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 LUTALICA ▲ Kyou

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MessageSujet: LUTALICA ▲ Kyou   Mar 28 Juin - 22:43

LUTALICA

ft.


Achthundertelf (811)
Achthundertzwölf (812)
Achthundertdreizehn (813)

Lorsqu’il court, Cassiodore compte –en japonais, français, anglais, allemand, le système numérique change selon son humeur. Il prévoit de maîtriser la numération russe incessamment sous peu.

Vieille habitudes conservées de West Point, tout comme son footing quotidien, au final.

Pourquoi s’est-il mis à compter, en premier lieu ? Il n’est plus vraiment sûr ; pour obéir plus facilement, avancer plus vite, ne plus penser à ses muscles douloureux, quelque chose comme ça.

compter l’aidait également à conserver un visage impassible face aux remontrances paternelles, à défaut de ne plus les entendre

C’est une habitude qui n’a plus d’intérêt mais il est difficile de tout abandonner derrière soi, apparemment.

Achthundertvierzehn (814)
Achthundertfünfzehn (815)
Achthundertsechzehn (816)

Lorsqu’il court, Cassiodore compte et c’est un des rares moments durant lesquels il n’observe pas les gens.  

Il se contente d’évaluer l’espace qu’ils occupent et les changements de trajectoire qu’ils imposent.

Face à lui, un couple dont l’étreinte rend la marche maladroite –il va brièvement devoir descendre du trottoir.
Ici, une femme aux cheveux blancs et aux genoux fragiles –ralentir, elle prend une rue à droite et il pourra passer ensuite.
Là, un homme aux larges épaules –il peut le doubler par la gauche.

Achthundertsiebzehn (817)
Achthundertachtzehn (818)
Achthundertneunzehn (819)

Il était quand même un peu plus tranquille lorsqu’il pouvait courir dans le parc.
Croiser une gamine aux bras chargés ne lui pose pas de difficulté particulière.

Achthundertzwanzig (820)
Achthundereinundzw—

Rectification : ce n’est pas une gamine.

De quelques pas à reculons, Cassiodore revient à sa hauteur.

Confirmation : ce n’est pas une gamine, mais la gamine.

Il essuie rapidement sa main sur son short, de peur qu’elle ne soit moite, avant de dégager délicatement une mèche de cheveux du visage de mademoiselle.

Grand sourire.

Oh, Kyou, c’est toi, c’est bien ce qu’il me semblait. J’ai failli te passer devant sans te calculer. Désolé, j’étais… distrait.

Un geste évasif, puis il s’éloigne un peu, libérant son espace vital qu’il a effleuré sans vraiment s’en rendre compte.

Objectif : ne pas la dégouter, la transpiration c’est un peu… filthy (même si, comme il a commencé à courir il y a --bref regard sur sa montre-- 16 minutes à peine, il n’a pas encore vraiment eu le temps de transpirer).
Quoique, réflexion faite, la dégouter serait peut-être lui rendre service ?

T’es bien trop chargée pour des bras aussi frêles, laisse-moi t’aider.

Sans attendre une quelconque autorisation, il la décharge d’une bonne partie du poids qu’elle supportait jusque là.

Bon alors, dis-moi tout; on va où comme ça ?
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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Sam 2 Juil - 15:32

合言葉は I love you;

Les passants la dépassaient d’un pas rapide, doigts entrelacés ou sourcils froncés baragouinant dans le téléphone collé à leur oreille, sans que personne ne lui prêtât attention. Parfois on la bousculait d’un coup d’épaule, sans faire exprès et puis on jetait quelques excuses dans l’air. Alors Kyou jouait au funambule, resserrant sa prise sur la boite en carton des appareils ménagers - garantis cent pour cent plastique et polystyrène, réduction spéciale soldes d’été- et évoluait à petit pas, manquant de s’effondrer au moindre coup de vent.

Un filet de sueur dégoulinait jusqu’à son menton et ses bras contractés sous l’effort lui faisaient vaguement mal mais, quelque part ses pas maladroits la poussaient à continuer. Son sac à main ne cessait de glisser le long de son épaule. Le soleil lui brûlait la peau, le ciel était bleu et la voix des promeneurs s’accordaient au chant des oiseaux. C’était une jolie journée, délicieusement ennuyeuse en tout point et simplement un peu plus pénible qu’à l’accoutumée.

Pourtant Kyou tressaillit tout entière au contact d’une main. Elle détourna les yeux d’un coup de tête rapide, alarmé alors que la tranquillité désagréable de la journée venait de voler en éclat dans une chevelure barbe à papa. Ses joues s’empourprèrent d’un rouge brûlant, les lèvres légèrement entrouvertes de surprise, le cœur lancé en débandade contre sa poitrine et les yeux presque fuyants.  

« Oh, Kyou, c’est toi, c’est bien ce qu’il me semblait. J’ai failli te passer devant sans te calculer. Désolé, j’étais… distrait. »

Cassidore. Cassidore avait souri et comme il savait si bien le faire retenait les secondes suspendues entre ses lèvres. Une multitude de pensées se fracassaient contre les parois de son crâne. Le sol s’était soudain dérobé sous ses pieds. Cassidore venait de la faucher au passage piéton. Et Kyou battait nerveusement des cils pour ne pas se noyer dans les yeux de Cassidore avec ses cheveux dans tous les sens et son t-shirt une taille au-dessus – elle aurait dû mettre une robe ce matin, une robe qui virevolte avec des fleurs dessus. Est-ce qu’il aimait les fleurs ou bien préférait-il la dentelle ?

Nouveau coup de tonnerre lorsque Cassidore la déchargea de l’imposante boite cartonnée, elle tressaillit à nouveau à son contact fugace, peau contre peau façon décharge électrique. Il était comme un prince, peut-être sans cheval blanc et sans armure, mais, comme ceux dans les histoires qui finissent bien venus secourir la princesse. Kyou aimait la douceur dans ses gestes, dans ses traits, les étoiles qu’elle imaginait dans ses yeux et cette dégaine si particulière qui lui appartenait, une nonchalance paisible et décontractée. Comme un homme.

« Bon alors, dis-moi tout; on va où comme ça ? »

Oh. Elle ne put empêcher ses commissures de se relever de ravissement. Puis, elle se rappela que Cassidore la regardait dans sa tenue aux airs de dimanche après-midi pluvieux et se redressa, arrangea un peu son t-shirt, coiffa ses mèches jais en arrière et essuya d’un discret mouvement du bras son front moite.

« Ah..hm...merci ! » Elle s’inclina brièvement « Hm…l-l’arrêt de bus devrait suffire. Encore merci ! C’est…eh par-là ! »

Mais, quelle idiote ! pensa-t-elle en se mettant en route. C’était sa chance, un miracle inespéré de le voir un peu plus – il l’aidait – pourtant il lui semblait tout faire de travers. Les mots restaient coincés au fond de sa gorge emmêlés en une boule de laine. Et s’il la trouvait ennuyeuse ? Et s’il finissait par la détester ? On lui disait souvent qu’elle n’était pas très intéressante, un peu oubliable. Est-ce que Cassidore finirait pas la remplacer lui aussi ?

Rien ne semblait avoir de sens, ni elle, le monde, ni la débâcle de ses sentiments.

« Le mien est tombé en panne, il y a un mois… » Expliqua-t-elle en désignant le paquet. « Hm qu’est-ce que tu fais i-…» Elle s’interrompit, en remarquant la tenue de sport : « Ah je vois. C’était stupide comme question. Pardon. »

(合言葉は I love you; : le mot de passe est je t'aime)
(je me suis arrêtée là avant de t'écrire un livre haha ♥)


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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Lun 4 Juil - 18:25

LUTALICA

ft.


Le sourire patient et presque désolé de Cassiodore face à la gêne de Kyou fait brièvement place à une soudaine envie de la secouer violemment par les épaules –avant de la serrer contre lui.

Ouvre les yeux, Kyou, ouvre grand tes jolis yeux, bon sang, tu n’as aucune raison d’être impressionnée par mon existence, aucune raison de te mettre dans des états pareils, tu ne m’aime PAS, tu fantasmes une image complètement déformée de moi au travers du prisme de ton ennui et c’est pas de l’amour, ça, loin de là, c’est même pas un crush, s’il te plait, s’il te plait, ne perds pas ton temps avec ces conneries --

La vérité c’est que Cassiodore se déteste.

De tout cela ne transparaît que son sourire pétillant mais vaguement triste pour qui y regarde bien et ses yeux errant vers un horizon lointain.

Il acquiesce gentiment aux paroles de la jeune fille ; ok pour l’arrêt de bus, ok pour l’appareil tombé en panne le mois précédent. Aucune de ses remarques sarcastiques coutumières ne lui vient à l’esprit (mensonge : il songe brièvement à souligner qu’un mois c’est long et qu’est-ce qu’elle faisait, elle avait besoin des soldes ? Mais il n’a pas le cœur à attaquer une étudiante sur ses finances, et serait d’ailleurs bien mal placé pour ça –il y a deux ans à peine, il dormait dehors), aucune réponse pertinente non plus.

En revanche, la conclusion le force à intervenir verbalement.

Mais non, mais non, je pourrais rentrer d’un cours de sport. Ou juste aimer trainer en short dégueu pendant mes congés.

Son petit rictus narquois est une grimace amère inspirée par des souvenirs qu’il s’efforce d’écarter avant qu’ils ne forment des images complètes derrière ses yeux.

Le carton dans ses bras (il est plus lourd qu’il ne le pensait) rend son haussement d’épaules un peu maladroit.

Bon, en l’occurrence, je faisais juste mon jogging. Mais, tu vois, c’était pas une question stupide en soi.

« Il n’y a pas de question stupide », disaient ses profs les plus naïfs ; de telles banalités ne rassurent jamais les adolescents effrayés à l’idée de poser leurs questions, évidemment.

Il accorde un rapide regard à la demoiselle qui marche à ses côtés, semblant hésiter un instant avant de reprendre la parole avec douceur.

Tu es loin d’être stupide, Kyou. Très loin. Je t’assure.

Il l’arrose d’un compliment pour éviter qu’elle ne devienne une plante flétrie, un arbrisseau desséché par leur manque –ce que je suis, finalement.

La vérité c’est que Cassiodore se déteste.

(t'arrête pas, donne moi des livres à lire stp ♥)
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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Ven 8 Juil - 21:57

合言葉は I love you;

Le visage de Kyou vira cramoisi, ses sourcils s’affaissèrent douloureusement alors qu’elle détournait le regard mal à l’aise et surtout mortifiée d’avoir fait mauvaise impression. Elle avait envie de se mordre la langue jusqu’au sang pour la faire taire ou de disparaitre dans un coin sombre et miteux. Cependant, dans l’exiguïté de son studio étudiant il n’y avait pas le sourire de Cassiodore, pas de papillons dans l’estomac, pas de balbutiements éperdus et pas d’arc-en-ciel pastel plus doux que des kit-kat goût fleurs de cerisier.

« Tu es loin d’être stupide, Kyou. Très loin. Je t’assure. »

Et aussi déroutant, aussi épuisant et effrayant que cela pouvait être, Kyou aimait ce bonheur léger qui jaillissait dans son cœur, gonflait sa poitrine de chaleur, cette étincelle qui allumait tous un tas d’étoiles dans ses yeux comme ça, au coin de la rue. C’était toujours inattendu, presque magique. C’était une multitude de notes ajoutées à la partition si bien orchestrée et linéaire de son existence. Alors impatiemment, elle attendait la prochaine fausse note, la prochaine improvisation qui noierait sous les couleurs son quotidien si terne.

Kyou avait parfois l’impression de saisir ce que voulait dire vivre.

Avant que les réponses ne disparaissent entre ses doigts et qu’elle oublie les vérités qui lui avaient pourtant semblé tenir, juste un fragment de seconde. Avant que tout ne retombe dans sa monotonie en gris, de bitume et de moteur.

« T-Tu le penses vraiment ? …Merci. » souffla d’une petite voix.

La jeune femme replaça ses mèches jais derrière son oreille d’un geste nerveux, les joues joliment colorées de rose, un petit sourire retenu sur les lèvres tandis qu’elle avait la tête légèrement inclinée, les yeux rivées sur le chemin. Sous le soleil du début d’après-midi, les ombres des arbres s’étendaient sur le goudron pour offrir un peu d’ombrage à la chaleur estivale. Elle imaginait leur deux ombres onduler côté à côté derrière eux à se raconter de jolies histoires.

Kyou se retrouva à compter avec appréhension les secondes qui les séparaient de l’arrêt de bus alors qu’elle aurait voulu que les instants deviennent d’innombrables éternités, à la place elles s’écoulaient en un flot incessant. Elle sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. C’était à la fois délicieusement plaisant comme silence, un peu gêné et maladroit, habituel des premiers émois, et terriblement poignant par sa fin éminente. Kyou ne voulait pas dire au revoir, pas comme ça, pas après quelques conversations ennuyeuses balayées d’un coup de vent parce ce n’était jamais comme le reste quand elle parlait à Cassiodore.

« Hm…Tu cours souvent par ici ? »

Kyou voulait lui raconter des histoires extraordinaires avec des mots étranges, elle voulait le faire rire à s’en fêler une côte ou le faire sourire à en illuminer tout une galaxie, cependant ce n’était que d’affreuses banalités qui lui venaient, que des mots gris et creux comme tout le reste. Elle aurait voulu lui parler encore et encore, lui demander un million de questions pour l’écouter toute la nuit. Pourtant tout semblait si mécanique alors qu’elle aurait voulu, juste une fois, rendre tout plus brillant qu’un soleil.

Kyou n’était que spectatrice de son propre désastre, de toute façon, elle n’avait fait que ça : regarder la vie lui passer devant les yeux comme un paysage en voiture. Elle ne savait faire que ça, attendre que quelqu’un entende ses prières pour dévier l’inexorable ligne droite du Destin. Par pitié.

« Oh, c’est pas trop lourd au moins ? Désolée…»


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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Dim 10 Juil - 16:06

LUTALICA

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Peut-être aurait-il mieux valu que je ne la voie pas, qu’elle continue le cours normal de sa journée est une pensée obsédante qui tourne tourne tourne tourne dans la tête de Cassiodore, menaçant de prendre toute la place et de le dévorer lorsque Kyou semble prendre conscience de ce qu’il vient de lui dire, lorsque ça lui gonfle la poitrine et illumine ses yeux.

Puis, évidemment, elle fut reprise par le doute et une gratitude superflue.

« Je ne dis pas tout ce que je pense mais je pense beaucoup de ce que je dis » fut sa première impulsion, sa réponse initiale, son intention originelle ; il la ravale cependant, car il la trouve finalement bien trop personnelle.

De rien.

Et un beau sourire.
Cela suffira amplement, bien sûr. De toute façon, même s’il insistait sur son honnêteté, Kyou n’y croirait pas plus des 30 secondes que dureront son état de grâce et le vermeil sur ses joues. Il sait de quoi il parle.

Les secondes de silence qui s’ensuivent inévitablement lui semblent confortables mais il se demande comment elle les vit, si elle les trouve pénibles, si elle y voit un malaise, si elle y entend son cœur qui bat trop fort ou la course désespérée des rouages de son cerveau ou la pulsation nonchalante d’une impression d’échec.
Il se demande si elle aussi, elle compte.

 « Hm…Tu cours souvent par ici ? »

Une nouvelle question pour sonner le glas de ses propres interrogations.
Ne pouvant utiliser ses mains, il souffle pour dégager une mèche de cheveux qui s’est glissée le long de son visage. La chaleur commence à l’étouffer.

Hmmmm, ouais, je fais un jogging tous les jours –normalement.

Un clin d’œil ; tout le monde sait ce que veut dire ce « normalement », évidemment.
Cassiodore est un faux modeste, en réalité il ne manque jamais un jogging.

Avant j’allais dans le parc, c’était plus sympa mais maintenant il est fermé, je sais pas trop pourquoi. Une histoire d’attaque terroriste ? Avec les Crépusculaires, tout ça, tu sais. Je suis pas vraiment au courant.

Pris une fois de plus en délit de flagrant mensonge ; il suit l’évolution de ce groupuscule d’extrêmement près, retrouvant dans certaines de leurs revendications des idées qui lui déplaisent et des inflexions qui rappellent celles du paternel à sa mémoire biaisée.  

Enfin bref, le parc est fermé alors je me rabats sur les rues alentours.

La superficialité affligeante de leur conversation tranche sûrement avec les désirs de Kyou ; Cassiodore ne peut pas faire mieux (ne s’autorise pas à faire mieux) mais cela ne l’empêche pas d’être saisi d’un nouveau pic de culpabilité.

Il a l’impression de manquer de fermeté dans sa gestion de la vie alors il raffermit la prise sur le carton comme si cela pouvait compenser.

Non, non, pas de problème. Si tes petits bras ont réussi à porter ça jusqu’ici, de quoi j’aurais l’air si j’y arrivais pas, hein ?

Petit sarcasme visiblement dénué de la moindre conviction.
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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Mar 12 Juil - 22:46

合言葉は I love you;

Les mots s’enchainaient comme des perles mises bout à bout ; Kyou écoutait les oreilles grandes ouvertes et le cœur qui papillonne. Elle ne savait pas trop pour le parc, les Crépusculaires, c’était des histoires trop extraordinaires pour une fille si ordinaire, elle ne savait pas trop pour le jogging car elle n’en faisait jamais ni pour les rues autour. Alors, elle se contentait de sourire poliment, les doigts emmêlés dans son dos et d’écouter tout ce qu’elle pouvait écouter d’un bonheur simple d’un ventre rempli de coton, de genoux un peu fébriles.

Cassiodore parlait toujours beaucoup mais, ne disait finalement jamais rien, il restait à la surface des choses. Cela ne la dérangeait pas vraiment car Kyou ne parlait pas énormément et puis, comme ça elle avait l’impression de résoudre un mystère. Une énigme pas comme les autres qui rendait les heures un peu plus gaies, la vie un peu moins triste. Peut-être même que Kyou n’avait pas vraiment envie de connaitre Cassiodore, qu’elle aimait son image polie et impeccable, toutes les fioritures en paillettes et les ornements en strass ; comme elle ne souhaitait pas non plus qu’il la découvre elle.

Pour l’instant, cela suffisait, quelque part Kyou était contente, Cassiodore répondait à ses questions.

« Non, non, pas de problème. Si tes petits bras ont réussi à porter ça jusqu’ici, de quoi j’aurais l’air si j’y arrivais pas, hein ? »

Elle échappa un rire, retenu, tout doucement puis, lui adressant un clin d’œil ajouta :

« Je pourrai être plus forte que toi pour c’que t’en sais. »

Parfois, Kyou se demandait s’il savait, l’effet qu’il avait sur elle, s’il la voyait sourire en pensant à lui et s’endormir avec le souvenir de sa main chaude sur sa tête. Parfois, elle se demandait et elle aurait souhaité être jolie comme les filles de magazines, qu’il la regarde avec les mêmes étoiles qu’on trouvait dans ses yeux à elle. Alors, peut-être que cela n’aurait pas été grave s’ils n’avaient rien à se dire, ils se seraient regardés joliment comme l’on admire un tableau. Mais, Kyou n’était pas terriblement jolie et Cassiodore n’était qu’une image.

« J’espère que le parc sera reconstruit avant le printemps, c’est joli. Les arbres je veux dire, quand ils fleurissent. Tu es déjà allé voir les cerisiers ? Tu devrais. »

Les fleurs avaient éclos, le printemps était terminé comme sa bulle de bonheur venait d’exploser en apercevant au loin l’entrée. Elle comptait encore les pas qui lui restaient mais, le temps toujours lui échappait elle avait beau l’attraper à pleines mains, il filait entre ses doigts. Comme Cassiodore.

Soudain son sourire était devenu un peu plus triste et ses mains tremblantes qu’elle avait plongées dans les poches de son gilet pour les cacher. Et elle ne pouvait rien faire. Kyou n’avait jamais été du genre à se battre, elle se laissait porter par le courant sur sa barque penaude, elle dérivait sans heurts dans l’attente que peut-être demain serait différent d’aujourd’hui. Mais, surtout, surtout sans attirer l'attention comme si elle avait peur qu'on la regarde vraiment et qu'on se rende compte que tout n'était qu'un masque bien assorti.

« Enfin, comme tu veux pour les cerisiers hein. On est bientôt arrivé à l’arrêt de toutes façons, c’est juste au coin. »


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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Ven 15 Juil - 19:22

LUTALICA

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Un papillon qui vient égarer son vol juste devant ses yeux saisit Cassiodore d’un certain ravissement et, à défaut de l’arrêter, il aura au moins perceptiblement ralenti son pas.  

Pourtant, ce n’est pas un joli papillon –on ne saurait trouver plus commun que ces ailes blanches piquetées de noir. Non, ce n’est pas un joli papillon, mais il imagine une métaphore dans son vol maladroit, dans ses élytres fragiles qui battent trop vite, dans la brièveté inconsciente de son existence.

Une métaphore pour lui, une métaphore pour elle, une métaphore pour eux.

Il suit du regard le vol paresseux du papillon autour de son visage, mais sa contemplation s’achève aussi vite que l’insecte décide d’aller chercher un humain plus intéressant.

Moins superficiel.

Cassiodore se sent un peu mourir lorsque le papillon s’en va et lorsque Kyou lui parle de force.

Bien sûr, bien sûr. Pour c’que j’en sais.

Le sourire sarcastique qu’il revêt pour l’occasion est le sourire de ceux qui ne croient pas le moindre mot de ce qu’ils racontent, c’est le sourire de sa pénible résurrection.
Il le lui souhaite, en réalité, d’être plus forte que lui ; sans raisonner en termes de force physique, évidemment, car on ne saurait comparer les soixante-dix kilos de Cassiodore aux… quarante (?) de Kyou.

De toute façon, la force physique est futile.  

Il lui souhaite avoir la force qui importe véritablement ; la force d’être plus qu’une image.
Il lui souhaite mais il en doute alors il essaie de surveiller jusqu’être sûr que ça soit le cas.

Mais qui est-il pour juger que l’objectif est atteint ou non ?

Le parc et les cerisiers font des sujets de discussion bien moins glissants ; Cassiodore s’y accroche presque par défaut car, évidemment, tout ce qui est glissant ne laisse aucune prise et c’est pénible.

C’est très japonais, cet amour des cerisiers qui fleurissent, tu sais ?

Toutes ces subtilités culturelles abreuvent son amour des gens, cet amour des gens suffisamment singulier pour l’empêcher de consacrer sa vie à la destruction mais trop pluriel qui lui permettre d’approcher des individualités.

Ca a un peu le même rose que mes cheveux, non ? J’y ai pas encore fait plus attention que ça.

Il n’ose pas encore traîner, rattrapé par des impératifs fantômes.
Le soleil densifie de toute sa chaleur ses idées sombres.

C’est un peu bête. Faudra que tu m’y fasse penser la prochaine fois –tu es beaucoup plus fleur bleue que moi alors tu es toute désignée pour ce rôle, hm ?

On applaudit le jeu de mots.

L'arrêt de bus se profile comme pour confirmer visuellement les mots de Kyou auxquels Cassiodore acquiesce tout en se demandant s'il va en profiter pour battre en retraite comme le papillon tout à l'heure.
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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Mar 19 Juil - 21:08

Mabataki sureba kiete shimaisou de;

« C’est très japonais, cet amour des cerisiers qui fleurissent, tu sais ?  »

Kyou battit des paupières, surprise et secoua négativement la tête. Cassiodore lui était si familier - elle avait scruté tant de fois son dos et s’était perdue inlassablement dans ses yeux olives- qu’elle en oubliait souvent qu’il ne venait pas d’ici, mais, de par-delà les océans. Il avait admiré se lever et se coucher le soleil sur des villes dont elle ignorait l’existence car Kyou ne connaissait que les mêmes murs gris des immeubles, que les mêmes petites rues d’Hoshikami et les mêmes lumières qui s’allumaient inexorablement une nuit après l’autre. Elle n’avait vu le monde qu’à travers les pages des magazines de voyages, les affiches du centre-ville et les films, coincée entre les murs blancs étroits de sa chambre.

« C’est un peu bête. Faudra que tu m’y fasse penser la prochaine fois –tu es beaucoup plus fleur bleue que moi alors tu es toute désignée pour ce rôle, hm ?  »

« A-ah eh oui, pas de problèmes. » souffla-t-elle tout doucement, le rose aux joues.

Kyou ne savait pas quoi dire alors, elle écoutait. C’était sucré et puis, c’était amer, comme Cassiodore. Il y avait des couleurs dans le ciel, dans les gens, sur le bitume et sur les panneaux publicitaires. Il y avait un petit soleil dans son ventre qui la réchauffait quand il faisait froid dans ses veines. Mais, c’était douloureux aussi de les écouter parler de banalités sans oser se regarder dans les yeux comme s’ils ne voulaient pas se voir alors qu’ils étaient si proches, si proches que leurs coudes auraient pu se toucher et leur peau s’effleurer. Cela faisait mal tout ce vide entre le coton dans son ventre – elle ne savait pas comment ça pouvait exister tant d’espace quand tout semblait si plein. Elle avait un amour avec des trous dedans, pleins de trous à ne plus savoir quoi faire et Kyou n’avait pas les mots pour les remplir alors, elle se contentait d’un petit sourire comme elle savait si bien les faire.

« Tu verras c’est très populaire, il y a toujours beaucoup de monde. »

Kyou serra les poings au fond de ses poches. Demain, elle aurait oublié et demain ses yeux se rempliraient encore d’étoiles en entendant la voix de Cassiodore. Cependant, aujourd’hui elle se sentait un peu triste, un peu vide ; ce silence lui laissait trop de temps pour penser mais, elle ne trouvait pas d’idées pour le meubler, comme leur conversation.

Ils passèrent les grilles du petit parc urbain. Kyou devinait sans même le voir l’arrêt au coin de la rue. Elle ralentit un peu le pas, c’était amer mais, cela l’était plus encore de se séparer. A présent, elle fixait le trottoir qui s’étendait devant elle – bien trop long et bien trop court – d’un sourire piteux. La verdure des arbres avaient disparue dans la jungle en béton et en verre des gratte-ciels, le bruit des klaxons et des petites épiceries de quartier, juste comme ça, en un claquement de doigt. Maintenant, elle ne savait plus bien si Cassiodore allait disparaitre aussi, comme un mirage alors, elle n’osait plus le regarder de peur qu’il lui échappe. Parce qu'elle attendait, parce qu'elle n'avait pas demandé s'il voulait voir les cerisiers avec elle, parce qu'elle n'arrivait pas à lui dire de rester encore un peu.

(Mabataki sureba kiete shimaisou de: Lorsque je cligne des yeux, j'ai peur que tu ne disparaisses.)


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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Mer 27 Juil - 16:37

LUTALICA

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Un gout amer qui colle au palais et le dégout de soi au fond de la gorge ; Cassiodore est pris d’une vague nausée, il a l’impression de fondre à l’acide, et s’il le pouvait il s’avalerait pour mieux se vomir ensuite.
C’est une réaction de rejet au joli sourire greffé sur son visage.  

Il est faux.

Pourtant il n’y a rien de faux dans sa tendresse pour les gens (et cette gosse).
Rien de faux dans son pas léger lorsqu’il arpente les rues d’Hoshikami.
Rien de faux dans son regard rêveur lorsqu’il lève la tête.
Rien de faux dans sa spontanéité à rendre service.

Alors est-il vraiment faux ?

C’est un chemin de pensée embarrassant, un chemin qui lui déplait, un chemin qui pourrait l’amener à s’aimer un peu plus malgré la façon dont il fut élevé, alors il recule précipitamment et sélectionne une autre voie (encore, une de plus).

Les voies pragmatiques sont les plus sûres.

L’air libéré par le silence l’étouffe.
Objectif: se noyer dans un agenda, une liste de choses à faire et... d’objectifs à remplir.

Soudain surgit un vague sujet de conversation.

Eh, tu saurais pas où est-ce que je peux acheter un bijou sympa ?

Ils sont arrivés à l’arrêt de bus, il aurait pu laisser le carton et disparaître là comme un prince charmant s’évapore mystérieusement dès qu’on pose le regard dessus mais après leur silence gêné il a trouvé ça trop cruel.

Et il faut vraiment qu’il s’occupe de cette histoire.

En fait, je suis invité à l’anniversaire d’une co…

D’une collègue, c’est ça qu’il voulait dire, mais ils travaillent au même endroit et il paraît que les ados se vexent lorsqu’ils ne sont pas invités aux anniversaires tandis que les autres si ; alors Cassiodore maquille la réalité. Légèrement.

D’une pote, la semaine prochaine, et la seule idée que j’ai eu, c’est un bijou. Un truc fantaisie, enfin tu vois le genre. Un truc sympa mais pas trop cher parce que c’est pas ma meilleure pote depuis le CP non plus, mh.

Je crois qu’elle m’a invité parce qu’elle veut me mettre le grappin dessus mais je suis pas vraiment sûr –je me fais sans doute des idées.

Un haussement d'épaules presque navré, avant d'ajouter « Je fais pas trop les magasins alors je sais pas vraiment où je pourrais trouver ça. »

Il pose le carton au sol avec un discret soupir de soulagement.
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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Sam 30 Juil - 18:13

Mabataki sureba kiete shimaisou de;

Lasse, Kyou se laissa tomber sur le banc de l’abribus, tout doucement comme de la neige, sans faire de bruit. Elle avait pris sa position de petite fille modèle, de poupée trop bien articulée, les mains jointes sur ses cuisses et les jambes croisées mais, les épaules droites. Elle avait mal, au cœur, au ventre, de partout tandis qu’elle attendait fébrilement que Cassiodore disparaisse comme un mirage et toujours, elle n’avait pas osé croiser son regard. Peut-être que si elle ne se perdait pas dans la douceur de ses yeux olives, cela ferait moins mal, peut-être qu’elle ne réaliserait pas que tout n’était qu’une jolie fantaisie murmurée par les fleurs de cerisier.

« Eh, tu saurais pas où est-ce que je peux acheter un bijou sympa ? »

Cassiodore était cruel, sans s’en rendre compte, parce que ses sourires étaient si sucrés. Kyou avait relevé les yeux et une nouvelles fois, il l’avait balayé d’un simple battement de cils, il avait fait s’effondrer le château de cartes. Il lui avait jeté quelques paillettes d’espoir, il avait joué un autre de ses tours de magie pour lui serrer un peu plus fort la poitrine et Kyou se laissait lentement couler dans cette suavité acidulée, infatigablement.

Une centaine de questions désordonnées avaient jailli sous son crâne en une cacophonie abasourdissante  et il y avait un goût si âpre dans sa bouche ou probablement était-ce dans son cœur ? Cassiodore était impitoyable, ses mots lui déchiraient les entrailles et le rose de ses lèvres plus encore. Mais, la bouche de Kyou était liée elle aurait voulu demander qui était cette amie encore et encore jusqu’à dans les moindres détails, savoir qu’il pensait pourtant, elle ne pût que s’entendre répondre :

« Oui bien sûr ! Il y a pleins de boutiques au centre-commercial. Y en a une vraiment sympa près de la fontaine ça s’appelle eh…»

Elle fronça délicatement les sourcils en tapotant nerveusement ses jambes d’une mine pensive. Elle avait beau fouillé les méandres de sa mémoire- pourtant elle s’y était rendue la semaine dernière- elle était incapable d’en retrouver le nom exact. Puis, elle songea que peut-être la fameuse amie ne partageait pas ses goûts, elle douta de ses conseils comme le venin s’infiltrait sournoisement jusqu’à son chemin de pensées. Kyou avait peur de découvrir quelle personne merveilleuse Cassiodore chérissait, peur de réaliser quels fossés intergalactiques les séparaient, cela lui donnait envie de vomir mais, elle se força à un joli sourire désolé.

« Ah pardon impossible de m’en souvenir mais, c’est vraiment à côté. Après, je sais pas vraiment ce qu’elle aimerait ? C’est dur de te conseiller comme ça. C’est pour quand ? »

Elle étira ses jambes jusqu’au carton pour s’occuper l’esprit, pour ne plus penser. Il y avait trop de temps à penser, à tout et tout particulièrement à Cassiodore. Elle avait baissé les paupières légèrement alors qu’elle tirait la boite jusqu’à elle où elle laissa courir ses doigts sur les lanières en plastiques. Le bus n’arrivait pas et elle aurait voulu se boucher les oreilles pour ne plus s’entendre parler, pour ne pas connaitre les réponses à toutes ses questions.

« Merci encore pour ça. »


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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Mer 3 Aoû - 21:22

LUTALICA

ft.

Les éclats de soleil qui viennent s’oublier dans les cheveux sombres de Kyou le font rêvasser comme les nuages, comme les papillons, comme les étoiles et le monde.

Les yeux rêveurs de Cassiodore se perdent et cela lui fait manquer la posture de poupée parfaite que mademoiselle vient d’adopter.
Heureusement, heureusement –son petit cœur souffrant encore n’est pas prêt pour ça.

Pris d’un énième scrupule, il ne s’assoit toutefois pas à ses côtés –scrupule pour une mamie aussi invisible qu’éventuelle qui nécessiterait la place davantage que lui, scrupule pour sa routine sportive interrompue, scrupule pour le regard transi de Kyou, il ne sait pas vraiment.

Peut-être un peu tout cela à la fois.

Ses jambes sont occupées par quelques étirements machinaux, rapidement interrompus par ce « Après, je sais pas vraiment ce qu’elle aimerait ? »
Cassiodore est tenté de répondre que n’importe quoi fera probablement l’affaire mais finalement, sourcils froncés, il réfléchit quelques secondes à la question ; il tortille une mèche de cheveux de l’index, espérant sans doute que cela boostera sa créativité.

Evidemment, il n’a pas plus de réponse qu’il n’en a eue durant ses dix précédents jours de (vague) réflexion.

D’un soupir affligé par sa nullité, il capitule finalement.  

Je sais pas vraiment ce qu’elle aimerait, je la connais pas tant que ça au final… et j’y connais pas grand-chose en bijoux non plus.

J’y connais rien, j’y connais rien, je marche à l’intuition mais sur ce coup elle m’a un peu laissée tomber.

C’est pour la semaine prochaine. Je m’y prends un peu tard je crois, mais j’ai cherché une idée un peu plus originale avant, aha.

Sans succès, évidemment.

Il aurait pu tenter d’investiguer soigneusement sur les centres d’intérêts de sa collègue comme il le fait (faisait ?) lorsqu’il avait vraiment l’intention de faire plaisir aux gens mais il n’a pas la foi.

Ca lui prenait un temps et une énergie incroyables et de toute façon c’était avant.
pour la personne la plus importante ça ne fonctionnait pas

Peut-être que je devrais lui faire un collier de nouilles. Des nouilles pour une nouille.

Ooops. C’est sorti tout seul et c’était franchement pas sympa. Il aime bien Yumi, pourtant.
Et puis tu peux parler, toi, avec ta dégaine de spaghetti. Mou comme un spaghetti et tout aussi inutile.

Au moins, y’aurait la valeur ajouté du custom ?

Du pied droit, il percute un caillou imaginaire ; des épaules, il lutte contre un poids imaginaire.

Son sourire, lui, est toujours là ; il se pare de désinvolture au petit merci de Kyou, désinvolture accentuée d’un geste vague de la main qui veut dire « c’est rien, c’est rien, pas de problème ».  

Aucune autre réponse ne lui vient, alors son sourire lui semble vaguement bête.
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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Jeu 4 Aoû - 13:02

abataki sureba kiete shimaisou de;

« Je sais pas vraiment ce qu’elle aimerait, je la connais pas tant que ça au final… et j’y connais pas grand-chose en bijoux non plus. »

Kyou interrompit son mouvement circulaire sur le carton, marqua une légère hésitation puis s’enfonça entre ses épaules pour cacher ce sourire contenu qui avait éclos sur ses lèvres, pour taire ces quelques battements un peu trop forts. Elle se sentait presque coupable d’en avoir voulu à cette femme ou à Cassiodore, un peu coupable d’être si soulagée et finalement un peu coupable de s’emporter pour si peu. C’était si laid la jalousie, pas gris comme tout le reste mais, déchirant et fulgurant d’un rouge écarlate pourtant maintenant tout était devenu si pastel. Sa pigmentation s’était évaporée dans quelques mots ou peut-être dans les cheveux roses de Cassiodore, peut-être dans ses yeux.

« Peut-être que je devrais lui faire un collier de nouilles. Des nouilles pour une nouille. »

Elle laissa échapper un pouffement, ténu puis, releva lentement le visage jusqu’à Cassiodore. Il brillait dans le ciel bleu et elle devina à l’ombre du soleil un petit sourire. Oh elle était si bête ! Si bête. Et il pouvait lui retourner l’estomac dans tous les sens d’un simple battement de cils. Il y avait toute la magie du monde dans ses traits, ses expressions sans qu’il ne s’en rende compte. Pourtant, il pouvait faire demain comme faire disparaitre aujourd’hui.

« Est-ce que tu sais déjà en faire un ? » Elle soupira : « De toutes façons, j’suis sûre que peu importe ce que tu lui donnes ça lui fera plaisir…»

Si ça vient de toi… garda-t-elle coincé dans la gorge. Elle eut un pincement au cœur et pourtant Kyou souriait de toutes ses dents. Elle se sentait un peu gênée, fébrile et dans tous ses états parce que Cassiodore lui faisait des feu d’artifice dans la tête. Tout devenait si vivide et si grandiose, le moindre détail prenait des proportions intersidérales que pas même les mots n’auraient su décrire.

« Je peux t’aider si tu veux…à choisir. Enfin si ça te dérange pas. Je me sentirai mal si tu te perdais au centre-commercial et puis, t'as l'air d'avoir besoin d'un avis féminin…Quand tu seras libre, évidemment. »

Nerveusement, Kyou avait remis ses mèches derrière ses oreilles et soudain, elle était à nouveau incapable de croiser ce regard qui lui était si cher. C’était un mouvement si audacieux pour une petite fille si simple, que pas même-elle ne s’en serait cru capable et le rose colorait ses joues en feu, il était d’un coup si difficile de respirer normalement. Le bonheur la noyait. Même si ce n’était pas aujourd’hui alors ça serait bientôt, c’était une promesse de le revoir et le bus qui était si long l’instant plus tôt était soudain trop pressé. Comme un enfant capricieux, Cassiodore refaisait toutes les lois de l’Univers.


HRP; je pense qu'on va pouvoir bientôt clore non ? Je m'occuperai de l'autre  si tu veux  


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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Sam 6 Aoû - 22:34

LUTALICA

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Kyou rit presque et c’est beau, beau comme des oiseaux qui s’envolent, comme un enfant tenant ses parents par la main, comme une marguerite dressée au milieu d’une pelouse vierge.
Kyou rit presque et Cassiodore oublie le malaise qui bouffe leurs vies à l’acide, les phrases creuses alourdies pourtant de mots qui ne veulent sortir et les masques qu’ils ont portés délaissés au profit de ceux qu’ils portent désormais.

Oh, lui qui estime pourtant avoir excellente mémoire, il oublie tout ça et des nœuds éclatent un à un en lui.

Les gens qui sourient lui font le même effet que les étoiles qu’il regarde tous les soirs (sa seule vraie dépense frivole depuis des années, c’est un modeste télescope) ; ça le détend bien plus efficacement que son jogging et les chiffres qu’il égrène lors de celui-ci.

Puis mademoiselle passe à l’offensive et le ravissement de Cassiodore grandit encore, presque secrètement ; il prend un air outré qui le rajeunit car il agrandit ses yeux.

Woooh, sois pas si cruelle, je pense que faire un trou dans des farfalles et passer une ficelle dedans, ça reste à ma portée. Je penserais à bien alterner les couleurs.

Il se baigne avec délectation dans la fluidité retrouvée de leurs interactions mais ne s’attendait tout de même pas à ce qu’elle aille jusqu’à proposer de l’aider ; naïvement, il intègre et accepte quasiment immédiatement l’idée.

Ses souvenirs s’effacent toujours pour laisser la place à sa croyance absolue en la beauté des choses, même ceux qui datent de quelques secondes à peine.

C’est gentil de t’inquiéter mais si vraiment les choses tournent mal, j’ai un GPS sur mon portable hein.

Et puis à l’Académie, j’étais un des meilleurs en parcours d’orientation.

Encore quelque chose qu’il ne veut pas dire. Périodiquement il étouffe, la poitrine écrasée par tous ces non-dits.

Par contre, j’avoue que je manque un peu de ressources personnelles au niveau de l’avis féminin. Donc si tu veux vraiment me donner un coup de main, je dis pas non ? Je sais pas, je suis libre à peu près n’importe quand. Sauf quand je suis au bar –tu connais mes horaires de toute façon, hein ?

Un petit clin d’œil.

Enfin techniquement, non, je suis pas dispo tout de suite maintenant, tu vois, je suis un peu trop vieux pour zoner au centre commercial en survet’ auréolé d’une délicate odeur de transpiration comme ça semble être apprécié chez tes congénères, donc il faut au moins me laisser le temps d’une douche.  

« Auréolé »
Plus personne n’utilise ce mot, voyons.


Parfois il s’entend et il se rend compte qu’il a encore le langage un peu trop précieux, parfois il se voit et il se rend compte qu’il a le dos un peu trop droit et les yeux un peu trop incertains.

Beaucoup de blabla pour rien, comme d’habitude.
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MessageSujet: Re: LUTALICA ▲ Kyou   Mar 9 Aoû - 20:07

abataki sureba kiete shimaisou de;

Ce fut comme des battements de papillons qui lui chatouillèrent le ventre et puis la tête et puis les lèvres et puis, et puis, les oreilles ou peut-être les yeux. Elle ne savait plus trop. Les mots fondaient sur sa langue, contre son palet en un goût plus acidulé que le bleu du ciel sans nuages. Les recoins carrés des immeubles se liquéfiaient sous un soleil trop pastel et ils valsaient tout autour d’elle en une farandole colorée. Toutes les étoiles de la Galaxie s’étaient allumées les unes après les autres comme si elles s’étaient secrètement passées le mot au fond de ses prunelles nuit pour faire un feu d’artifice fantasmagorique . Puis, il y avait ce drôle bruit qui sortait de ses entrailles, c’était si joli, cela raclait le fond de sa gorge mais remplissait sa poitrine de poussière de fée,  et il sonnait tellement vrai, son rire, si franc qu’elle ne savait plus si elle avait jamais ri.

« Tu pourrais te tromper dans les couleurs ! »

Il y avait tellement de choses qu’elle aurait aimé dire encore, tellement d’idées qui volaient dans tous les sens dans leurs petites fusées prêtes à partir en orbite autour de son cœur. Pourtant le bus se dessinait au coin de la rue, il roulait beaucoup trop vite comme un destin inéluctable et les ébauches de conversations s’entassaient en une pile de boites claudicante jusqu’à taper contre le sommet de son crâne. Il y avait des couleurs de partout, des petites lumières qui scintillaient à lui en retourner le cerveau mais, c’était si doux qu’elle se releva si précipitamment qu’elle manqua de trébucher sur son ombre.

Kyou se pencha hâtivement pour soulever dans un gémissement le lourd carton entre ses bras. Du coin de l’œil, elle surveillait le véhicule puis, Cassiodore puis, le bus et encore Cassiodore en se demandant si ses jambes pourraient encore la porter ou si elles les avaient perdu dans la piscine à boules du bonheur.

« Hm je suis libre aujourd’hui si tu veux. Comme ça ce sera fait. Eh…» Hâtivement, elle regarda dans tous les sens. « Q-quinze heures ça sera bon ? Devant le centre commercial. Ah je dois y aller ! Oublie pas quinze heures. A toute à l’heure ! »

Elle débitait les sons si vite que Kyou ne s’entendait même plus parler. Elle a oublié de lui dire qu’il était parfait même dans son jogging, avec ses mots d’une autre époque qui lui étaient si propres et qu’il n’y avait que lui, lui de toutes façons dans ses yeux à elle. Mais, déjà la porte du bus s’est ouverte et elle eut à peine le temps de cligner des paupières qu’elle se renfermait sur Cassiodore. Oh elle n’avait pas dit que ce n’était pas grave tant qu’il vienne, qu’elle l’aurait attendu une éternité. Ou peut-être qu’elle n’aurait jamais eu cette audace.

Le bruit du moteur ronronna sous ses pieds mais, Kyou n’attendait plus que quinze heures avec des paillettes sur la langue.


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