoir un impact important sur sa vie et que c'était certainement la raison pour laquelle il avait arrêté de jouer. Continuant d'avancer sans lâcher la poussette, Gabriel observait le jeune homme de temps en temps. L'écoutant avec attention et cherchant aussi un endroit assez calme pour qu'ils puissent se poser.

Le pas se presse un peu et il sent bien l'instant de gêne. Vite dispersé par la suite de ses mots. Gwenn abordait le ciel, leur vie avant. Pas de souvenirs pour lui, ce devait être difficile de ressentir ce vide lorsqu'on sait que certains peuvent se rappeler du moindre détail. Gabriel s'en rappelait lui, de cette vie tout là haut. Mais, il ne s'amusait pas à en parler, à la raconter. Parce que c'était quelque chose de précieux et de secret aussi quelque part. Mais, pour lui, il pourrait donner quelques détails.

-C'est une vraie chance que cette personne fut à cette endroit pile à ce moment alors. Et je la remercie d'ailleurs, parce que ça me permet d'être en ta compagnie aujourd'hui.

Il esquisse un fin sourire, l'effaçant plutôt rapidement. L'homme acquiesce avant de simplement ajouter un ''oui'' à la proposition de Gwenn. Le coin était plutôt calme en effet et ce serait parfait pour eux trois. Oui, parce qu'il n'oubliait pas le petit homme endormit dans cette poussette bien rouge.

Encore quelques pas, quelques mètres et il s'arrête devant un café où il n'y a presque personne. Lâchant la poussette afin d'entrer pour voir l'intérieur. Puis, il revient près de Gwenn.

-Ici, ce sera bien. Allons a l'intérieur, il fait meilleur et ainsi ni toi ni ton fils n'attraperont froid.

Sa main se pose sur celle du jeune homme pour pousser doucement la poussette, l'aidant a la faire monter la marche. Puis, il le conduit jusqu'à une table du fond avec des banquettes. Le faisant passer en premier et s'installant à ses côtés. Observant le bambin toujours en train de dormir.

Le serveur ne met pas longtemps à venir prendre leur commande et Gabriel choisit un café allongé. Laissant Gwenn choisir, avant de le regarder partir vers le bar. Puis, il se tourne vers son vis à vis et vient replacer une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

-Je pourrais te parler des cieux si tu veux. Un peu. Quelques détails qui pourraient t'intéresser peut être. Mais, ce n'est pas une obligation. Après tout, tu n'as peut être pas envie de savoir non plus.

Pas du genre à forcer les gens, s'il lui disait non, alors il changerait de sujet. S'il lui disait oui, il lui répondrait aussi bien que possible à ses questions. L'observant avec une certaine intensité. Remerciant tout juste le serveur lorsqu'il apporte la commande. Ne quittant pas Gwenn des yeux une seule seconde. Ce sentiment étrange lui étreignait toujours le coeur et remuait son ventre. Difficile à expliquer tant de coïncidences, mais il n'était pas sur non plus. Lui qui pensait pouvoir reconnaître son aimé du premier coup d'oeil, voilà qu'il hésitait et se demandait, face à un jeune homme portant le même nom et tout autant une étoile..

Il retient un petit soupir et pour le cacher, il vient souffler sur son café afin d'en boire une première gorgée. Frissonnant à la chaleur qui vient le parcourir.


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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Mer 12 Oct - 18:38

Boum. Boum. Boum. Mon cœur claque si fort dans ma poitrine que je me demande un moment si c'est réellement humain, possible du moins. J'ai mal, je crois, de l'avoir entendu dire qu'il aurait aimé m'entendre jouer. Ma mère aussi elle voulait m'entendre, et elle est morte sans avoir le droit. Des larmes mouillent mon regard, je les chasse dans un élan de rage, tente de rejeter la peine qui s'introduit comme un poison lent et destructeur dans mes veines, dans chacune de mes respirations, chacun de mes souffles. Je ne peux offrir ça à personne, je ne peux lui donner ce qu'il attend, et encore moins alors que je ne le connais ni d’Ève ni d'Adam. Peut-être que lui me connais, si je suis bien le Gwenn qu'il cherche. Mais ça nous n'avons aucun moyen de le savoir et même si c'était le cas, je ne suis pas sûr de vouloir le laisser s'intégrer à ma vie. Et pourtant les battements paniqués de mon palpitant me montrent qu'il y a peut-être quelque chose, une lueur, aussi infime soit-elle, d'espoir et d'envie qui se lovent en moi. D'envie de me sentir choyé, aimé, d'espoir que pour une fois, quelqu'un m'ait cherché alors que je n'étais qu'un fantôme, un souvenir encore plus fragile qu'une volute de fumée, si petit dans l'immensité de l'univers, dans la grandeur de la terre, que si c'est bien moi cette étoile après laquelle il court, ça relève du miracle qu'il me tombe dessus ainsi.

Peut-être que c'est le destin, peut-être juste une coïncidence, je ne sais pas et je ne cherche pas à connaître la réponse. Tout ce que je souhaite c'est que tout ça soit clair. Qu'on me dise si oui ou non je suis celui en qui il croit ou si je me plante complètement. Sauf que comme d'habitude, je ne lui poserai pas la question. C'est trop gênant, trop inquiétant toute cette histoire. Nous sommes deux morceaux de ciel tombés à des endroits différents, il semble parfaitement improbable que l'on se retrouve tous les deux dans cette ville, mais encore plus que nous partagions à l'époque le même morceau de galaxie. Après tout il y a une infinité d'étoiles. Ce serait un parfait miracle si ce qu'il souhaite se produit. Ma gorge se serre, le gnome grogne et s'agite un peu, sûrement pour changer de position. Je crois qu'il aime bien être sur le ventre, plusieurs fois je l'ai senti tourner. Et ça ne déroge pas à la règle. La poussette remue alors que nous venons de nous poser sur une banquette, je claque de la langue contre mon palais, sans aucune patience, et il s'immobilise peut-être quelques secondes après. Si je ne le vois pas, j'entends parfaitement le bruit rapide des succions et les quelques grognements qu'il pousse, comme pour rappeler son existence. Comme si je ne me souvenais pas de lui. Une seconde fois. Mes yeux se ferment alors qu'on dépose devant moi - merci le claquement léger sur la table - le chocolat chaud que j'ai demandé. Je le porte à mes lèvres et j'en avale une gorgée, savoure la douceur de la boisson glisser le long de ma gorge, puis soupire. C'est infime, certes, mais il l'entendra sûrement.

"Non... Je ne veux pas parler des cieux. Ça me blesse plus qu'autre chose de ne pas me souvenir."

Non, non, parlons d'autre chose. De ce que l'on fera demain, de ce que tu aimes. De ta famille et des animaux, des livres que tu lis. Raconte-moi ce que je ne peux pas voir, mais surtout évitons tous ces thèmes qui font mal. Le piano et le violon, la musique en général. Les bébés. Les cieux dont j'ai tout oublié. Les paysages que toi tu peux observer. Je ne veux pas savoir ce que je loupe, pas aujourd'hui. Je veux juste me noyer dans ce qui pourrait se rapprocher le plus du bonheur, quelques instants. Quelques secondes. Donnez-moi l'illusion que je peux être heureux et je m'en saisirai à pleines mains.

"Parle-moi de lui. De Gwenn. J'ai envie de le connaître..."

Pourquoi, alors que je voulais parler simplement de choses banales et clichés, je lui demande la dernière des choses à laquelle il voudra sûrement répondre ? Je ne suis réellement qu'un idiot.
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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Jeu 13 Oct - 15:33


Il était un peu surprit de sa demande. Lui parler de Gwenn ? C'était un peu étrange comme requête, mais pourquoi pas. Il boit une autre gorgée de café et repose sa tasse dans sa soucoupe. S'appuyant dans le fond de la banquette et regardant un peu dans le vague.

-Je l'ai surtout connu avant. Il était une étoile si brillante dans les cieux, je n'arrêtais pas de l'observer. Mais de loin, je l'ai a peine accosté une ou deux fois.

Il sourit en coin lorsqu'il s'en souvient. Ce n'était pas vraiment des mots qu'ils prononçaient là haut. C'était plutôt comme des sentiments qui s'étalaient autour d'eux. Un amas de tout ce qu'une étoile pouvait ressentir.

-De sa vie humaine, je n'ai pas vu tant que ça. Sa chute où il a failli se noyer et lorsqu'il a fini dans l'orphelinat. Je l'ai vu entrer dans une nouvelle famille avec une mère aimante. Et aussi lorsqu'il a commencé à apprendre le piano. Parfois, lorsque le ciel était bien noir, je pouvais descendre au plus bas pour entendre les notes qu'il jouait. C'était encore un peu faux par moment, mais c'était merveilleux aussi, parce que je me sentais proche de lui dans ces moments là.

Il tourne la tête vers le jeune homme et passe une main dans sa nuque. Mince, il s'était un peu emballé à parler de celui qu'il chérissait. Finissant son café avant de baisser le ton de sa voix, un peu gêné soudain.

-Désolé, je ne devrais pas te raconter tout ça. De toute façon, je ne peux pas dire grand chose de plus, j'ai fini par tomber aussi.

Il croise les jambes, regardant la poussette où dormait le petit être qui était une partie de Gwenn. Mais, celui ci ne semblait pas tant l'aimer. Pourquoi ? Il n'osait pas lui demander, parce qu'il avait bien remarqué que c'était un sujet sensible pour le jeune homme à ses côtés. Alors, il respectait ça et garda le silence. Appelant le serveur pour recommander un autre café et un chocolat chaud à mettre dans le biberon qu'il lui tendait. Ce serait certainement bientôt l'heure pour le petit de faire son goûter, alors il prévoyait. Aidant un peu Gwenn dans son devoir paternel.

Le serveur ramena la commande quelques minutes plus tard et il garda le biberon de côté. Entre leur mains à tout les deux pour que l'un comme l'autre puisse l'attraper.


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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Lun 17 Oct - 11:53

Avant... Comment peut-on connaître quelqu'un avant qu'il ne vienne réellement au monde ? Je suis sûrement resté longtemps en haut, plaqué à cette immensité bleutée que l'on appelle ciel, observant les humains, ces hommes en bas qui ne pensent pas à lever la tête vers nous. J'ai sûrement eu toute une vie avant, mais je ne m'en souviens pas. Comme un morceau perdu, quelque chose qui me manque. Et pourtant, il n'y a que quand une autre me rappelle ce que j'ai loupé que je me sens mal, que je culpabilise d'être si nul. Heureusement ça ne dure jamais longtemps. Mais aujourd'hui je ne parviens pas à comprendre pourquoi moi, seulement moi, j'ai tout oublié. Le choc ? Un soupçon de déni ? Je n'ai pas les réponses. Mais plus il me donne de remarques sur cet homme qu'il recherche, plus j'ai l'impression d'être celui ci. Comme une intuition, quelque chose tout au fond de moi qui remonte. Je pince les lèvres et dégluti difficilement, pose mes doigts tremblants sur ma cuisse. Les coïncidences sont de plus en plus énormes, j'ai pourtant l'impression qu'il ne voit rien, qu'il ne comprend pas. N'était-ce pas à lui de savoir ? Il est celui qui a des yeux, celui qui se souvient. Pourtant c'est moi qui fait tous les rapprochements, qui me pose les questions. Et je devrais les prononcer à voix haute, mais je ne saurais toujours pas dire si c'est une bonne idée. Pourtant il y a un moment où ça devient trop net. Trop frappant. Où je ne peux juste plus retenir ce qui me tracasse.

"Tu ne crois pas que c'est un peu gros là ?" Mon ton est plus cassant, bien malgré moi. "Tu dis qu'il a failli se noyer, moi aussi. Il jouait du piano, moi également. Ma mère était aimante. Acharnée au travail, certes, mais la meilleure."

Ma gorge se noue et je pose mes coudes sur la table, enfouit mon visage entre mes mains, soufflant, cherchant à refouler ces larmes qui montent en moi au simple souvenir de cette femme qui m'a aimé, élevé comme son enfant. Celle a qui j'ai fait tant de mal. [i]Maman est morte Gwenn.. Pendant la nuit.[/b] La voix malheureuse de mon frère, Amaury. Ses sanglots étouffés, ceux de mon père. Ses bras forts autour de moi et le cœur brisé battant maladroitement contre mon oreille. Il m'a fallu des jours, des semaines pour apprendre à pleurer. Elles s'étaient enfuies, mes larmes, lorsque le médecin a posé sa grande main sur mon épaule en me disant qu'elle avait encore demandé à m'entendre jouer, la nuit de sa mort. J'ai sangloté, longuement, à l'intérieur. Mais rien ne sortait de mes yeux, rien ne roulait sur mes joues. Il n'y avait que la tristesse broyant ma poitrine, et la honte, puissante, commençant à m'étouffer. Encore aujourd'hui elle est là, bien que je tente de l'ignorer. De l'oublier.

"J'ai le même prénom que lui. Je suis de même nature. Il y a des choses qui ont changé, bien sûr. J'ai un fils désormais. Je ne vois plus. Je ne joue plus de piano, ni de violon. Mais mon pouvoir, lui, est toujours le même. Si tu le connaissais réellement, tu devrais savoir ça aussi. Pourtant tu ne m'as rien dit là dessus. Si c'est moi ton Gwenn, tu pourras certainement confirmer qu'il tombait souvent. Que des objets lui tombaient dessus. Qu'il se retrouvait souvent avec le corps tuméfié, coupé. Parce que les coïncidences aussi énormes, je n'y crois pas Gabriel."

Je n'y crois plus. Ou alors je n'y ai jamais cru. La vie a toujours été dure avec moi. Oh, moins qu'elle pourrait l'être avec d'autres, mais j'ai eu des épreuves. Je pleurais beaucoup à l'orphelinat, quand mon verre m'explosait au visage à cause d'un monstre et qu'on me hurlait dessus parce que je ne faisais pas attention. Lorsque je tombais, parce qu'ils appuyaient trop fort sur mon corps. Je n'avais pas de fées pour me protéger, pas assez. Parce que moi, je ne connaissais pas le bonheur. Je me faisais hurler dessus constamment et j'ai appris la maturité bien avant beaucoup de gosses. Ils ont récupéré un gamin trop grave et trop sérieux dans cette famille heureuse qu'ils étaient. Et moi j'ai toujours été trop terre à terre, un peu bizarre, trop ancré dans mes peurs. Alors non, sûrement n'y ais-je jamais cru. J'aimerai me lever et rentrer chez moi. Mes doigts sont crispés sur la table, j'ai relâché mon visage et je lui fais face, comme si je pouvais le voir. Peut-être bien que c'est effrayant, même. Je n'en sais rien. Je veux juste des réponses.
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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Lun 17 Oct - 17:19


Son ton cassant le fait tourner la tête et il le regarde à nouveau. Il l'écoute et vient glisser une main dans son dos. Oui, ça faisait beaucoup de coïncidences, mais certaines choses semblaient avoir beaucoup changer. Alors comment être sur ?

-Il n'a jamais confié son pouvoir ni à un ami ni aux étoiles. Je n'ai donc jamais pu le connaître..

Un simple murmure alors qu'il écoute le reste. Oui, il tombait souvent, se blessait et se faisait rouspéter. Bien qu'il y ait des ressemblances ressentit à sa première rencontre, il n'en avait pas eut l'assurance. Mais maintenant, de plus en plus, il en était sur. C'était bien lui. Et son coeur s'emballait de bonheur. De honte aussi. Se sentant presque intimidé par ce ton qu'il employait contre lui. Comme des reproches.

Sans attendre, lorsqu'il se tourna vers lui, une de ses mains glissa sur sa joue. Il prononça des mots tout bas, si bas que même lui n'était pas sur de les avoir prononcés. "Te voilà enfin..'' Et ne réfléchissant pas vraiment à ses actes, ses gestes, il se penche pour effleurer ses lèvres. Décroisant les jambes, le rapprochant de lui avec son autre main. Venant lui voler ce baiser qu'il avait toujours rêvé d'avoir. Tentant de respirer calmement pour faire taire les battements de son coeur trop bruyant. Gwenn le repousserait il ? Certainement que oui. Ce devait être soudain. Imprévu.

Alors il se recula, lâchant son visage et l'observant. Se mordant l'intérieur de la joue en jurant mentalement. Il devrait s'excuser. Mais ce qu'il avait vraiment envie de faire, c'était de l'embrasser à nouveau. Gabriel se décala un peu plus sur le côté, attrapant sa tasse pour s'occuper les mains et fixant le café dans celle ci.

-Je n'aurai pas dû, c'était déplacé.. Excuse moi.

Il le regarde de côté, incertain de sa réaction. Peu sur aussi de l'attitude à adopter dans l'immédiat. Avant de reprendre la parole doucement, tout bas. Un léger sourire sur les lèvres.

-Tu es devenu un très bel homme. Et tu as bien changé par rapport à quand tu étais enfant, mais j'aime ce que tu es maintenant.

Oui, parce que ses sentiments ne changeraient pas si facilement pour celui qu'il avait cherché. Pas question de se laisser aller à quelques faiblesses parce qu'il n'était plus le même. Non, il serait là pour lui au contraire. Il voudrait pouvoir l'aider, le soutenir. Enfin, seulement si Gwenn l'acceptait.


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MessageSujet: Re: L'homme père. [Gabriel Moore]   Sam 5 Nov - 8:43

Mon corps se recroqueville lentement en le sentant s'approcher aussi près. Mes ongles se plantent dans ma peau et mes dents se plantent à l'intérieur de mes joues. Pourquoi fait-il ça ? Pourquoi faut-il que je sois celui qui lui fait prendre conscience de ce qu'il ne parvient pas à voir ? Il m'a cherché et il ne me reconnaît pas. Ça n'a rien de normal. Il aurait dû me sauter dessus. Me faire un peu peur sans doute. Pleurer de joie en me voyant. Savoir. Savoir immédiatement. Parce que ces choses là se sentent tout au fond de nous. Il y aurait dû avoir ce minuscule quelque chose cognant au creux de sa poitrine, la certitude de m'avoir trouvé. Pourtant il est plus aveugle que moi. Il n'a pas compris et sûrement rien senti. Et là, d'un coup, tout se déverrouille à cause de ce que j'ai dit ? Je n'arrive pas à y croire. Mais à vrai dire, à quoi je crois depuis que je suis tombé ? Je secoue un peu la tête, le palpitant battant à tout rompre et des pensées noires me tombant à nouveau dessus. J'entends déjà la voix de mon frère lorsque je lui raconterai cette histoire. Pleine de curiosité, d'inquiétude et de reproches parce que je n'en aurais pas demandé plus. Seulement je ne suis plus sûr d'en vouloir plus. Parce que ça hurle en moi. Il y a cette tempête qui ravage mon cœur, broie mes organes. Je veux rentrer et ne plus réfléchir. Me lover dans la chaleur réconfortante de ma chambre. De mon chez moi. Oui, juste cesser de penser.

Mais ses lèvres trouvent les miennes et je me tends violemment. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?! Pourquoi ne me laisse t-il pas le temps d'accepter tout ça ? Il réagit sur des pulsions, parce que lui est censé m'aimer, mais moi ? Moi je l'ai oublié ! Moi je ne me souviens de rien et je ne nourris pas de sentiment particulier à son égard. Moi je ne suis qu'un aveugle paumé qui n'est pas parvenu à garder des souvenirs du ciel ! Est-ce que je le connaissais lorsque j'étais là haut ? Je ne peux même pas le dire ! Parce que si lui m'observait, moi... Et bien moi ce n'est pas certain que je l'ai déjà vu. Ça craint, mais je ne peux rien y faire. Et il n'y a pas ce frémissement si particulier dans mon cœur, aucun envol de papillons. Juste la peur et le refus de mon esprit de m'abandonner rien qu'un instant entre ses mains. Alors je me tends, m'arc-boute, tente de lui faire comprendre que je ne veux pas ça. Seulement il me relâche parce qu'il l'a décidé, il n'a rien vu je crois, rien vu de mon trouble. Tout est trop soudain, trop brutal. Les larmes sont de nouveau au bord de mes yeux, mon souffle tremble. Je voudrais qu'on m'oublie, qu'on cesse de penser à moi. Qu'on me donne le temps de digérer et de comprendre tout ça. Mais ça semble trop demander. Alors je ne réponds pas à ses compliments, parce que je ne sais pas quoi dire. Je ne sais plus quoi penser. Mes paupières s'abaissent, ma lèvre tremble, j'amorce un mouvement pour me lever.

"Je vais rentrer chez moi, pardonne moi. J'ai besoin de temps."

D'espace pour ne pas hurler. Pour ne pas frapper. D'être seul et de penser à autre chose. Peut-être bien que je vais écouter de la musique en rentrant. Un morceau de Bach ou un peu de Beethoven, sûrement le Lac des Cygnes. Quelque chose pour me détendre, ce sera bien. Je me remets debout, me mordant la lèvre. J'espère juste qu'il va comprendre que j'ai besoin de m'évader. Me laisser et ne pas me courir après.
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L'homme père. [Gabriel Moore]
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