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 Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]

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MessageSujet: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Mar 2 Aoû - 20:00


Aujourd'hui est une belle journée. Ensoleillée, sans un nuage, un ciel bien bleu. Des oiseaux chantent leur joie dans les arbres. Comment il peut savoir ça ? Et bien, parce qu'aujourd'hui, Aléric ne va pas au bureau en voiture comme à son habitude, mais à pieds. Elle est au garage pour contrôle et pas de chance, il n'a pas son jour. Carter avait bien proposé de venir le chercher, mais il avait poliment décliné. Un peu de marche et prendre le bus n'allait pas le tuer après tout. Il faisait bien son jogging matinal chaque jours, même lorsqu'il était en repos.

Mains dans les poches, parce que tout ce qu'il lui fallait était déjà au bureau, il marchait tranquillement dans la rue. Lunettes de soleil sur le nez. Il avait attaché ses cheveux en une queue haute, laissant alors voir le reste de son crâne rasé dessous les mèches plus claires. Aléric était partit un peu plus tôt, ne connaissant pas vraiment les horaires de bus. Il avait bien croisé quelques arrêts, mais préférait se rendre directement à la gare routière pour prendre un ticket et en même temps des papiers qui lui donneraient les différents horaires, s'il devait le reprendre un jour.

Une fois arrivé, il poussa la porte en verre pour entrer dans un grand hall. Observant autour de lui, remontant ses lunettes sur le haut de sa tête et avançant vers un guichet. Il discuta quelques minutes avec la jeune femme derrière le comptoir, lui souriant aimablement et prenant tout les renseignements dont il avait besoin. Il aurait même des réductions pour son fils s'il l'emmenait. Ca pourrait faire une sortie sans qu'il ne soit obligé de prendre la voiture.

Ses pas le menèrent ensuite vers l'extérieur, mais de l'autre côté du hall. Là où se garaient les bus et où il y avait plus de passage. Des étudiants étaient amassés en petits groupes et discutaient entre eux. Se mettant alors un peu à l'écart pour ne pas les déranger, il s'appuya contre un mur. Sortant son portable pour envoyer un message à Carter et le prévenir qu'il serait même en avance ! Mais, son attention fut attiré par quelques notes de musiques jouées. Pas vraiment bien accordées ensemble d'ailleurs. Ca ressemblait à quelqu'un qui tentait de faire la musique sans savoir le faire. Il remarqua alors le piano et s'approcha doucement. Un peu curieux.

Et il les vit alors. Une jeune fille qui tentait d'aligner deux notes sur le piano sous le petit porche de la gare. Et surtout, ce garçon à côté qui semblait écouter plus qu'observer. Aléric croisa son regard et son coeur sembla s'arrêter pendant un dixième de seconde. Comme s'il avait fait un saut dans le vide du haut d'un immeuble de trente étages. C'était assez violent comme sensation. Mais dans le fond, pas désagréable. Et c'est ce qui était étrange.. Faisant quelques pas de plus pour se rapprocher du jeune homme, il sourit et tenta un début de conversation.

-Bonjour. Vous aimez le piano pour en être si près ? J'espère que les notes n'écorchent pas vos oreilles.


Un peu d'humour, de sa voix basse et légèrement grave. Son coeur palpitait dans sa poitrine, un peu trop vite pour que ce soit normal. Ce garçon devait être spécial. Peut être.. Non, pas ainsi, par un hasard total tout de même ? Mais.. Et si.. Si c'était sa moitié ? Celui tombé des cieux pour lui ? Aléric croyait fermement aux étoiles dont la réelle présence était prouvée depuis peu. Et il voulait les protéger. Mais surtout, il avait toujours eu hâte de rencontrer la sienne. Homme ou femme, adulte ou enfant, il s'était toujours promit d'en prendre soin. Mais, il ne savait pas comment il aurait pu la reconnaitre. Avant aujourd'hui..

-Je m'appelle Aléric. Et toi, qui es tu ?

Sa voix avait encore baissée d'une octave. Comme si sa gorge se nouait. Et une envie folle de le toucher traversait ses mains. Alors, il les fourra sans ménagement dans ses poches pour s'en empêcher.
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MessageSujet: Re: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Jeu 4 Aoû - 1:38

C'est une journée pleine de soleil qui se profile à l'horizon. Les oiseaux s'agitent et battent des ailes pour chasser quelques gouttes de rosée, faisant sécher leurs plumes au creux d'un rayon de chaleur tout en s'amusant à quelques vocalises. Un vent doux passe dans les feuilles, entre dans la chambre par la fenêtre ouverte et emplis la pièce de l'odeur de l'été. Damyan a pleuré avant que le réveil ne sonne. Je me suis un instant demandé ce qu'il se passait, avant de me souvenir que ce parasite est là depuis neuf jours maintenant. Je frissonne et me lève. Aujourd'hui est un jour de congé, je dois me débarrasser du monstre avant qu'il ne soit trop tard. J'appelle rapidement mon frère sur mon portable tout en changeant le gnome, aidé par de petites voix bien trop gentilles me disant comment faire. Mes gestes sont hésitants et secs, mes épaules nouées d'un ras le bol qui ne peut qu'augmenter avec le temps. Une fée m'engueule, me demande de faire attention, et je grogne pour toute réponse, nettoyant son nombril maladroitement avant de lui enfiler sa couche puis son body. La voix de mon frère finit par sortir de l'appareil, encore enrouée par sa nuit, et je sais qu'il rêve de me raccrocher au nez pour aller se recoucher. Cependant il ne le fera pas, parce qu'il est un peu trop inquiet pour moi et se refuse à m'abandonner comme il l'a fait pendant toutes ces années à me voir comme un monstre.

Je lui expose mon problème : Jour de congé, besoin de musique, pas la possibilité de profiter avec le gnome. Aussi accepte t-il de venir le chercher et de me déposer par la même occasion à la gare. Une demie heure plus tard il est là, prêt à nous emporter. On colle Damyan dans sa combinaison d'ourson, il m'aide à passer ma veste et on monte dans sa voiture après avoir enfoui le sac avec les affaires pour le bébé dans le coffre. Mes doigts tapotent nerveusement la portière, je fais grincer mes dents. Mon cœur ne cesse de s'affoler, je fais de mon mieux pour me calmer, pensant à la musique qui envahira bientôt mes oreilles, mon esprit et mes rêves, posera quelques gouttes de bonheur sur mon monde sans couleurs. Il me dépose juste devant le bâtiment, me souhaite une bonne journée et m'annonce qu'il repassera au prochain coup de fil. Il se plie à la moindre de mes volontés comme si j'étais un enfant trop gâté, un gosse dont la mère meurt et à qui on donne tout pour ne pas le chagriner d'avantage. Je ne veux pas être comme ça. Alors oui maman a rejoint le ciel depuis quelques temps, mais je ne suis plus un petit garçon et j'ai accepté. Comme j'ai été obligé d'accepter que je voyais les fées et les monstres à l'âge de 5 ans ou la perte de ma vue à mes 17 ans. La vie est parfois dure mais il ne faut pas chouchouter ceux qui en subissent les conséquences.

La canne cherche la moindre difficulté, les obstacles qui pourraient se présenter devant mes pieds. Quelqu'un est en train de jouer. C'est maladroit, pas comme il faut, et une seconde seulement l'idée d'arracher la personne au siège pour prendre sa place me prend. Une seconde seulement. Un temps après et l'idée même a déjà disparu. Je m'approche, pose une main avec douceur contre le couvercle afin de sentir chaque vibration, chaque frisson. Parfois un conseil passe mes lèvres, fragile et pourtant réel, un espoir que la jeune fille s'en sorte, réussisse à jouer correctement pour transcender le monde et les esprits. Un frisson grimpe sur ma nuque. Une seconde elle réussit à aligner deux notes, crée un sourire contre mes lèvres et un encouragement sur mon palais. Mais tout se brise, une fausse note et le monde qui éclate en une pluie infinie d'étoiles aux bords acérés. Je me penche sur elle, prend sa main délicate et ouvre doucement ses doigts.

"Plus souple la main ma minette. Ne tape pas sur les touches comme le marteau sur un clou."

Elle rit et recommence. Je lui énonce les notes, elle joue. Elle les connaît, chacune d'elle, mais elle a besoin d'un guide, d'un professeur, d'une partition et je me souviens. Ça brûle encore dans mon cerveau, comme des choses qui dansent devant mes yeux alors que je ne vois plus depuis bien trop longtemps. Je me perds doucement dans la musique, ferme les yeux et cesse de lui donner les notes. Alors de nouveau elle brise tout et cesse de jouer correctement, peste et tape du plat de la main sur les touches. Le son me fait grimacer, je sens qu'elle lève la tête vers moi, puis se met finalement debout, énervée, impatiente. Une petite minette comme on en fait tous les jours, rencontrée un peu plus tôt dans cette gare. Une minette qui a soif d'apprendre et qui a su m'attirer.

"Je sais que c'est compliqué minette, mais ce n'est pas en baissant les bras que tu parviendras à progresser."

Elle grogne et se rassied. Je l'écoute sans rien faire, lui indiquant parfois une note ou deux, avant de plonger mes prunelles vers un endroit que j'ignore. Mes doigts pianotent en rythme sur le couvercle, je tente de ne pas hurler ou exploser, attraper ses cheveux pour l'éjecter de là. Je retiens quelques commentaires qui pourraient mener à des questions, à un défi, d'une minette qui pourrait bien me demander de jouer à sa place pour lui montrer. Je retiens tout. Et finalement une voix me fait sursauter. Je penche le visage sur le côté et ferme à demi les yeux, quelque chose se glissant en moi, doucement. Quelque chose qui frissonne et m'arrache un léger pas en arrière, un peu de rouge qui vient teinter mes joues, une chaleur diffuse qui se glisse dans mon estomac. C'est doux et douloureux. Effrayant. Il y a quelque chose qui se niche en moi et je ne sas pas ce que c'est. Mon cœur s'en affole, je recule à nouveau. La minette s'affole, ça se sent dans les notes de plus en plus saccadées, perdues, ça joue faux, c'est perturbé.

"La minette fait de son mieux, les commentaires désagréables ne vont cependant pas l'aider à s'améliorer." Je souris un peu, sans savoir si je dois répondre. "Gwenn. Gwenn Siriah. Avez-vous besoin de quelque chose ? Vous êtes perdus peut-être ?"

Un sourire poli passe sur ma bouche, je fais signe à la petite de continuer, me tourne légèrement vers cet homme qui m'accoste aujourd'hui, sans que je ne comprenne réellement pour quelle raison. J'ai peur. Et il y a ces choses qui courent au fond de ma poitrine, la chaleur, les papillons qui volent partout, les fourmis qui courent du bout des doigts jusqu'à la pointe des cheveux, traversant ma cage thoracique, vrillant mon front, mes lèvres, me force à les entrouvrir afin de laisser passer un souffle légèrement chaotique. C'est quoi ça ? Pourquoi c'est comme ça ? Une fée hurle à mon oreille et je comprends que j'ai trop abaissé mes barrières. Mais c'est trop tard. Je sens des crocs frôler ma joue, une de mes petites créatures qui se jette devant moi pour me protéger. Mon corps bascule, je lâche le piano et tombe le popotin au sol, le cœur complètement affolé. Certainement qu'il va se moquer, s'enfuir, un truc dans le genre, et je m'en fous. Je me contente de me recroqueviller un peu, une main se crispant sur ma poitrine, une moue douloureuse accrochée au visage.

"Qu'est-ce que ça veut dire..? C'est douloureux..."
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MessageSujet: Re: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Jeu 11 Aoû - 21:54


En l'observant, après avoir accroché sur son beau regard, il remarque la canne. Le jeune homme est donc aveugle, c'est pour cela le sursaut lorsqu'il l'a abordé. Aléric se sent idiot, il aurait dû prêter attention à ce genre de détails.. D'ailleurs, il le voit reculer un peu et les notes fausses sur le piano reviennent à l'assault. Dommage, elle s'en sortait mieux en se concentrant sur les touches noires et blanches. Mais son professeur improvisé ne lui donnait plus de conseil, alors elle avait dû se sentir perdue.

Aléric se passe une main dans la nuque à la remarque du jeune homme et lance un regard d'excuse à la dite ''minette'', qui baisse la tête en arrêtant de jouer. Mince, il était mauvais sur ce coup là pour l'approcher. Puis, il se présente. Gwenn Siriah. Un charmant prénom pour un jeune homme qui l'est tout autant.

-Pour être honnête, je vous aborde sans réelle raison. Juste comme une envie, une intuition qu'il faille que je vous parle.. C'est idiot et je m'en excuse.

Il resta silencieux quelques instants lorsqu'il fit signe à la demoiselle de reprendre sa musique. Prenant son temps, elle faisait peu de fausses notes cette fois ci. Il écarquilla les yeux en voyant Gwenn basculer. Aléric tendit la main pour essayer de le rattraper avant sa chute, mais trop tard. L'aveugle est déjà les fesses par terre et à une légère marque sur la joue. D'où sortait elle ? Pas le temps de se demander, il l'aide à se relever. Le maintenant fermement et ramassant sa canne pour lui remettre dans la main. une des siennes dans le dos de Gwenn.

-Vous avez mal au coeur ? Que s'est il passé ?


Il pose sa seconde main sur celle du jeune homme, un peu crispée sur sa poitrine. Une forte inquiétude grandit en lui, son coeur bat à toute vitesse. Même la jeune fille s'est levée de son siège.

-Laissez moi vous aider. Je peux vous emmener à l'hôpital si vous voulez. ou vous raccompagner chez vous.

Ses doigts resserent doucement les siens. Son regard rivé sur le visage de Gwenn. Une soudaine envie de le serrer contre lui le prend. C'est avec justesse qu'il se contient. Ayant réalisé que sa main avait glissé sur la hanche du jeune homme. Il la retire alors, mais vient passer avec douceur son pouce sur la joue blessée. Puis, il s'approche pour effleurer son front d'un léger baiser. Murmurant tout bas, se doutant qu'il serait le seul à l'entendre.

-Je suis là, vous n'avez plus à avoir peur.

C'était sortie tout seul. Presque comme un instinct, qu'il devait prendre soin de lui. Le protéger. Il se passait quelque chose d'indescriptible en lui. Dans son coeur, son ventre, son corps. Et il avait l'impression que c'était le destin qui les avait réunis. Un éclair passa dans son esprit. Mais oui ! Cela ne pouvait être que ça !

-Gwenn.. Etes vous une étoile ?


Son coeur bat plus fort, plus vite. Il a encore baissé la voix. Ne le lâchant pas une seconde du regard. Espérant qu'il ne prendrait pas peur de cette question. Certains avaient encore du mal à s'affirmer comme tel.
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MessageSujet: Re: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Ven 12 Aoû - 20:17

C'est particulier, unique, comme une symphonie qui se crée d'elle même sous les doigts d'un pianiste. Pas de mauvaises notes ou de faute de goût, juste la perfection, la création d'une nouvelle œuvre qui, un jour, connaîtra sûrement des moments de gloire. Peut-être que la notre sera moins connue, mais qu'en sais-je ? Tout ce que je perçois c'est qu'elle se déroule de façon totalement aléatoire tout en restant parfaitement singulière. Parfois il y a des soubresauts, quelque chose qui passe mal, repris immédiatement derrière par quelques arabesques destinées à arranger le tout afin d'amener les spectateurs toujours plus haut. Toujours plus loin dans l'insoutenable. Ma chute est comme une secousse piétinant les fondations de ce morceau. Sa main qui me relève est le frisson de perfection. Il rattrape tout, envoûte chaque homme qui assiste à ce spectacle. C'est ainsi l'art. Comme un enchantement destiné à faire perdre pied aux hommes, dans le bien comme dans le mal. Et chaque histoire est une partition plus ou moins riche de sursauts et de croisements, un adagio, puis soudain le crescendo. Quelque chose qui peut-être très court, ou se terminer seulement lorsque la mort survient afin de tout détruire. N'est-ce pas que c'est cruel d'être la Mort ? Elle s'amuse, tourne autour de chacun et les observe, décide lorsqu'il est temps pour elle de venir arracher à une personne son dernier baiser. Et alors tout le monde la hait parce qu'elle prend à chacun d'entre nous ce que l'on a de plus cher, parfois bien trop brutalement, sans que l'on puisse se préparer. Alors la musique meurt dans un râle sourd d'agonie, invisible aux yeux de tout ceux qui pleurent le défunt sans penser à toutes ces histoires qui se brisent et qui ne concernent pas qu'eux. Se souvenant juste que la personne qu'ils aimaient a disparu sans prévenir.

Notre partition à nous continue de se dérouler, à s'écrire, lentement, sous une plume invisible qui prend son temps et qui, pourtant, n'hésite pas. Je me remets debout sur des jambes à peine tremblantes et accepte sa main au creux de mon dos, ne me crispant pas comme j'ai tendance à le faire, ignorant la brûlure qui mord ma joue. Oui j'ai mal au cœur et je suis stupéfait qu'il ne comprenne pas. Qu'il ne puisse voir et sentir ce que sa présence si soudaine fait apparaître en moi. Des émotions inconnues et quelque chose qui tente de dicter mon monde et ma vie, le tapis tout tracé qui s'étend devant mes pieds. Si c'est une plaisanterie elle n'est certainement pas drôle. Il y a déjà un petit homme de trop dans ma vie, il est hors de question que je laisse celui-ci y entrer également. Mais de sa paume à mon dos passe une douce chaleur, comme s'il irradiait pour moi, par moi, à mon seul contact. Comme si ma peau attirait hors de lui une lumière que je ne vois plus depuis que je suis enfoui dans un monde de ténèbres permanentes. Je continue d'avoir peur et pourtant il n'y a pas que ça. C'est surtout la stupéfaction que les monstres se soient décidés à m'attaquer maintenant, aux yeux de tous. Signe que j'ai baissé mes barrières à un point bien trop important, les laissant passer à leur guise, à cause d'un inconnu qui m'aborde alors que je ne le décide pas. Alors pourquoi mes yeux se ferment au pouce qui effleure la blessure causée ? Pourquoi mes lèvres s'entrouvrent sur un soupir doux quand ses lèvres épousent mon front ? Il y a des questions sans réposnses qui trouveront explication plus tard.

 « Je n'ai pas besoin d'aller à l'hôpital... » Je murmure. A peine sûr de moi. « C'est simplement une chute courante et une impression trop débordante de familiarité. »

Comme si j'avais passé toute une vie à ses côtés sans jamais l'avoir remarqué et que d'un coup, il apparaisse devant mes yeux à la façon d'un dieu. Comme s'il tentait de transfigurer mon monde. Mais est-ce que je le désire ? Il ne me l'a pas demandé. Et je ne saurais donner une réelle réponse à cette nouvelle question qui perce dans mon esprit et le martelle dans un rythme lancinant. Peut-être que oui. Surtout lorsqu'il surssure ainsi à mon oreille. Peut-être que non sous la question qui me paraît d'un coup bien trop intrusive. Je serais tenté de reculer d'un pas mais c'est tout le contraire. Mes doigts viennent d'abord trouver place maladroitement sur son torse avant d'effleurer le tissu du vêtement jusqu'à la taille, se calant finalement au creux de son dos pour ne plus le lâcher, nos corps se rapprochant, mon visage se blotissant contre sa gorge. Avec une impression soudaine de manque que je ne reconnais pas. Je l'agrippe et je refuse de le lâcher. Et ce pendant peut-être une longue minute, quelque chose qui me paraît être une éternité. Puis le soulagement se blottit en moi et je m'autorise à souffler, relâche brutalement les épaules en frottant mon nez instinctivement contre la peau brûlante de son cou.

 « Je suis tombé il y a de ça si longtemps... Mais comment pouvez-vous le savoir ? Est-ce que nous nous sommes déjà rencontrés ? »

Cela expliquerait pas mal de choses, assurément. Mais certainement pas ma familiarité ni le timbre inconnu de sa voix. Ni ce corps que je sens contre le mien et que je n'ai assurément jamais enlacé.  Sauf que la voix et les corps changent. Cependant, pourquoi jouer ainsi avec moi en me faisant croire que nous ne nous sommes jamais rencontrés ? Si c'est une seconde plaisanterie elle n'est vraiment pas drôle. Et mon cœur qui me taraude... Merde. Un frisson court sur mon échine et je me sépare finalement à grands regrets de cette étreinte que je lui ai imposé, le regard vissé vers le sol sans pouvoir le voir, finissant par se laisser recouvrir par mes paupières le temps d'une seconde. Le temps de reprendre une contenance que je peine à garder en sa présence. Pourtant il n'est là que depuis quelques minutes. Il change ma vie du tout au tout alors que j'étais à peu près tranquille au creux de ma musique.
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MessageSujet: Re: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Mer 24 Aoû - 10:35


Ce mélange de sentiments qui envahissaient les humains devaient certainement être moins violent que pour les étoiles. Peut être étaient ils moins sensible à ce lien lorsqu'ils trouvaient leur moitié. Ou peut être était ce Gwenn qui ressentait plus violemment parce qu'il n'avait plus la vue. Tellement de choses passaient dans l'esprit d'Aléric et il ne savait quoi dire ou faire. Ni même quoi ressentir. Ca le transportait, heureux d'avoir trouvé celui qui l'accompagnerait. Celui qu'il devrait protéger.

Un instant d'égarement du jeune homme le fit se serrer contre lui. Glissant son visage dans le cou de l'homme. Y frottant son nez. Glissant une main dans son dos. Alors, sans même se poser de questions, Aléric le serre un peu plus entre ses bras. Fermant les yeux l'espace d'une seconde. Son coeur s'emballant un peu plus et son souffle un peu moins calme. Relevant les paupières en l'entendant murmurer. Alors, il avait raison. Un sourire prit place sur ses lèvres et soupira doucement, d'aise, de bien être.

-Non, je ne pense pas vous avoir déjà rencontré. Mais ce que je ressens est si fort et un peu brouillon, que cela ne pouvait être que ça. Je pense être celui qui prendra soin de vous maintenant.

Lorsque le jeune homme s'écarte, Aléric le ramène un peu contre lui. Calant sa paume contre la joue blessée avec une infinie douceur et lui relevant le visage pour plonger dans ses yeux aveugles. Il était si beau et semblait si fragile. Son visage se rapproche et son souffle vient tomber un instant sur ses lèvres, avant qu'il ne dépose un baiser sur son autre joue. Restant une bonne seconde ainsi, avant de se redresser, mais ne le lâchant pas pour autant. Il n'était pas prêt de le laisser maintenant qu'il l'avait trouvé.

-Gwenn, laisse moi rester dans ta vie et entre dans la mienne. J'ai un travail prenant, un enfant, un ami et collègue qui reste souvent. Mais j'aurai le temps pour toi, pour prendre soin de toi, m'occuper de toi. Je prend ce lien très au sérieux..

Cela n'avait été qu'un murmure qu'il avait soufflé tout près de son visage pour que seul le jeune homme puisse entendre. Très sérieux dans ses mots. Cela faisait tellement de temps qu'il attendait sa moitié..

Il se rendit alors compte que beaucoup de personne à la gare les observaient et il se recula un peu. Lâchant sa joue pour n'attraper que sa main. Le mieux serait de changer d'endroit, mais il ne voulait pas le brusquer non plus. Les bus arrivaient et repartaient. Et c'est lorsque son portable vibra dans sa poche qu'il comprit qu'il avait loupé le sien. Décrochant, il expliqua brièvement à Carter qu'il avait un petit empêchement et ne pourrait pas se rendre au bureau dans l'immédiat. S'excusant aussi de le mettre dans une situation délicate. Parce que c'est lui qui devrait l'en sortir. Puis, il rangea son portable et reporta toute son attention sur Gwenn.
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MessageSujet: Re: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Mer 24 Aoû - 12:07

Prendre soin de moi. J'ignore s'il sait ce que cela implique. Prendre soin d'un aveugle. D'un homme qu'on ne connaît pas. Surtout aussi peu stable que moi. Parfois je me compare à l'océan, imprévisible et trop plein de mystère que je ne peux pas forcément résoudre moi même. Car qui pourrait dire pourquoi le sort me tombe dessus comme ça ? Pourquoi je me ramasse une cécité et un bébé en plus ? Pourquoi je me sens si mal depuis que j'ai arrêté la musique ? J'ai beau ne pas vouloir l'avouer, je n'avais que ça dans ma vie. Que ça qui était à moi, ma satisfaction. Comme je le disais si bien, ma vie pour la musique. Voilà de nombreuses années désormais que je vis sans jouer, me contentant d'accorder de nombreux piano, de caresser les touches soyeuses, me perdant à chaque fois dans des souvenirs aussi joyeux que douloureux sur une gloire passée. Même si je recommençais à en faire, je ne retrouverai certainement jamais mon niveau d'antan. Il y aurai des fausses notes, des difficultés, comme lorsque j'étais enfant et que je commençais seulement à apprendre. Sauf qu'à cette époque j'avais des yeux pour suivre une partition, trouver les touches, bien que cela devienne naturel avec le temps. Mais je dois me résoudre à ne pas y repenser. Car jamais je ne pourrais retrouver cette dextérité et ce talent qui faisait pleurer ma mère, sourire mon père et s'extasier parfois des inconnus venu à la maison prendre le thé, qui m'observaient comme une bête de foire.

Non, il ne sait définitivement pas ce que ça veut dire prendre soin de moi, et quelque chose dans ma poitrine se révolte. Encore plus alors que son souffle s'approche de mes lèvres, comme s'il allait poser un baiser dessus. Et cette fois ça ne sera pas le baiser d'un frère, mais celui d'un inconnu. Je ne veux pas. Mon souffle se stoppe brutalement, je le retiens, l'empêche de se mêler au sien. Mais il finit par s'éloigner et sa bouche épouse ma joue durant quelques secondes, m'arrachant un soupir de soulagement. Ses paroles me laissent perplexe, je cherche comment répondre, mais tout devient confus. Un enfant. Comme moi. Sauf que vu le timbre de sa voix, il est certainement plus vieux. Pas âgé seulement de 25 ans avec toute une vie devant lui pour réfléchir à un avenir, à l'amour, aux enfants. Mon corps se crispe et cette fois je n'essaye pas de le retenir alors qu'il s'écarte. Lui abandonne ma main, avant de la retirer lorsque son téléphone vibre. C'est un son infime mais ça suffit à me piquer. Comme un brusque retour à la réalité, la prise de conscience de quelque chose. Je repense à Damyan et je sais que je n'aurais pas le courage de le lui présenter. Pas tout de suite. Je le vois trop comme une honte, un fardeau que je peine à porter. Avec lui j'étouffe, je peine. Il alourdit ma vie et me rend triste, parce que je dois le protéger et que je ne sais pas comment faire. Alors les fées tentent de s'en charger. Parfois, lorsqu'il hurle à plein poumons la nuit, je me réveille en sursaut et j'ai peur qu'il n'ait été attaqué par ces monstres qui s'en prennent quotidiennement à moi.

Si c'était le cas je ne pourrais même pas le voir. Je ne pourrais même pas l'aider. Je suis un mauvais père. Entouré par des créatures qui me veulent du mal et par conséquent lui en veulent également, car il est de ma chair, il a mon sang, mon odeur. Ils nous confondent. Et cherchent en même temps en s'en prenant à lui, à abaisser assez mes défenses pour pouvoir enfin m'attaquer à leur guise. Un jour viendra où ils réussiront. Un jour où nous retrouverons mon corps tailladé, baignant dans son sang. Voilà pourquoi je ne peux pas permettre à cet homme d'entrer dans ma vie. Car il y aurait bien trop d'explications à donner, de craintes à avouer. Et lui parler de Damyan serait me passer la corde au cou. Il voudra nous protéger et ne pourra rien faire pour nous, jamais. Alors je recule d'un pas, doucement, veille à ne pas tomber. Secoue la tête en soupirant légèrement. Que peut-il faire pour moi ? Pour nous ? Il faudrait arrêter la délinquance et elle est de plus en plus puissante.

"Vous ne pouvez rien faire pour moi. Ce n'est pas du ressort d'un humain, et c'est à peine du mien également. Tout ça est inutile, je devrais rentrer."

Bien sûr que je mens. S'il offrait son aide à une vieille, une pièce à un mendiant ou que sais-je encore, ça renforcerait le bien, donc affaiblirait momentanément les monstres. Je me saisis alors de mon téléphone et demande le numéro de mon frère. Ça sonne, il décroche après trois sonneries, m'engueule avant même que j'ai pu dire le moindre mot. Non il ne veut pas venir me chercher, il m'a déposé il y a moins d'une heure alors que j'avais promis de rester bien plus longtemps, au moins jusqu'à midi. Après quoi il m’amènerai manger chez lui et je pourrai glander pendant que le gosse serait à la sieste. Rageusement je lui raccroche au nez, range le téléphone dans ma poche.

"J'crois que c'est réglé, je dois rester."

Comme un gosse pris en faute, la moue boudeuse accrochée aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Mer 24 Aoû - 22:39


Ce baiser qu'il dévie sur sa joue, il avait bien sentit que cela mettait le jeune homme mal à l'aise. Et même, qu'il avait retenu sa respiration. Pensant qu'il le dérangeait de ce simple geste. Mais, il n'avait pu s'en empêcher. Ayant ce besoin de le toucher, de le savoir près de lui. Aléric ne le lâche qu'une fraction de secondes et pourtant, Gwenn s'éloigna tout de même. Comme s'il ne voulait pas de lui. Son regard posé sur le jeune homme, se sentant presque blessé de ce retrait. De cet éloignement. Mais comment lui en vouloir alors qu'ils n'étaient que deux parfait inconnus l'un pour l'autre..

Il raccrocha rapidement avec Carter et fit un pas vers lui. S'arrêtant à ses paroles. Son coeur semblant alors s'écraser dans sa poitrine. Gwenn refusait son aide et son soutien. Non. Il le refusait tout cours dans sa vie. Chose assez insuportable pour l'homme qui fronça le nez sous la douleur dans sa poitrine. Ecoutant à peine la conversation téléphonique du jeune homme. Ne reprenant conscience qu'à ces mots un peu boudeur.

-Je n'habite pas loin d'ici...

Oui, il lui proposait naturellement, sans réfléchir, de venir chez lui. Alors qu'il se connaissait tout juste et que Gwenn ne voulait pas de lui. Essuyer un autre refus aussi catégorique le mettrait encore plus mal, mais il tentait quand même. Attrapant la main du jeune homme, il la posa au niveau de son coeur en se rapprochant à nouveau de lui.

-J'ai mal ici et c'est incompréhensible. La seule fois qu'il m'a fait souffrir fut lorsque l'amour est partit. Mais je ne suis pas amoureux. Juste ce besoin, cette envie au fond de moi. Si tu me repousse encore, je ne suis pas sur de le supporter. Et je ne te lâcherais pas. Tu finiras par m'accepter dans ta vie, parce que c'est notre destin à tout les deux. Je le sens. Et tu le sais.

Ses paroles étaient basses, la voix un peu grave et le regard rivé sur le visage de son vis à vis. S'il ne le faisait pas craquer aujourd'hui, cela viendrait bien un jour. Comme il le disait si bien, il ne lâcherait pas l'affaire. Gwenn semblait trop important d'un coup pour qu'il ne s'en soucie pas. Et il avait tant désiré pouvoir être enfin lié un jour, depuis sa plus tendre enfance.
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MessageSujet: Re: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Ven 26 Aoû - 14:45

Sa proposition est nette au creux de ses mots, et je repense sans le vouloir aux mots que chaque parent dit un jour à ses enfants. Ne parle pas aux inconnus, ne les suis pas s'ils veulent t'emmener. Ne leurs fait jamais confiance. Mon corps se crispe à nouveau et la peur monte. Pourquoi est-ce que tout se passe ainsi ? Ce n'était pas prévu. Rien n'était prévu. Et s'il ment ? S'il ne ressent rien, se servant juste de moi pour réaliser quelques plans macabres ? Mon cœur fait un bond dans ma poitrine, je retrousse le nez et secoue négativement la tête, entrouvre les lèvres pour répliquer quelque chose mais déjà il s'empare de ma main. Je gronde légèrement, d'une façon presque animale, la retire brutalement tandis que mes yeux se peignent d'une lueur colérique qui ne peut lui échapper. Ainsi qu'une nuance d'incompréhension lovée sur mon visage. Trop proche. Beaucoup trop proche. J'aimerai faire un pas pour me reculer mais mes membres sont complètement figés, comme si j'étais paralysé. Incapable de me défendre face à ses mots qu'il laisse sortir comme si c'était... normal. Mais rien de tout cela n'est naturel ou je ne sais quoi encore, on ne m'a jamais parlé de telles choses. D'un quelconque... lien qu'on ressentirait tous les deux.

"J'ignore de quoi vous parlez." Un mensonge. Parmi tant d'autres. "Et vous ignorez ce que je sais ou non. Ce que je suis et qui je suis. Ce que j'aime ou non. Quel genre de personnes j'apprécie. Vous ignorez tout, vous ne pouvez pas essayer de changer ma vie ainsi."

Je ne murmure pas. Ma voix est claire et forte, comme si je laissais la peur de côté, bien décidé à reprendre ma vie en main, mon histoire. Je fronce les sourcils et j'entends des pas venir vers nous. On me pose une main sur l'épaule, c'est chaud et dur, une grande paluche comme je n'en connais pas. Mais je devine ce corps à qui elle appartient, un flic ou un militaire sûrement, inquiet du désordre que nous sommes en train de mettre dans la gare tranquille d'Hoshikami. Il me demande si tout va bien, s'il y a besoin de mettre cet homme à la porte, mais je refuse d'une voix dure. Non je n'ai pas besoin d'aide. Toutefois je les remercie, parce que je n'oublierai jamais la politesse inculquée par cette femme qui travaillait beaucoup trop pour se soucier même de moi ou de mon frère, sa chair, son sang. Ils s'éloignent et je compte mentalement le nombre de pas. 6. Ils restent à portée, au cas où la situation dégénère d'avantage, pour pouvoir calmer directement le jeu. Ils nous écoutent. Mes sourcils se froncent et je pose mes poings sur mes hanches, mon torse malmené par un cœur battant trop vite et douloureusement.

"Laissez-moi tranquille maintenant. Je suis las de cette histoire sans queue ni tête et ça vaudra mieux pour vous. Et pour votre enfant."

Mais cette fois ci mon ton s'écroule légèrement. Ma voix se fait tremblante, j'essaye de tenir encore face à cet inconnu si sûr de lui. Peut-être que je finirai par regretter mon geste, oui, sûrement d'ailleurs. Mais je ne peux le laisser entrer ainsi dans ma vie et l'obliger à partager ces secrets qui me composent. Et je doute qu'il souhaite réellement voir la face cachée de ce masque de glace qui recouvre mon visage, qu'il souhaite m'aider lorsqu'il saura les risques que cela comporte, principalement pour le petit bonhomme qui chemine chaque jour à ses côtés. J'ignore si ces abominations oseraient s'en prendre à lui pour dire vrai, mais je n'ose pas. Je n'ose pas faire courir un danger à un être qui n'a rien demandé, lui faire subir de telles choses. Briser un gamin comme moi je l'ai été, avant qu'il soit même en état de comprendre quelque chose. Non, je ne peux pas. Mes lèvres pincées prononcent une excuse puis je me retourne. Fouille le sol de la canne blanche que je tiens avec fermeté, non sans avoir les mains tremblantes, afin de trouver mon chemin. De l'air. J'ai besoin d'air, tout de suite, sinon je sens que je vais m'écrouler. Mon souffle est bien plus court qu'il ne le devrait et je me sens mal, engourdi, tandis que des acouphènes broient mes oreilles. Plus que quelques pas et j'atteindrai la porte. Mais je n'ai pas le temps d'y arriver. Avant d'avoir eu le temps de dire quelque chose, de continuer mon chemin ou d'avaler une seule gorgée d'air pur, me voilà étendu au sol, inconscient.
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MessageSujet: Re: Serais tu ma moitié ? [PV Gwenn ♥] [Terminé]   Sam 3 Sep - 11:33


Il sent sa crispation et entend le grondement alors qu'il récupère brusquement sa main. Gwenn semble penser à des choses que ne peut décripter Aléric. Comment lui faire comprendre qu'il ne lui veut aucun mal ? Qu'il ne lui en fera jamais.. Le jeune homme a peur. Cela se voit. Cela se ressent. Et ses mots qui claquent semblent pénétrer dans le coeur de l'autre homme qui se sent alors blessé sans réelles raisons.

-C'est vrai, je ne connais rien de toi. Mais, j'espère bien que tu me laissera le temps de tout apprendre. Je ne veux pas changer ta vie, juste en intégrer une partie à la mienne. Et je suis certains que ce que je ressens à ce moment présent, tu dois le ressentir aussi. Peut être même plus fort encore parce que tu es une étoile.

Il semble si sur de lui, alors que dans le fond il craint un nouveau rejet qui le mettrait mal. Cependant, avant que Gwenn ne puisse répondre à nouveau, un policier s'approche. Appelé par les autres personnes présentes dans la gare parce qu'ils devaient tous penser qu'Aléric voulait du mal au jeune homme aveugle. Comme s'il le pouvait. Et puis, ce n'était pas vraiment son genre. Il préférait aider les autres.. Après un échange court et quelques pas d'éloignement. Son vis à vis reprit la parole.

-Marvin. Mon fils s'appelle Marvin. Je sais que tu ne dois pas y accorder une grande importance, mais je veux partager même des détails de ma vie avec toi.

Il émet un léger soupire et s'écarte d'un pas. Une lueur brillant quelques instants dans son regard que ne pouvait voir l'autre garçon. Se passant une main dans la nuque et finalement capitulant.

-Je vais te laisser, puisque tu insistes tellement. Si tu as envie de me revoir un jour, je travaille dans les bureaux des Aurores en centre ville.

Aléric plonge ses mains dans ses poches pour s'empêcher de le toucher à nouveau malgré que l'envie lui brule les doigts. Reculant encore après un regard au policier qui les observe toujours. Il le regarde alors se retourner et chercher son chemin de sa canne. Semblant pas très bien et il fronce les sourcils inquiet. Se précipitant en le voyant tomber sur le sol. L'appelant, mais pas de réponse.

Le policier s'approche aussi, mais il le rassure en disant qu'il le connait et qu'il va le ramener chez lui. Le portant alors dans ses bras et faisant signe à l'autre homme qu'il n'y a aucuns dangers. Il serre doucement Gwenn contre lui pour quitter la gare sans un regard en arrière. Se pressant de retourner vers son appartement.

( Suite -> Tu es ma moitié )
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